Réponses à quelques questions

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N.B: les questions et réponses  les plus récentes figurent dans le haut de ce document !  

Introduction:

Les questions 38 à 44 aborderont le thème des sacrements:
l' Église Notre Mère nous abreuve aux sources du salut que sont les sept sacrements. Ceux-ci sont répartis et réunis en trois catégories salutaires: ceux d'initiation chrétienne à savoir les sacrements de Baptême, de l'Eucharistie et de la Confirmation; ceux de guérison c'est-à-dire les sacrements de Réconciliation (appelé aussi du Pardon) et de l'Onction des malades et ceux de donation ou service que sont les sacrements de l'Ordre et du Mariage!

Brièvement, dans « Suis-je conscient de tel ou tel sacrement? », nous allons essayer de voir ce qu'on peut retenir ou entendre par tel ou tel sacrement. Voilà ce que nous allons essayer de faire en commençant par le commencement, c'est-à-dire le sacrement de Baptême.

Index des sujets traités

1. Que signifie le mot « liturgie »?
2. Quelle est la double dimension de l'acte liturgique?
3. La liturgie a-t-elle besoin de rites?
4. Quelle est la place de la parole de Dieu dans une célébration liturgique?
5. Quelle est la place de Marie dans le célébration liturgique?
6. Pourquoi l'eau a-t-elle une une grande importance en liturgie?
7. Que veut dire « célébrer »?
8. Comment se déroule habituellement une célébration?
9. Peut-il y avoir de célébration sans assemblée?
10.Quels sont les rôles que suppose une célébration?
11.En quoi une célébration peut-elle être belle?
12.Que disent certaines de nos attitudes dans la prière?
13.Les chants sont-ils indispensables à une célébration?
14.Quelle place nos cinq sens doivent-ils avoir dans une célébration?
15.Pourquoi se confesser à un prêtre?
16.Pourquoi les sacrements?
17.A quoi sert une équipe liturgique?
18.Comment un sacrement est-il efficace?
19.Le prénom chrétien est-il encore obligatoire?
20.Qu'est-ce que bénir?
21.Profane, sacré ou saint, quelle différence?
22.Pourquoi devons-nous participer à la messe le dimanche?
23.Pourquoi et comment communier?
24.Le geste de paix, un geste à risques?
25.Les divorcés remariés peuvent-ils communier?
26.Peut-on demander une reconnaissance de nullité de mariage
27.Comment s'articulent les temps de l'année liturgique?
28.En quoi l'église est-elle signe de Dieu-avec-nous?
29.Quelles significations liturgiques de nos vêtements religieux?
30.A quoi vise la variété des couleurs liturgiques?
31.Qui bénit?
32.Que nous donne à vivre la Semaine sainte?
33.Pas de célébration sans fleurs?
34.Y a-t-il une langue sacrée?
35.Qu'est-ce que la Pâques?
36.L'adoration eucharistique, une prière importante pour l'Église?
37.Le dimanche de la Divine Miséricorde, qu'est-ce que c'est?
38.Suis-je conscient de mon Baptême?
39.Suis-je conscient(e) de ma Confirmation?
40.Suis-je conscient de la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie?
41. Le sacrement de réconciliation.
42.Le sacrement de l' onction des malades
43. Le sacrement du mariage
44. Suis-je conscient(e) de l' importance du sacrement de l' ordre?
45. De la signification de l' épiscopat dans l' Eglise.
46. Liste de tous les papes de l' Eglise Catholique
47. Successeur de Saint Pierre apôtre ou Pape?
48. des Cardinaux de l' Eglise Catholique...
49. de la Curie Romaine...
50. Le titre de Monseigneur.
51. L' appellation de Chanoine.
52. Les apparitions mariales.
53. Quelques informations sur le 2è Concile oeucuménique du Vatican
54. L' adoration eucharistique.
55. Comment peut-on être chrétien(ne) au 21è siècle?

55. Comment peut-on être chrétien(ne) au 21è siècle?

Devant la montée exagérée du sécuralisme, de l'individualisme, du modernisme, du principe de la laïcité, de l'indifférentisme religieux, et surtout devant la diminution notoire du nombre de chrétien(ne)s pratiquant(e)s dans notre société, on ne peut pas ne pas se poser des questions: est-il encore possible au XXIème siècle d'être chrétien(ne)? Est-ce ça vaut la peine? Et surtout comment l'être?

Laissons-nous inspirer par M. Louis Escoyez, lecteur attentif du journal « Dimanche express, Numéro 36, p3. », à la suite de sa lecture du livre de P. Joseph Moingt, «Croire quand même ». Ses points de vue en essais de réponse à ces questions, peuvent, peut-être, nous aider à mieux intégrer et vivre les interpellations de cette « Année de la foi », dans la dynamique du double jubilé ( 50 ans du Concile Vatican II et 80 ans des Apparitions de la Sainte Vierge à Beauraing).

Pour lui et comme nous d'ailleurs, il est plus que jamais d'être fier d'être chrétien aujourd'hui, et pour le témoigner, il suffit de:

- « avoir la foi ferme et profonde »,

- « être extrêmement attentif aux signes discrets mais nombreux que Dieu nous envoie » et,

- « nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés ».

1. Avoir la foi ferme et profonde

La foi doit être comprise  « dans l'acception de la confiance totale en ton Dieu qui t'aime, qui veut le bonheur des hommes sur terre comme après la mort, celle que Jésus donne comme cause de la guérison des malades: 'Ta foi t'a sauvé!' »

2. Être extrêmement attentif aux signes discrets mais nombreux que Dieu nous envoie

N'entendons-nous pas en nous d'innombrables appels au partage, à l'écoute, à un engagement...? Que de signes de sa bonté, pour nous ou pour d'autres, ne voyons-nous pas! Et que nous dit Dieu au travers de l'évolution de la société? Il ne s'agit pas de condamner la civilisation de consommation et d'en faire un bouc émissaire, cause de tous les maux . La culture du XXIème siècle a, en tout cas, remis en valeur l'engagement personnel que Jésus souhaitait. Dans le temps, être chrétien(ne) ne demandait pas une initiative personnelle; actuellement, l'être demande cette initiative. « Nous devons alors nous poser la question de comment dire Dieu dans cette civilisation, comment faire comprendre que Dieu est aimable, qu'il nous aime et que nous devons et pouvons l'aimer ».

« Les signes de Dieu nous parviennent par de multiples canaux et notamment par les dires et les écrits de nos contemporains ; leur écoute demande d'abord de les respecter, de ne pas les traiter de vieux pleins d'amertume, quel que soit leur âge ».

3. Nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés

« Plus que jamais, nous devons nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés. Jusqu'au début du XXème siècle, les personnes que nous côtoyons étaient peu nombreuses et appartenaient le plus souvent à notre milieu, mis à part la tante revêche et le cousin de ' mauvaise vie' , l'amour des autres était plutôt aisé. L'immigration, les voyages de loisirs, mais surtout ceux effectués en vue du service, l'évolution des mentalités dans les générations suivantes... demandent des efforts d'adaptation supplémentaires ». On dit généralement que l'amour mutuel est un commandement. Ne saurait-ce pas plutôt un conseil pour être heureux? Quel bonheur ne ressentons-nous pas quand un geste, un sourire, un pardon de notre part réjouit le cœur de l'autre?

Aimer les autres c'est aussi partager avec eux nos convictions, ce que nous avons découvert et essayer de faire évoluer le monde vers plus d'Évangile vécu.

Rendez-vous au week-end prochain! A bientôt!

54. L' adoration eucharistique: veuillez cliquer sur le lien ci- dessous:
>>>l' adoration eucharistique<<<

53. Quelques informations sur le 2ème Concile oecuménique du Vatican, 50 ans         après

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>>>quelques infirmations sur le 2è Concile oeucuménique du Vatican<<<

52. Les apparitions mariales.

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>>>les apparitions mariales<<<

51. L' appellation de "Chanoine".

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>>>l' appellation de Chanoine>>>

50. Le titre de Monseigneur.

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>>>le titre de Monseigneur>>>

49. de la Curie Romaine...

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>>> de la Curie Romaine<<<

48. des Cardinaux de l' Eglise Catholique

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>>> des Cardinaux de l' Eglise catholique<<<

47. Successeur de Saint Pierre apôtre ou Pape?

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>>> Successeurs de Saint Pierre apôtre ou Pape?<<<

46. Liste de tous les papes de l' Eglise Catholique.

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>>> Liste de tous les papes<<<

45. Qu'est-ce que l'épiscopat dans l'Église?

Évêque, ou épiscope, ne signifie pas exacte­ment : surveillant, ou gardien, comme on l’interprète habi­tuel­lement, mais bien plutôt : président (d’une assemblée), ou préfet (d’une administration).

L’épiscope   (episkopos) est celui qui, assis sur un siège plus élevé (epi), et dont le regard (skopos) domine de là toute la foule, préside l’assemblée et que l’assemblée elle-même regarde comme son centre. Il est le chef, l’ordonnateur, le modérateur de la réunion ecclé­siale, son sommet, son principe. Le propre de l’évêque c’est d’être unique, car il n’y a qu’un seul président et celui-là tient la place du Christ. On saisit le lien organique qui unit l’évêque à l'Église. L’évêque est pour l'Église et l'Église est par l’évêque. « Là où paraît l’évêque, que là soit la commu­nauté. » (St Ignace, Lettre aux Smyrniotes, VIII ,2).

Le mot latin : « antistes », pris pour tra­duire « episcopos », en dehors du simple décalque : « episco­pus », indique bien cette fonction primordiale de l’évêque, de présidence : celui qui siège (stes) devant (anti).

Sans aucun doute, dans le corps ecclé­sial, l’évêque est un chrétien parmi d’autres chrétiens. On se souvient de la sentence célèbre de Saint Augustin : « Avec vous je suis chrétien ; pour vous je suis évêque ». L’évêque est d’abord un baptisé.  Il   se tient   dans   la   construction ecclé­siale comme, en quelque sorte, sa clef de voûte. Mais il ne se situe pas en-dehors du bâtiment. L’ordination épiscopale  ne serait pas valide si le candidat ne recevait pas au pré­alable le baptême : s’il ne l’était pas, il doit être d’abord baptisé, comme on l’a vu faire par exemple pour Saint Ambroise, élu évêque de Milan alors qu’il était encore catéchumène, mais qui fut baptisé bien sûr avant d’être ordonné.

L’évêque est aussi un prêtre, ou ancien (presbuteros) : « Moi, ancien comme eux » (1P5,1) disait Saint Pierre aux anciens auxquels il s’adressait. L’évêque est un prêtre : il est même le premier d’entre eux. C’est organiquement qu’il appartient au collège des prêtres. Il fait partie intégrante du presbyterium, comme étant son chef, son prési­dent. La fonction épiscopale est par essence une fonction presbytérale. Dans l’Eglise antique, quand on désignait « les prêtres », on nommait aussi l’épiscope inclus dans leurs rangs, à moins qu’il ne fût récemment décédé, et non encore remplacé. D’où une confusion fréquente dans l’interprétation des textes anciens. On a cru déduire de ce vocabulaire : ou bien que l’évêque n’existait pas dans l’Eglise primitive, ou bien qu’il ne se distinguait pas des autres prêtres. De là, on a pu imaginer qu’à un instant donné un épiscopat monarchique avait pu succéder à un épiscopat collé­gial. Mais c’est pure fantaisie, c’est une chimère que rien dans les sources ne vient appuyer.

L’évêque est enfin le premier des diacres, le chef de leur collège et, comme tel, il reste un diacre, un servi­teur (diakonos).Car la fonction épiscopale demeure une fonction de service : service de Dieu et de son Christ, avant tout dans la liturgie ; service de l’Eglise et service de la parole ; service des frères et sœurs ; service enfin de tous les hommes, y compris les plus éloignés. De même toute la fonction presby­térale, qui est essentiellement pastorale, s’oriente-t-elle vers ce service dont les diacres restent par état les coadjuteurs.

« Le serviteur n’est pas au-dessus de son maî­tre » avait dit le Christ (Jn13,16) et l’évêque même n’est pas au-dessus du Christ. Si Jésus-Christ est venu nous don­ner l’exemple du service (cf. Jn13,15), et s’il a jusqu’au bout ac­compli le service suprême en donnant sa vie pour le salut de l’humanité, c’est pour que ses disciples l’imitent. L’exercice de l’autorité dans la société chrétienne demeure une fonction « diaconale ». (Cf. Mc10,43).

Voilà donc comment se situe l’évêque dans l’Eglise : un chrétien au milieu d’autres chrétiens, un prêtre avec les prêtres, un diacre parmi des diacres. Mais quel est-il pour l’Eglise elle-même ?  Il est un pasteur, il est un docteur, il est un liturge ou « prêtre » (hiereus).Le Christ, ayant délaissé cette terre, a abandonné toutes ses fonctions à l’évêque, et aux prêtres qui sont les adjoints de l’évêque. Il leur a confié la gérance de son Église jusqu’à ce que lui-même revienne, à la consom­ma­tion des siècles.

A l’exemple du Christ, l’évêque est le berger qui marche en tête de son troupeau. D’où souvent ce bâton pasto­ral qu’il arbore. « Prenez garde à vous-mêmes  et à tout le troupeau en qui l’Esprit Saint vous a placés évêques, afin de paître l’Eglise de Dieu qu’il s’est acquise au prix de son sang »  (Ac20,28) recommandait Saint Paul aux anciens et aux évêques de la région d’Ephèse. Certes le pastorat, la fonction du berger, implique-t-il un aspect admi­nistratif, un travail de gestion. « Car celui qui ne sait pas gouver­ner sa propre maison, comment pourrait-il prendre soin de l’Eglise de Dieu ? » (1Tm3,5) avertissait Saint Paul en parlant du futur évêque. Mais il est avant tout une fonction spirituelle. Car l’évêque doit conduire son troupeau vers les pâturages de la vérité et du service de Dieu, vers les sources de l’évangile et des sacrements. En donnant lui-même l’exemple, le pasteur oriente son troupeau vers le Christ et c’est au Christ, chef des pasteurs qu’il devra rendre compte de sa conduite (cf.1P5,2-4). S’il reste fidèle au Christ, et s’il suit le Christ, l’évêque deviendra lui-même ce « bon pasteur » qui connaît ses brebis et que ses brebis connaissent (cf. Jn10,14). Il deviendra ainsi l’unique berger de l’unique troupeau ; « et il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn10,16), car même les non chrétiens se mettront à écouter sa voix, et probablement aussi les chrétiens dispersés reviendront-ils se pla­cer sous sa houlette bienveillante.

L’évêque est pareillement docteur. D’où la mi­tre, ou la tiare, qu’il coiffe en signe d’autorité magis­trale. Ayant reçu l’évangile en partage, l’évêque est chargé de le redistribuer à tous par le moyen de l’enseignement.  Dans le rite latin l’évêque est ordonné sous l’imposition du livre sacré des évangiles, et c’est le symbole de sa mission principale. On note que dans l’Eglise ancienne l’évêque assumait pratiquement seul le service de la parole au cours de la synaxe eucha­ristique. L’évêque possède en propre, de part son état, un charisme certain de vérité. Aussi convient-il dans les ques­tions liti­gieuses de se référer à son enseignement si l’on veut préserver l’unité de la foi. Et dans la pratique des conciles œcuméniques on observe que les évêques seuls se réunissent pour décider de la doctrine au nom de tous.

Par priorité, par excellence, l’évêque est prê­tre (hiereus), pontife, liturge, car il exerce la plénitude du sacerdoce du Christ. Dans le langage de l’Eglise ancienne, et l’on constate la présence de cette métaphore implicite dès l’épître de Saint Clé­ment de Rome (fin du 1er siècle), on comparait volontiers les trois degrés du sacerdoce chrétien aux trois degrés du sacerdoce lévi­tique des Juifs : les diacres correspondant aux lévites, les prêtres (prebuteroi) de la nouvelle loi correspondant aux prêtres (hiereusi) de l’ancienne, enfin l’évêque correspondant au grand-prêtre (archierei) unique du Temple. Car c’est l’évêque qui préside à la liturgie. Il en est simultanément l’ordonnateur et le régulateur. Toute Eucharistie se célèbre en sa pré­sence, ou par sa délégation, comme l’affirmait déjà Saint Ignace (cf. Lettre aux Smyrniotes VIII,1), et la foi catho­lique nous apprend que cette délégation ne peut être confiée qu’à un prêtre (cf. DZ 424 : Profession de foi du pape Inno­cent III. Voir aussi les canons 15 et 18 du concile d’Arles, tenu en août de l’an 314, donc avant le concile de Nicée).

L’évêque tient dans sa main la plénitude des sa­crements de l’Eglise, le fameux septénaire, car il est le seul à pouvoir les administrer tous. Seul en effet parmi les ministres il peut ordonner validement les évêques, les prêtres et les diacres, d’après le consensus constant de la tradi­tion. Cette dernière définition de l’épiscopat étant d’ailleurs la seule vraiment univoque et par conséquent spécifique.

On observe combien il est difficile de donner de la fonction épiscopale une définition exactement synthé­tique.

L’évêque hérite des apôtres en tant que pre­mier des prêtres et, également, parce que sa fonction propre a été instaurée par les apôtres. En un sens, tous les prêtres et tous les diacres succèdent aux apôtres. Mais l’évêque est le suc­cesseur des apôtres à titre principal, ou  primordial, ou encore, en un  sens, à titre total. Car  les  simples  prêtres  et  les  dia­cres, à l’instar des autres  ministres  ecclé­siastiques, ne succèdent aux apôtres qu’à titre participé, ou partiel, ou encore subordonné.

Certes, il est bien vrai que l’épiscopat est une fonction interne à l’Eglise (et non pas supérieure à elle !) comme le sont par ailleurs le sacerdoce (de second rang), le diaconat et les autres ministères de rang inférieur. De la même manière l’épiscopat ne constitue pas un sacrement spécifique, mais seulement un degré du sacrement de l’ordre : il représente la plénitude, ou l’achèvement, ou la perfec­tion de ce sacrement. Pourtant l’ordination épiscopale possède un caractère vraiment sacramentel : le doute qui pouvait subsister là-dessus a été définitivement levé par le concile Vatican II. (Cf. Lumen Gentium, 21). L’ordination épiscopale suppose au préalable l’ordination presbytérale ou diaconale pour des raisons de convenance, mais non de façon abso­lue. Un simple baptisé, ordonné évêque, recevrait validement l’ordre épiscopal et, avec lui, la plénitude du sacerdoce. Ce type d’ordination, « per saltum », était couramment pratiqué dans l’Eglise ancienne. En principe l’ordination épisco­pale se pratique-t-elle d’une manière collégiale. Depuis le concile de Nicée (en 325) trois évêques, au moins, sont requis pour ordon­ner le nouvel évêque. Mais l’ordination resterait valide quand bien même un seul évêque serait présent et imposerait les mains, à condition que lui-même fût validement or­donné.

On le voit : la « notion d’évêque » est riche de sens dans le christianisme. Et nous sommes loin sans doute de l’avoir épuisée. Aussi bien en tant qu’elle participe du mystère sacramentel de l’Eglise, cette notion demeure-t-elle inépuisable. Mais, a contrario, on doit tenir pour certain que la notion épiscopale reste accessible à l’intelligence ordinaire et moyenne de l’Eglise et par conséquent du chrétien moyen et instruit. Dans l’hypothèse inverse, cette notion s’avèrerait incompréhensible, voire inefficace, voire inapte pour assurer un bon fonctionnement de la vie ecclésiale. En un certain sens, il en est de même de toutes les notions révélées : elles sont révélées pour être mises à la portée du simple fi­dèle. L’épiscopat est pour le peuple. Il doit rester compréhen­sible au peuple.

Au terme de cette description sommaire de l’épiscopat, une question subsi­diaire peut encore se poser, et qui, à certains égards, paraîtra paradoxale. Toute la doctrine que nous venons d’exposer est-elle de foi certaine, de foi catholique et définie, ou bien seulement de foi probable et, dans certaines de ses catégories, obtenue seulement par déduction ?  On doit répondre ici que certains pans du dogme catholique ne sont pas encore parfaitement définis. Tout dans la notion épiscopale ne baigne pas encore dans une égale et parfaite clarté. Les évêques sont-ils vrai­ment les seuls à pouvoir conférer le sacrement de l’ordre, ou bien dans certaines circonstances les simples prê­tres peuvent-ils les suppléer dans cet office ? Nous avons nettement répondu oui à la première question et non à la seconde, en nous basant sur la pratique constante de l’Eglise uni­verselle depuis les origines, et aussi sur le bon sens, et la logi­que interne de la fonction épiscopale. Mais il faut recon­naître que ce point n’appartient pas explicitement au dogme défini. Le magistère ne s’est pas encore prononcé d’une manière irréversible.

On peut souhaiter une évolution sur ce point. Mais le flou qui subsiste n’a pas forcément que des inconvé­nients. Une trop grande précision du dogme catho­lique empê­cherait peut-être les fidèles d’autres confessions de s’y rallier.

Des difficultés d’ordre historique peuvent en­core s’opposer à l’élucidation complète dudit dogme : on ne connaît pas toujours avec une parfaite exactitude, ou certi­tude, qu’elle était la pratique de l’Eglise ancienne en ce domaine.

Quoiqu’il en soit, la figure exacte de l’évêque dans l’Eglise du Christ se dessine déjà pour nous sans ambi­guïté : on peut dire en résumé qu’il tient vraiment la place du Christ et de Dieu dans tous les aspects de la vie ecclé­siale, mais spécialement durant la synaxe eucharistique.


Comme le Christ, donc, et en attendant son re­tour, il est le Roi, il est l'Époux, il est l’Officiant, mais il est aussi le Serviteur. Ce que le Christ devenu invisible demeure pour  l’Eglise  invisible et surnaturelle,  l’Eglise des âmes, l’Eglise éternelle, l’évêque visible l’est pour l’Eglise visible, locale, temporelle, celle qui pérégrine sur la terre dans la peine et dans l’espoir.

Mais ces deux réalités se rejoignent dans l’esprit : car le Christ demeure présent à son Église visi­ble, quoique d’une manière cachée. Lui-même l’a déclaré : « Je ne vous laisserai pas orphelins.  Je reviendrai vers vous. » (Jn14,18).Ou encore : « Et moi, je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20).

En tant qu’elle est une communauté sociale constituée, le Christ est présent à son Église dans et par l’évêque. En l’évêque, il en est le Roi, car tous les fidèles doivent obéir au pasteur institué comme au Christ lui-même : « Obéis­sez à vos chefs et soyez leur soumis. » (He13,17). En l’évêque, il est l'Époux, d’où souvent l’anneau pastoral que l’évêque porte au doigt. Et quand l’évêque est mort, l’Eglise veuve n’a qu’une hâte, c’est d’élire un nouveau pasteur. En l’évêque, ainsi que dans les prêtres, il est l’Officiant. En eux la liturgie éternelle célébrée dans le ciel par l’Agneau immolé (cf. Ap5,6-14) se transporte par anticipation sur la terre. Il leur est donné de prononcer en la personne du Christ (in personna Christi) les paroles même du Christ à la Cène :  « Ceci est mon corps ; ceci est mon sang ». En l’évêque, enfin, il est le Serviteur car « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. » (Mt 20,28).

L’évêque fait l’Eglise en la rassemblant sous lui, car sans lui elle se diviserait en de multiples sectes. Il apparaît vraiment comme son moteur et son anima­teur,…après Dieu.

Pour autant, l’autorité épiscopale ne se situe pas au-dessus de la conscience, humaine ou chrétienne, du sim­ple fidèle. L’évêque se place au-dessus du fidèle en qualité de responsable de la vie ecclésiale et de dispensateur des sacre­ments, afin de le conduire vers les pâturages éternels, afin de l’élever non de l’amoindrir. Mais il ne se place pas au-dessus de la conscience du fidèle qui ne doit des comptes qu’à Dieu et à son Christ. Si parfois de mauvais bergers s’introduisaient à la tête du troupeau, pour le piller plutôt que pour le servir  - on sait, hélas, que cette éventualité s’est maintes  fois produite au cours de l’histoire  -  le fidèle gar­de­rait sa pleine liberté de jugement et de critique, ce qui ne veut pas dire sa pleine indépendance. Bien plus, il devrait souvent se considérer comme personnellement responsable de cet affadissement des pasteurs. C’est en vue de sa conversion, fina­le­ment, que Dieu  permettrait cette épreuve.

Le présent partage d'idées, écrit au courant de la plume, manque un peu de suite dans les idées, je le re­connais. Mais je n’ai pu vraiment le corriger. Je le laisse donc tel quel avec son aspect un peu foisonnant, merci de me comprendre!

Rendez-vous au week-end prochain! A bientôt!


44.Suis-je conscient(e) de l' importance du sacrement de l' ordre

A. LE SENS ET LA SIGNIFICATION DU SACREMENT DE L'ORDRE   

(OU DE L'ORDINATION) 

1. Quelles est la nature du sacrement de l'ordre ?

Le sacrement de l'ordre est un des sept sacrements. Pour comprendre le sacrement de l'ordre, il faut le situer par rapport au sacrement de baptême.  Grâce au Baptême, tous les baptisés participent au Sacerdoce du Christ. Cette participation s'appelle "sacerdoce commun des fidèles".  En effet, comme le dit  St Pierre, toute l'Église est un peuple de prêtres, un peuple sacerdotal (1P2,5.9).  Ceux qui reçoivent le Sacrement de l'Ordre sont consacrés pour être, au nom du Christ,  les pasteurs de l'Église. Le sacerdoce ministériel diffère du sacerdoce commun des fidèles, parce qu'il confère un caractère, une mission dans l'Église et un pouvoir  pour remplir cette mission.

Concernant le nom du sacrement de l'ordre, les théologiens appellent ce sacrement " sacrement de l'ordre ", formule un peu abstraite. On peut dire aussi " sacrement de l'ordination ", l'expression qui est plus claire pour les non-initiés.

Quant aux degrés du sacrement de l'ordre, le sacrement de l'ordre comporte trois degrés à savoir le diaconat, le presbytérat et l'épiscopat, qui concernent l'ordination des diacres, des prêtres et des évêques. Les prêtres sont institués pour être collaborateurs des évêques, associés à eux dans la fonction sacerdotale au service du peuple de Dieu. Il y a l'ordination diaconale, presbytérale et épiscopale.

2. Quel est la nature du "presbytérat" (ce qui constitue le prêtre)?

La compréhension du presbytérat a progressé avec le concile Vatican II. Avant ce dernier concile, l'idée que l'on s'en faisait venait de l'enseignement du Concile de Trente au 16ème siècle. Le concile de Trente qui devait combattre les erreurs protestantes, le définit comme le pouvoir de célébrer l'Eucharistie et de pardonner les péchés. 

Vatican II reprend cet enseignement, mais le replace dans une perspective plus large en le situant par rapport à l'épiscopat : le presbytérat est une participation à l'ordre épiscopal et à sa mission d'enseigner, de sanctifier et de gouverner. Le prêtre a donc aussi pour mission d'annoncer la Parole de Dieu et d'animer le peuple de Dieu. Cette nouvelle conception a beaucoup de conséquences sur la manière d'exercer le ministère presbytéral. 

 B. L'ORDINATION DES PRÊTRES   

1. Quel est le sens de l'ordination sacerdotale ?  

De temps en temps on assiste à l'ordination d'un prêtre, soit à la cathédrale, soit dans une paroisse. On sent que la participation à cette cérémonie nous apporte quelque chose, mais on éprouve souvent le besoin de mieux comprendre le déroulement de la cérémonie et la nature du sacrement.

L'ordination sacerdotale est la célébration où le prêtre reçoit  de l'évêque le sacrement  que l'on appelle "sacrement de l'ordre". Par l'ordination, le nouveau prêtre reçoit le caractère sacerdotal qui est une marque ineffaçable ou indélébile comme le caractère baptismal. Il entre aussi dans le "presbyterium" qui est la communauté des prêtres d'un diocèse unis à leur évêque.



2. Que nous apporte l'assistance à une cérémonie d'ordination ?

La cérémonie nous fait participer intensément à une expérience spirituelle et à une expérience d'Église. Au cours de la cérémonie, il y a des moments qui nous impressionnent particulièrement. Pendant la litanie des saints lorsque les futurs prêtres sont étendus par terre, on ressent leur disponibilité totale à l'action de Dieu en eux. Lorsque l'évêque et l'ensemble des prêtres imposent les mains sur les ordinants et que l'évêque entouré de tous les prêtres dit la prière d'ordination, on  comprend que toute l'Église intercède pour que Dieu leur confère le sacerdoce.

3. Comment se déroule une cérémonie d'ordination d'un prêtre ?

Présentation et appel des candidats: les futurs prêtres sont présentés par le responsable des vocations et par le supérieur du séminaire.  L'évêque les appelle et ils répondent "Me voici". Il est prévu: la liturgie de la Parole, les lectures et l'homélie de l'évêque. L'ordination proprement dite:  après un dialogue entre l'évêque et chaque ordinand et sa promesse d'obéissance à l'évêque, on chante la litanie des saints pendant laquelle les ordinands sont prosternés face contre terre devant l'autel (signe de leur disponibilité à l'action de Dieu en eux). Puis c'est l'imposition des mains, signe du don de l'Esprit. L'évêque et les prêtres viennent successivement imposer les mains aux ordinants.  Enfin la prière de l'ordination est dite par l'évêque, tous les prêtres levant la main pendant ce temps.

Les rites complémentaires:  l'ordination est suivie des rites complémentaires. Chaque ordinand reçoit les vêtements sacerdotaux (l'étole et la chasuble). L'évêque lui fait une onction de Saint- Chrême, qui a été consacré à la messe chrismale,  sur la paume des mains (signe de la consécration),  lui remet la patène et le calice et lui donne le baiser de paix qu'il transmet à tous les prêtres. Les nouveaux prêtres concélèbrent la messe et le lendemain, chaque prêtre célèbre sa première messe.

4. Que peut -on faire quand on participe à une cérémonie d'ordination ?

On peut recevoir la bénédiction du nouveau prêtre. En effet après la cérémonie, il donne sa première bénédiction à tous ceux qui le désirent.  On peut aussi participer à un cadeau. Souvent les amis et la famille du jeune prêtre se cotisent pour offrir un cadeau : un calice, une aube, une étole...

C. MINISTÈRES SPÉCIALISÉS

 1. Que font les prêtres qui n'ont pas un ministère paroissial ? 

Il existe une grande diversité de ministère : aumônerie de l'enseignement catholique et public, mission étudiante, aumônerie d'hôpitaux, de maison de retraite de personnes âgées, aumônerie de prison, aumônerie militaire, mission ouvrière, pastorale des migrants, secours catholique...

Il y en a aussi dans les services diocésains : administration diocésaine, économat diocésain, service de la catéchèse, du catéchuménat, de la liturgie, des vocations, des mariages, des pèlerinages, pastorale familiale, relations œcuméniques, relations avec le Judaïsme, relations avec l'Islam, commission d'art sacré, aumônerie diocésaine de l'action catholique, formation des laïcs, professeurs du séminaire,  animateur de centre spirituel, prêtre exorciste... 

Souvent le même prêtre remplit plusieurs services ou bien il a à la fois un ministère paroissial et un ministère spécialisé. Ce cumul des missions est un des moyens de remédier à la diminution actuelle du nombre.

 2. Pourquoi y-t-il tant de ministères spécialisés ?

La société actuelle est mobile et complexe. Les réseaux de relation l'emportent sur la dimension géographique. Il en résulte que le ministère paroissial n'est plus suffisant pour évangéliser notre société dans sa diversité. Il est donc nécessaire qu'il y ait des ministères spécialisés différents du ministère paroissial pour s'adapter au monde contemporain.  


D. PRINCIPAUX MINISTÈRES SPÉCIALISÉS


1. Aumônier de l'enseignement 
Un prêtre aumônier de l'enseignement peut être responsable de l'aumônerie du collège et du lycée ou seulement accompagnateur et c'est un laïc qui est responsable. Le prêtre aumônier est souvent rattaché à une paroisse ou il participe au ministère. En Alsace, l'aumônier de l'enseignement est essentiellement un enseignant de religion.
2. Aumônier d'hôpital
Des laïcs aussi reçoivent une lettre de mission de l'évêque pour être aumônier d'hôpital.
3. Aumônier militaire
Rôle de l'aumônier militaire: l'aumônier militaire rassemble une communauté et l’anime, il prie pour elle et avec elle, il travaille à la rendre accueillante et missionnaire, il y représente l’évêque. Il y a des aumôniers militaires qui sont laïcs. L'aumônier prêtre  célèbre la messe et les autres sacrements, il préside les funérailles. L'aumônier militaire  n’a ni grade ni rang dans la hiérarchie militaire, il échange le salut avec les autres officiers et sous-officiers.
4. Aumônier de prison      
Rôle de l'aumônier de prison - « L’aumônier de prison est celui qui tente de témoigner que le détenu est autre chose que cette femme ou cet homme condamné, et qu’il ne peut être réduit à l’acte – aussi grave soit-il – qu’il a commis un jour dans sa vie »,
extrait du code de procédure pénale sur les aumôniers de prison.
Les aumôniers ont pour mission de célébrer les offices religieux, d'administrer les sacrements et d'apporter aux détenus une assistance pastorale. Ils ne doivent exercer auprès des détenus qu'un rôle spirituel et moral 
Les aumôniers peuvent être assistés dans leur mission par des auxiliaires bénévoles d'aumônerie, agréés par le directeur régional des services pénitentiaires. Ces derniers peuvent animer des groupes de détenus en vue de la réflexion, de la prière et de l'étude. Ils ne peuvent pas avoir d'entretiens individuels avec les détenus.
Les aumôniers nommés auprès de l'établissement peuvent s'entretenir aussi souvent qu'ils l'estiment utile avec les détenus de leur culte ; aucune sanction disciplinaire ne peut entraîner suppression de cette faculté. L'entretien a lieu, en dehors de la présence d'un surveillant, soit dans un parloir ou bureau, soit dans la cellule du détenu. 
5.PRÊTRE EXORCISTE
Un prêtre exorciste est un prêtre à qui un évêque à confié la charge spécifique de faire des exorcismes. Dans chaque diocèse, il y a un prêtre exorciste. Un prêtre exorciste ne peut pratiquer l’exorcisme solennel (différent des exorcismes simples, lors du baptême) qu' avec la permission de l’évêque. 
a. Rôle du prêtre exorciste actuellement
Actuellement le rôle du prêtre exorciste met d’avantage l’accent sur l’accompagnement, la prière, un travail d’écoute, pour clarifier les situations. Les exorcistes conçoivent leur ministère comme une mission d'accueil, en insistant sur l'aspect psychologique. En effet peu de prêtre exorciste reconnaissent avoir rencontré des personnes dites "possédées". En France par exemple, la majorité des exorcistes ont une interprétation plutôt psychologique de la possession ce qui entraine une conception du rôle du prêtre exorciste.
b. Nombre de prêtres exorcistes 
Jusqu’au concile Vatican II, tous les prêtres pouvaient accomplir des exorcismes après avoir été ordonnés. Désormais, seuls les évêques peuvent nommer des exorcistes et les autoriser à pratiquer ce rituel. Alors que, dans les années 60, une petite dizaine de prêtres, par exemple en France, exerçait ce ministère, le nombre de prêtres exorcistes est aujourd'hui plus de 100, pour répondre à une demande croissante.
c. Comment devenir exorciste 
Si vous souhaiter devenir exorcistes, il faudra suivre une formation sérieuse par des exorcistes compétents et recevoir une charge d'un évêque.
d. EXORCISME DESENVOUTEMENT OU PRIERE DE DELIVRANC
 1. Rituel de l'exorcisme
Les conceptions actuelles de la médecine et de la psychiatrie ont conduit à une transformation du rituel de l'exorcisme et du rôle du prêtre exorciste.    
Rituel de l'exorcisme promulgué par Paul V en 1614  
Cet ancien rituel de l'exorcisme décrivait le rôle du prêtre exorciste : prières à Dieu, adjurations, menaces et insultes à l’égard du diable, signes de croix, aspersions d’eau bénite, lectures de prières, psaumes, évangile, crucifix présenté à la personne souffrante, administration des sacrements (pénitence et eucharistie si possible), application de reliques. 
Rituel de l'exorcisme approuvé par Jean Paul II en1999 
Le nouveau rituel, publié par le Vatican en 1999, est traduit en français depuis 2006, mais il n'est pas disponible dans le public et il est réservé aux personnes qui ont reçu une mission de l'évêque. Il distingue l'Exorcisme mineur fait de prières et le Grand exorcisme, qui consiste en une célébration liturgique. Dans ce nouveau rituel, les formules ne s'adressent plus à Satan, mais à Dieu. L'accent est mis sur le discernement obligatoire et préalable au Grand exorcisme, qui ne sera pratiqué qu'exceptionnellement. Le nouveau rituel de l'exorcisme intègre l'évolution de la médecine et de la psychiatrie.
 2. Demande d'exorcisme, de désenvoutement  ou de délivrance 
Beaucoup de personnes, qui pensent avoir été envoûté et qu'on leur a jeté un sort, font des demandes d'exorcisme ou des demande de désenvoutement, ils veulent rencontrer  un prêtre exorciste. L'envoûtement n'est pas une possession proprement dite, mais les effets sont les mêmes.  Il y a actuellement en occident une augmentation du nombre de personnes, appartenant à toutes les classes sociales, qui demandent l'aide des exorcistes (environ 25 000 cas par an). A Paris au centre diocésain, il y a mille cinq cents demandes d'exorcisme ou de désenvoutement par an. 
 3. Comment faire une demande d'exorcisme ou de prière de délivrance?
Pour faire une demande d'exorcisme, de désenvoutement ou de prière de délivrance, il faut s'adresser à l'évêché de son diocèse. Avant de faire une demande, il faut d'abord utiliser les remèdes spirituels contre la possession diabolique : la confession générale relative à l'ensemble de la vie passée, la communion, la prière ...Il faut aussi voir d'abord un psychologue avant de voir un prêtre exorciste et de faire une demande d'exorcisme ou de prière de délivrance. Ceux qui refusent de voir un psychologue sont ceux qui en ont le plus besoin. 

E. L'ORDINATION DES FEMMES ? 

1. Mouvement pour l'ordination des femmes

Il y a actuellement dans l’Église un mouvement en faveur de l’ordination sacerdotale des femmes. Depuis 1994, l'Église anglicane ordonne prêtres des femmes.

Dans l'Église catholique, une première rencontre mondiale pour l'ordination des femmes  a eu lieu  à Dublin (29 juin-1er juillet 2001).  Sept femmes catholiques (quatre Allemandes, deux Autrichiennes, une Américaine) ont été ordonnées prêtres sur le Danube en Allemagne le 29 juin 2002 dans une église schismatique "l’Église catholique  apostolique charismatique de Jésus-Roi".  

Une femme catholique mariée a été ordonnée prêtre le 1er juillet 2005 à Lyon, sur un bateau naviguant sur la Saône et le Rhône, par trois femmes évêques venues d'Allemagne, d'Autriche et d'Afrique du sud. Elle est excommuniée par l'Église catholique.  

Neuf femmes nord-américaines recevront l’ordination sacerdotale ou le diaconat le 25 juillet 2005 lors d’une cérémonie présidée par Christine Mayr-Lumetzberger (Autriche) et Gisela Forster (Allemagne) devenues évêques au printemps 2003.  L’événement se déroulera sur un bateau naviguant dans les eaux internationales du golfe du Saint-Laurent.

2. Enseignement du Vatican sur l'ordination des femmes

Depuis longtemps, l'Église a pris fermement position contre ce mouvement. 

Sous le pontificat de Paul VI en 1976, la Congrégation de la doctrine de la foi a formulé les fondements de la position de l'Église sur l'ordination des femmes.

Jean Paul II, par sa Lettre apostolique "Ordinatio sacerdotalis" (22 mai 1994), à l'occasion des ordinations de femmes dans l'Église anglicane,  a réaffirmé la position de l'Église catholique en affirmant que l'Église n'a pas le pouvoir de donner le sacrement de l'ordre,  l'ordination à des femmes. L' excommunication des sept femmes catholiques ordonnées prêtres a été confirmée par la Congrégation pour la doctrine de la foi le 21 décembre 2002.

Déclaration "Inter Insigniores" de la sacrée Congrégation de la Doctrine de la Foi sur la question de l’admission des femmes au sacerdoce ministériel (15 octobre 1976):  

  • Place de la femme dans la société moderne et dans l'Église (1 - 5)

  • Le fait de la tradition (6 - 8)

  • L'attitude du Christ (9 - 12)

  • La pratique des apôtres (13 - 16)

  • Valeur permanente de l'attitude de Jésus et des apôtres (17 - 23)

  • Le sacerdoce ministériel à la lumière du mystère du Christ (24 - 34)

  • Le sacerdoce ministériel dans le mystère de l'Église (35 – 41)

    Lettre apostolique "Ordinatio sacerdotalis" du pape Jean Paul II sur l'ordination sacerdotale, conclut en affirmant que le sacrement de l'ordre n'est réservée qu' aux hommes (22 mai1994).

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43.Le sacrement de mariage

 A. L'HISTOIRE DE LA CÉRÉMONIE DU MARIAGE CATHOLIQUE

L'histoire de la cérémonie du mariage en Occident est assez complexe. Nous notons ici seulement quelques aspects marquants et nous verrons ensuite l'histoire de la théologie du mariage.

Dans les Églises d'Orient, la cérémonie du mariage a suivi une évolution différente de celle de l'Occident. C'est la bénédiction divine des époux par le prêtre qui fait le mariage. Le mystère du mariage s'accomplit quand le couple communie ensemble en public. 

1. L'histoire de la cérémonie - Le mariage à l'époque des "pères de l'Église" (du II° au VI° siècle)

A l'origine, il n'y a pas de rite spécifique du mariage dans l'Église. Les chrétiens se marient selon les modalités de leurs différentes cultures et les traditions locales : rôle du père, dot, don d'un anneau, entrée de la femme dans la maison de son mari. En Orient, on tient une couronne de fleurs au dessus des mariés. En Occident, il s'agit généralement d'un voile. La présence du prêtre n'est pas obligatoire et peu pratiquée. Il ne célèbre pas le mariage.

2. L'histoire de la cérémonie - Rites spécifiques du mariage chrétien au XIème siècle

Ce n'est qu'au XIème siècle en Occident que l'Église institue un rite spécifique du mariage religieux. L'échange des consentements pouvait se faire à la porte de l'église avant la bénédiction nuptiale et la messe. Puis au XIIème le tout se fait dans une même cérémonie.

3. L'histoire de la cérémonie - Le Concile de Trente (24° session en 1563)

Le concile de Trente a mis  au premier plan la célébration religieuse du mariage.
Avant le concile de Trente, le mariage était normalement accompagné de rites religieux (bénédiction des anneaux ...), mais ceux-ci n'étaient pas requis pour la validité.
Les mariages conclus par le seul échange des consentements en l'absence de témoin n'étaient pas autorisés, mais ils étaient considérés comme des mariages valides.
Pour lutter contre ces "unions clandestines", le concile de Trente a décrété que  le mariage n'est valide et sacramentel que s'il est fait en présence du curé compétent et de deux témoins. 

 4. L'histoire de la cérémonie - Le rituel du mariage d'après le concile Vatican II (1969) 


Le rituel de 1969 est une mise en œuvre de la réforme liturgique voulue par le concile Vatican II.
Il comporte d'abord une liturgie de la Parole avec un prière universelle et il offre un choix de textes de la Bible et de l'Évangile. 
Le rituel de 1969 modifie aussi l'expression des consentements. Dans le rituel d'avant le concile, le célébrant interrogeait chacun des futurs époux " X voulez vous prendre pour légitime épouse (époux) Y  ici présente selon le rite de notre mère la sainte Église " et il répondait "oui, je le veux". Puis, il disait aux époux qui se donnaient la main droite "Ego conjungo vos in matrimonium. In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen." en faisant le signe de croix. La bénédiction des alliances  et la bénédiction nuptiale étaient faite aussi en latin.
L'échange des consentements se fait par un dialogue entre les fiancés et non par des réponses aux questions du prêtre. Puis le prêtre dit "Désormais vous êtes unis par Dieu dans le mariage". Ensuite, il bénit les alliances. Enfin le rituel propose au choix plusieurs formules de bénédiction nuptiale.



5. L'histoire de la cérémonie - Le nouveau rituel du mariage  (1990 en latin, 2005 en français)

Un nouveau rituel du mariage  a été publiée par le pape Jean-Paul II en 1990 à Rome. La traduction et l'adaptation en français vient de paraître en 2005. 
Le rituel de 1990/2005 revalorise la bénédiction nuptiale et le rôle du prêtre ou du diacre. Celui-ci en   prononçant la bénédiction nuptiale tient désormais les mains étendues au-dessus des nouveaux époux, à la manière de l'évêque au moment d'une confirmation et d'une ordination. La bénédiction nuptiale comporte une invocation à l'Esprit Saint pour qu’il donne aux nouveaux époux sa force et sa grâce. Il est possible de placer cette bénédiction immédiatement après l'échange des alliances, plutôt qu'après le Notre Père.
Pendant l'échange des consentements, le prêtre ou le diacre est invité à étendre la main en direction des époux ou à la poser sur leurs mains jointes.
La célébration comporte d'autres modifications significatives, mais moins importantes.

6.L'HISTOIRE DE L'ANNEAU DE MARIAGE

Il faut distinguer la cérémonie de bénédiction des anneaux et le port de l'anneau.

a. Dans la Rome antique

Ce n'est pas un anneau de mariage, mais un anneau de fiançailles. La remise de l'anneau, au cours d'une cérémonie familiale, est une promesse de mariage. C'est le symbole d'une alliance entre deux familles.

b. Au moyen-âge, à partir de 12ème siècle

Dans la cérémonie du mariage religieux, après l'échange des consentements, le prêtre bénit et remet l'anneau.
En France comme ici en Belgique par exemple, on porta l'anneau à la main droite et plus tard c'est à la main gauche à cause des travaux manuels.

c. Au 19ème siècle

Jusqu'au 19ème, c'était la femme qui portait l'anneau. Ce n'est qu'a partir du milieu du 19ème, que l'homme aussi porte l'anneau.

7.L'HISTOIRE DE LA THÉOLOGIE DU MARIAGE EN OCCIDENT

 a. Le mariage comme sacrement

Selon St Paul, le mariage des chrétiens est le signe visible (le symbole) d'une réalité spirituelle : l'union et l'amour du Christ et de l'Église. Cependant pendant longtemps en Occident, le mariage n'a pas été clairement considéré comme un sacrement. C'est au IVème concile du Latran en 1215 que le mariage est intégré dans la liste officielle des sept sacrements de l'Église.

b. La finalité du mariage

L'Église a d'abord adopté la conception de l'antiquité grecque et romaine selon la quelle la procréation et l'éducation des enfants était le seul but du mariage. La théologie de St Augustin a repris cette conception. De plus, à la suite de St Paul, on a présenté l'union sexuelle dans le mariage comme un "remède à la concupiscence" parce que l'activité sexuelle est considérée comme une conséquence du péché originel.
Le concile Vatican II ( Gaudium et spes en 1965) a modifié la présentation de la finalité du mariage. Il a affirmé que le mariage n'a pas seulement pour fin  la procréation, mais aussi  l'amour et le bonheur des époux. La sexualité est ainsi réhabilitée.

B. LA CONCEPTION CHRÉTIENNE DU MARIAGE

1. Nous vivons ensemble, pourquoi se marier à l'église ? Que peut nous apporter le mariage ?

Quoiqu'ils soient peu nombreux, il existe des couples qui ont l'intention de se marier, mais qui n'ont pas commencé la vie commune avant le mariage. Cependant beaucoup de couples ne se marient pas pour différentes raisons :  parce qu'ils ont peur de s’engager pour la vie, parce qu’ils ne voient pas l’utilité d’une cérémonie de mariage ou bien pour des raisons pratiques, par exemple parce qu’ils n’ont pas assez d’argent pour organiser une fête. Néanmoins, ils se posent le plus souvent les questions: pourquoi se marier ? Pourquoi se marier à l'église ?
Le mariage fortifie le lien d'amour existant par un engagement devant les autres et il témoigne de l'intention de surmonter les difficultés qui se présenteront. Il exprime la volonté de fonder une famille, couronnement du couple et le désir de construire quelque chose à deux.  Il est souvent l’occasion, pour les époux, d’un renouvellement personnel et d'un enrichissement de leur relation avec l'entourage. 

2. Que penser de la vie en couple sans être mariés ? Des relations sexuelles avant le mariage ?

La vie en couple sans être engagés par le mariage n'exprime pas la totalité de l’amour. En effet, le lien physique de l’amour n’est pas seulement un plaisir partagé, mais l’expression d’un lien plus profond : l’engagement mutuel. L'engagement n'est pas une perte de liberté, mais un lieu où la liberté peut grandir par le désir d'aimer vraiment; c'est la voie la plus profonde de l'amour.

3. Quelle est la signification chrétienne du mariage ?

Le mariage des baptisés a une signification symbolique. Pourquoi se marier à l'église ? Le mariage est le symbole de l'amour et de l'alliance du Christ et de l'Église. Le mari symbolise le Christ et l'épouse symbolise l'Église. L'union des époux est l'expression  de l'union et de l'amour du Christ et de l'Église.(Eph5,23-32). 
L'union des époux en est aussi  le fruit. Le sacrement de mariage ne s'arrête pas à la célébration, mais il se prolonge dans tout ce qui fait l'union du couple. C'est à travers le don réciproque que la grâce du Christ est donné aux époux. Le sacrement est source de grâce.

 4. Pensés et citations sur l'amour et le mariage

L'amour!

« On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux »,  Antoine de Saint-Exupéry.

« Le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui »,   Jean De La Bruyère.

« Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle mais de savoir fermer les yeux quand il le faut »,   Simone Signoret.

« Le respect et l'amour doivent être si bien proportionnés qu'ils se soutiennent sans que ce respect étouffe l'amour »,  Pascal, Discours sur les passions de l'amour.  

« Le cœur perçoit ce que l'œil ne voit pas », Al-Gazal. 

Le mariage!

« Aimer ce n'est point nous regarder l'un l'autre mais regarder ensemble dans la même direction », Antoine de Saint-Exupéry. 

« Un mariage heureux est une longue conversation qui semble toujours trop brève », Maurois.

« L'amour conjugal qui persiste à travers mille vicissitudes, me paraît être le plus beau des miracles, quoiqu'il en soit le plus commun »,  François Mauriac.

C. POURQUOI SE MARIER A L'EGLISE ?

Pourquoi se marier à l'église ? Pour un motif traditionnel - S’ils veulent se marier à l'église,
« passer » à l’église, comme l’on disait autrefois, c’est parce qu’ils la considèrent comme le lieu du « vrai mariage ».

Pourquoi se marier à l'église ? Pour un motif familial - Beaucoup de couples, qui ne sont pas des chrétiens pratiquants, veulent se marier à l'église. En 1999, la moitié des mariages, en France par exemple, ont été célébrés à l'Église catholique.

Mais pourquoi se marier à l'église ? Pour certains c'est un motif familial, pour faire plaisir à la famille et pour avoir une belle cérémonie.

Pourquoi se marier à l'église ? Pour un motif religieux - D'autres veulent se marier à l'église pour un motif religieux. Ils souhaitent donner une valeur sacrée à leur amour mutuel et recevoir de Dieu une force pour s’aimer dans le bonheur et dans l’épreuve. Ils demandent le sacrement de mariage. Le mariage chrétien exprime que l'amour n'est pas seulement l'engagement du couple, mais que c'est un cadeau qu'on reçoit. Se poser la question "Pourquoi se marier à l'église" est l'occasion de prendre conscience de la dimension spirituelle du mariage : "A mon mariage, j'ai vécu quelque chose qui m'a dépassé" dit un jeune marié.

 D. L'ENSEIGNEMENT DU NOUVEAU TESTAMENT SUR LE MARIAGE

1. Le mariage est indissoluble

Jésus a affirmé l'indissolubilité du mariage en se référant, par delà la loi de Moise, au dessein créateur de la Genèse, . A l'occasion d'une question d'un pharisien sur la répudiation, Jésus répond : "N'avez vous pas lu que le créateur des l'origine les fit homme et femme et qu'il a dit : l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et les deux ne feront qu'une seule chair ? Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Et bien ce que Dieu a uni, l'homme ne doit pas le séparer" (Mt19,3-6). La répudiation tolérée "à cause de la dureté des cœurs" est exclue dans le Royaume de Dieu.

Jésus a enseigne aussi qu'on commet un adultère, si on répudie sa femme, sauf s'il s'agit d'une épouse illégitime, et qu'on en épouse une autre ou si on épouse une femme répudiée par son mari (Mt5,32 et 19,9 ; Lc16,18)

2. Le mariage d'un chrétien avec un non croyant peut être dissout

St Paul enseigne que dans, certains cas, le mariage avec un incroyant peut être dissout : "Si un frère a une femme non croyante qui consente à cohabiter avec lui, qu'il ne la renvoie pas ... Mais si la partie non croyante veut se séparer, qu'elle se sépare. En pareil cas, le frère ou la sœur ne sont pas liés" (1Co7,12-16). C'est le "privilège paulin".

3. Le mariage est pour la vie terrestre

Jésus affirmé que le mariage est seulement pour la vie terrestre. A l'occasion d'une question des sadducéens sur la résurrection, Jésus répond : "A la résurrection, on ne prend ni femme, ni mari. On est comme les anges dans le ciel" (Mt 23,30, Lc20,34-36). St Paul en tire la conséquence : "La femme demeure liée à son mari aussi longtemps qu'il vit. Mais si le mari meurt, elle est libre d'épouser qui elle veut, dans le Seigneur seulement " (1Co 7,39).  

4. Le mariage est le signe visible de l’union du Christ et de l’Église

St Paul présente le mariage des chrétiens comme le signe visible de l'union du Christ et de l'Église. « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et les deux ne feront qu'une seule chair. Ce mystère est de grande portée; je veux dire qu'il s'applique au Christ et à l'Église » (Ep5,31). Le mariage est un grand mystère par rapport au Christ et à l'Église. C'est le signe visible d'une réalité spirituelle.

 E. LE SENS ET LA SIGNIFICATION DU SACREMENT DE MARIAGE

1. La signification du sacrement 

De même que l'eau pour le baptême ou l'huile pour la confirmation sont les signes visibles de l'action de Dieu et de sa grâce, de même selon saint Paul (Ep5,23-32) l'union des époux chrétien est le signe visible d'une réalité spirituelle l'union du Christ et de l'Église. Le sacrement de mariage est le signe visible de l'action de Dieu qui d'une part réalise un lien sacré entre les époux et d'autre part leur donne sa grâce pour vivre leur union conjugale. 
Le sacrement du mariage confère aux époux chrétiens des grâces spéciales qui leur permettront d’accomplir leur vocation, les grâces nécessaires pour vivre saintement et pour bien élever leurs enfants. Il donne aux époux la grâce de s’aimer de l’amour dont le Christ a aimé son Église. - Il y a donc deux réalités dans le sacrement du mariage : le lien du mariage et les grâces du mariage.

2.L'institution du sacrement

C’est Dieu qui a institué le Mariage  et c’est Notre Seigneur Jésus-Christ qui en fait un Sacrement.  On ne trouve pas, dans l’Écriture Sainte, de texte relatant l’institution  elle-même du sacrement de mariage par Jésus. Mais cette institution du sacrement se déduit de l’attitude que Jésus a eue envers le mariage, et des précisions qu’Il a données à son sujet : Après avoir dit les paroles que nous avons rapportées ci-dessus, Jésus déclara : "Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni !" (Mt 19/6). - Ce n'est qu'au XIIIème siècle que le sacrement de mariage a été inscrit officiellement dans la liste des sept sacrements.

3. Le ministre du sacrement

Dans la liturgie du rite latin ce sont les époux eux-mêmes qui sont les ministres du sacrement de mariage et celui-ci est réalisé au moments où les époux échangent leurs consentements mutuels en présence d'un prêtre ou d'un diacre. ils se confèrent mutuellement le sacrement. Ce n'est pas une expression exacte de dire que le mariage est fait par le prêtre ou par le diacre.
Dans la liturgie catholique du rite oriental, on considère que c’est le Prêtre qui est le ministre de ce sacrement.

4. L'engagement du mariage ?

Le mariage est un engagement pris devant Dieu. Ses caractéristiques sont : la liberté, la fidélité, l’indissolubilité et la fécondité. Ces différents points de l'engagement sont nécessaires pour la validité du sacrement.
Chacun des fiancés doit être pleinement libre au moment de son engagement.
Ils promettent fidélité à leur conjoint, et cette promesse est source de confiance réciproque.
Ils s’engagent pour toute leur vie, car le mariage crée un lien sacré entre les époux.
Ils acceptent d’être ouverts à la vie et d’accueillir avec amour les enfants qu’ils mettront au monde.

5. Que devient le sacrement du mariage après la mort de l'un des époux ?

Quoique cela déçoivent certains couples qui voudraient que le mariage soit éternel, le sacrement de mariage est pour la vie terrestre. Si l'un meurt, l'autre peut de remarier. On s'engage pour toute la vie du couple. Jésus en effet a dit "A la résurrection, on ne prend ni femme, ni mari, on est comme les anges dans le ciel" (Mt 22,30). De même le sacrement de l'ordination est pour la vie terrestre.

Rendez-vous au week-end prochain! A bientôt!

42. L' histoire du sacrement de l' onction des malades.

A. L'HISTOIRE DU SACREMENT DE L' ONCTION DES MALADES  

1.  L'onction des malades à l'origine

Ce sacrement était déjà donné dans la première communauté chrétienne. « Si l'un de vous est malade, qu'il fasse appeler les anciens de la communauté qui prieront pour lui en pratiquant une onction d'huile au nom du Seigneur. Leurs prières, inspirées par la foi, sauveront le malade, le Seigneur le relèvera, et s'il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés. » (Jc5,14-15). Au troisième siècle, Hippolyte de Rome, évêque, témoigne de l'existence d'un rituel pour l'Onction des malades. 

2.  L'extrême onction depuis le Moyen-âge

La ferveur des chrétiens diminuera, alors qu'ils deviendront plus nombreux. Moins ardents, les chrétiens ne recevront plus le sacrement des malades, comme le sacrement de pénitence, sinon le plus tard possible, et même sur leur lit de mort. L'Onction de guérison est alors devenue l'Onction des mourants, le dernier sacrement et donc l'extrême Onction. En 1173, le sacrement des malades prend le nom d ' " extrême-onction". Dans certaines régions, on y voit un luxe à la portée des riches seulement. En 1551, le Concile de Trente le nomme "extrême -onction". 


3. La réforme de Vatican II

C'est le Concile Vatican II qui propose de reprendre l'expression: " Onction des malades". Dans la Constitution sur la liturgie, nous lisons : "L'Extrême-onction, qu'on appelle aussi et mieux l'Onction des malades, n'est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi le temps opportun pour le recevoir est déjà certainement arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort par suite d'affaiblissement physique ou de vieillesse" (n. 73).

Le Concile Vatican II, dans la Constitution sur l'Église 'Lumen Gentium', le 21 novembre 1964, au n° 11 dit : « ... Par l'onction sacrée des malades et la prière des prêtres, toute l'Église recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié, afin qu 'il adoucisse leurs peines et les sauve. Elle les exhorte à s'unir spontanément à la passion et à la mort du Christ.., pour contribuer ainsi au bien du Peuple de Dieu ».
Le Pape Paul VI a promulgué le nouveau rituel de l'Onction des malades le 30 novembre 1972.


B.LA CÉLÉBRATION DU SACREMENT DES MALADES

1. La préparation du sacrement des malades

La préparation de la célébration est confiée aux membres de la pastorale des malades et aux familles. Elle peut comprendre plusieurs temps selon l'état du malade, l'urgence de la situation. La méditation personnelle est le plus souvent celle du passage de l'Évangile dans lequel Jésus se trouve auprès des malades (Lc6,19). L'accompagnateur explique la signification de l'imposition des mains et de l'onction. Des chants et des textes peuvent être choisis pour rendre la célébration plus vivante. Beaucoup souhaitent donner un air de fête à ce jour : en apportant des fleurs, de l'encens ou en aidant le malade à se faire beau. Sauf si, bien sûr, le malade souhaite donner à ce jour un air d'intimité qu'il convient de respecter. Les membres de la famille peuvent alors se relayer à son chevet.

2. La célébration du sacrement 

L'essentiel de la célébration de ce sacrement consiste en ces éléments : 

  • L'imposition des mains, geste qui appelle la descente de l'Esprit-Saint et se fait en silence

  • L'onction faite sur le front et les mains du malade avec l'huile des malades. Cette onction est accompagnée d'une prière. Le prêtre dit  " N., par cette onction sainte, que le Seigneur en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l'Esprit-Saint" et la personne répond : "Amen". "Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu'il vous sauve et vous relève". "Amen".  

  •  Lecture du texte de l’épître de l’apôtre Jacques (Jc5,14-15).

Recevoir le sacrement des malades est émouvant pour le malade lui-même et pour son entourage. - Le sacrement de l'onction des malades est célébré par un prêtre. Ni les diacres ni les laïcs ne peuvent exercer ce ministère. (Code de droit canonique, canon 1003 § 1)  - Si un malade qui a reçu l'onction recouvre la santé, il peut, en cas de nouvelle maladie grave, recevoir de nouveau ce sacrement. Au cours de la même maladie, ce sacrement peut être réitéré si la maladie s'aggrave. 

3. La condition de la célébration du sacrement des malades

Sur la condition de la célébration du sacrement les avis sont différents. Certains pensent qu'il faut être conscient pour recevoir le sacrement des malades, car le malade doit pouvoir demander le sacrement en toute liberté. Il est proposé par la famille, la maison de retraite, l'aumônier dans un hôpital. Mais la décision doit venir du malade.  C'est une des conditions de la célébration. Si le malade est peu conscient, on peut faire une imposition des mains et une prière. C'est un "sacramental" que tout le monde peut faire.

Faut-il-être conscient pour recevoir le sacrement des malades ?  

La position de Pie XII, sur la condition de la célébration de l'extrême onction, était différente : « Si les médecins estiment que la séparation du corps et de l’âme est douteuse et que ce doute est insoluble, la validité de l'extrême onction est douteuse elle aussi ». Mais appliquant les règles habituelles : « Les sacrements sont pour les hommes » et « en cas d’extrême nécessité, on tente les mesures extrêmes », l’Église permet d’administrer le sacrement, sous condition.


4. La célébration communautaire du sacrement des malades 

Tous les ans, dans chaque paroisse ou secteur pastoral, il est souhaitable qu'il y ait une célébration communautaire de  l'onction des malades. Cette forme de célébration se répand dans de nombreuses paroisses.  L'onction des malades doit en effet être célébrée le plus souvent possible dans une communauté.  Parents, amis, soignants et accompagnateurs, et aussi membres de la communauté paroissiale, doivent entourer les malades de sollicitude et de tendresse, prier avec eux et pour eux.  Si vous désirez y recevoir ce sacrement, renseignez-vous auprès de votre paroisse.

C. LE SENS  DE L' ONCTION DES MALADES

1. Sacrement des malades et Extrême onction 

Le sacrement de l'onction des malades n'est pas un sacrement réservé aux derniers moments comme le laissait entendre les expressions "extrême onction" et "derniers sacrements". La pratique ancienne réservait en effet ce sacrement aux grands malades à l’article de la mort. Il s'adresse aux fidèles dont la santé commence à être dangereusement atteinte par la maladie ou la vieillesse, aux malades au moment où la maladie devient une épreuve difficile à supporter, à ceux qui vont subir une opération sérieuse et aux personnes âgées dont les forces déclinent beaucoup.

Le Can.1004 - § 1. précise: « L’onction des malades peut être administrée au fidèle qui, parvenu à l’usage de la raison, commence à se trouver en danger pour cause de maladie ou de vieillesse ».

2. Le but et les effets du sacrement des malades

Le sacrement de l'Onction des malades a pour but de conférer une grâce spéciale au chrétien qui éprouve les difficultés inhérentes à l'état  de maladie grave ou à la vieillesse. Il est signe de la tendresse de Dieu pour la personne qui souffre. 

Le sacrement de l'Onction des malades a comme effets  :
- le réconfort, la paix et le courage pour supporter chrétiennement les souffrances de la maladie ou de la vieillesse ;
-  le pardon des péchés si le malade n'a pas pu l'obtenir par le sacrement de la Pénitence ;
-  le rétablissement de la santé, si cela convient au salut spirituel ;
-  la préparation au passage à la vie éternelle.

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41. Le SACREMENT DE RÉCONCILIATION

  A. L'ORIGINE ET L'HISTOIRE DU SACREMENT DE RÉCONCILIATION

   
1. L'institution du sacrement du pardon a été faite par Jésus qui a donné à l'Église le pouvoir de pardonner les péchés

Certains contestent que l'Église ait le pouvoir de pardonner les péchés. En fait l'Évangile enseigne qu'elle a ce pouvoir. Pendant sa vie terrestre, Jésus a annoncé qu'il donnera à son Église, à Pierre et aux apôtres, le "pouvoir de lier et de délier" (Mt 16,19) c'est-à-dire d'admettre ou d'exclure, de condamner ou d'absoudre. C'est après sa résurrection, lors qu'il est apparu à ses disciples, qu'il leur a donné l'Esprit Saint et qu' il leur a dit : "Recevez le Saint Esprit. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus"(Jean 20, 22-23). Jésus leur a donné la mission de pardonner et c'est par le pouvoir de l'Esprit Saint qu'ils peuvent remettre les péchés. Jésus a donc donné à l'Église le pouvoir de pardonner les péchés.

Le premier sacrement de la rémission des péchés est le baptême qui remet le péché originel et les péchés personnels des adultes. "Que chacun se fasse baptiser pour la rémission de ses péchés"

(Ac2,37-38). Mais pour ceux et celles qui, après le baptême retombent dans le péché, Dieu renouvelle son pardon. L'institution du sacrement du pardon a donc été faite par Jésus. C'est lui qui est à l'origine du sacrement.

2. L'histoire du sacrement de pénitence?

L'histoire du sacrement de pénitence est assez complexe.  Ce sacrement a eu au cours de l'histoire des formes très différentes de la manière actuelle. Dans l'antiquité chrétienne, le sacrement a été donné sous la forme de la pénitence publique. Celle-ci s'appliquait aux grands pécheurs coupables de meurtres, d'apostasie et d'adultère. Elle comportait une longue pénitence qui exprimait la conversion et s'achevait par la réintégration dans la communauté liturgique pour la fête de Pâques. Elle était comme le renouvellement du baptême et n'était donné qu'une fois.

Comme beaucoup repoussaient cette pénitence au moment de la mort, apparaît au VIIème siècle une nouvelle forme de pénitence d'origine monastique : la pénitence privée, secrète et renouvelable. Elle était "tarifée" selon la gravité des péchés. L'absolution n'était donnée qu'après l'accomplissement de la pénitence souvent assez longue. A partir du XIIème siècle, l'absolution est donnée au moment de la confession et la pénitence à accomplir devient beaucoup moins importante. A partir du XVI-XVIIème siècle, la confession fréquente, confession de dévotion  est proposée comme moyen de progression spirituelle. On met l'accent sur la contrition des péchés.

A la suite du concile Vatican II, un nouveau rituel du sacrement de pénitence a pour but de mettre en valeur l'aspect ecclésial du sacrement de pénitence et de donner sa place à la lecture de la Parole de Dieu. Il a instauré les célébrations pénitentielles. Les symboles du sacrement du pardon restent : la rencontre, l'imposition des mains et le signe de la croix. 

B. LE SENS DU SACREMENT DE RÉCONCILIATION 

1. Que peut nous apporter le sacrement de réconciliation ?

Le sacrement de réconciliation est une rencontre avec Dieu qui se réalise par le moyen d'une rencontre avec un prêtre. On regarde sa vie devant Dieu en pensant à son amour miséricordieux. Cette rencontre nous transforme spirituellement. Ce sacrement connaît actuellement une désaffection marquée; beaucoup ont abandonné la pratique de la confession et perdu le sens du sacrement.

Cependant actuellement on n'a jamais autant confessé : dans les émissions nocturnes de radio, dans la rubrique "cœur" des magazines, sur le divan des "psy"...Il y a  une exigence de communication personnelle dans la société technologique où nous vivons. Le sacrement de réconciliation apporte une réponse significative à cette exigence. Il répond à un besoin profond du cœur humain. Ce sacrement nous procure la paix du cœur, allège notre conscience sur la quelle pèse parfois une forte culpabilité. Il nous donne aussi une force pour nous guérir de nos faiblesses et apporte un élan à notre vie chrétienne.

2. Noms du sacrement - Pourquoi appelle-t-on "sacrement de réconciliation"ce qu’on appelait "sacrement de pénitence" ou "confession" ?

Le mot "confession" indique seulement l’aveu des péchés sans suggérer le pardon.  

Le terme "pénitence"  évoque l'expiation, la mortification. Il est insuffisant pour exprimer le pardon de Dieu. 

Le mot "réconciliation" (utilisé depuis le concile Vatican II) exprime l’essentiel, qui est le pardon de Dieu dans la rencontre. 

L’expression "sacrement du pardon" convient aussi tout à fait.

En anglais, "confession" comme en français, "to go to confession" (se confesser) et "penance" (sacrement de pénitence)

3. Quel est le symbolisme du sacrement du pardon ?

Le symbole central du sacrement du pardon est la rencontre entre le prêtre et le pénitent. Le Pape Jean Paul II dans sa lettre aux prêtres  sur le sacrement de réconciliation (Jeudi saint 2002) commente la rencontre de Jésus avec Zachée (Lc19,1-10). Il demande aux prêtres que le ministre du pardon, signe de Dieu Père,  incarne pour le pénitent le visage du Bon pasteur. Il faut que le pénitent puisse rencontrer le Bon Pasteur à travers le visage et la voix du confesseur.

La rencontre personnelle entre le confesseur et le pénitent est donc la forme ordinaire de la réconciliation sacramentelle et l'absolution collective a un caractère exceptionnel.


C. LE PARDON DES PÉCHÉS PAR L'EGLISE ET L'ABSOLUTION DES PÉCHES PAR LES PRETRES

1. Quels sont les effets du sacrement de réconciliation ?

Le sacrement de réconciliation pardonne les péchés graves qui ne sont pas pardonnés par le simple repentir. Concernant les effets du sacrement, on pense surtout au fait que l'absolution pardonne les péchés, mais elle  fait plus que d'effacer, de pardonner les péchés. Elle opère une transformation, elle nous donne une grâce, une force qui nous libère de l'esclavage du péché.  St Paul montre en effet que nous qui étions pécheurs et esclaves du péché, nous sommes non seulement pardonnés de nos péchés, mais affranchi du péché par le Christ (Rm6,17-20).

2.  L'absolution des péchés par les prêtres et la formule de l'absolution

Pour l'absolution des péchés, le prêtre en étendant la main vers le pénitent trace sur lui un signe de croix. Il dit la formule de l'absolution des péchés  "Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde.  Par la mort et la résurrection de son fils, il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés. Par le ministère de l'Église, qu'il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, je vous pardonne tous vos péchés"

Au début de la messe, le prêtre prononce une formule d’absolution des péchés, qui n’est pas sacramentelle : « Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde ; qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle ! »

3. Est-ce que l'Église, un prêtre peut refuser de donner le pardon, l'absolution des péchés à celui ou celle qui se confesse ?

On peut être étonné par l'idée que l'Église peut refuser de donner le pardon. Cependant Jésus a donné à l'Église la mission de remettre ou de retenir les péchés c'est-à-dire le pouvoir de pardonner ou non. Dans une démarche d'amour éclairée par l'Esprit Saint, elle doit juger ce qui est meilleur pour le pécheur. Elle peut différer le pardon pour le conduire à aller plus loin.

4. Refus de donner l'absolution des péchés

Exceptionnellement, un prêtre peut donc refuser de donner l'absolution des péchés ou différer l'absolution des péchés. Ce n'est pas à cause de la gravité du péché car tout péché peut être pardonné. Mais ce peut être en raison d'une contrition insuffisante, si le pécheur n'accepte pas d'éviter l'occasion qui le conduit au péché, si le pécheur reste dans un état de péché (comme les divorcés remariés) ou en raison du refus de réparer un tort très grave. Dans ces cas-là, le prêtre ne peut pas donner l'absolution des péchés.

5. Images du geste de l'absolution des péchés

Pour le sacrement de réconciliation le prêtre en étendant la main vers le pénitent fait le geste de l'absolution des péchés et dit la formule de l'absolution. Il peut aussi imposer les mains sur la tête du pénitent.

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40.Suis-je conscient de la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie?

A. La nature et la signification de l'Eucharistie

Ces réponses à cette série de questions que nous trouvons dans le Catéchisme de l'Église Catholique, nous aident à saisir la nature et la signification du sacrement de l'Eucharistie:

1. Qu'est-ce que l'Eucharistie?

L'eucharistie est le don que Jésus Christ lui-même nous fait de son corps, de son sang, de son âme et de sa divinité sous les apparences du pain et du vin. Il voile sa gloire infinie, sa beauté et sa dignité au Saint Sacrement parce qu'il veut que nous venions à lui dans la foi et que nous l'aimions pour lui-même. L'Eucharistie est le sacrifice même du Corps et du Sang du Seigneur Jésus, qu'il a instituée pour perpétuer au long des siècles jusqu'à son retour le sacrifice de la croix, confiant ainsi à son Église le mémorial de sa Mort et de sa Résurrection. L'Eucharistie est le signe de l'unité, le lien de la charité, le repas pascal, où l'on reçoit le Christ, où l'âme est comblée de grâce et où est donné le gage de la vie éternelle.

2. Quand le Christ a-t-il institué l'Eucharistie?

Il l'a instituée le Jeudi saint, « la nuit même où il était livré » (1 Co11,23), alors qu'il célébrait la dernière Cène avec ses Apôtres.

3. Comment l'a-t-il instituée?

Après avoir réuni ses Apôtres au Cénacle, Jésus prit le pain dans ses mains, le rompit et le leur donna, en disant: « Prenez, et mangez-en tous: ceci est mon corps livré pour vous ». Puis il prit dans ses mains la coupe remplie de vin et leur dit: « Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi ».

4. Que représente l'Eucharistie dans la vie de l'Église?

Elle est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. Dans l'Eucharistie culminent l'action sanctifiante de Dieu envers nous et le culte que nous lui rendons. L'Eucharistie renferme tout le bien spirituel de l'Église: le Christ lui-même, notre Pâque. La communion de la vie divine et l'unité du Peuple de Dieu sont exprimées et réalisées par l'Eucharistie. A travers la célébration eucharistique, nous nous unissons déjà à la liturgie du Ciel et nous anticipons la vie éternelle.

5. Comment désigne-t-on ce sacrement?

La richesse insondable de ce sacrement se manifeste par différents noms, qui en traduisent les aspects particuliers. Les plus communs sont: Eucharistie, Sainte Messe, Cène du Seigneur, Fraction du pain, Célébration eucharistique, Mémorial de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur, Saint Sacrifice, Sainte et Divine Liturgie, Saints Mystères, Saint-Sacrement de l'autel, Communion.

6. Quelle est la place de l'Eucharistie dans le plan divin du salut?

Dans l'Ancienne Alliance, l'Eucharistie est préfigurée surtout par le repas pascal célébré chaque année par les Hébreux avec les pains azymes, en souvenir du départ précipité et libérateur de l'Égypte. Jésus l'a annoncée dans son enseignement et il l'a instituée en célébrant la dernière Cène avec ses Apôtres, au cours du repas pascal. Fidèle au commandement du Seigneur: «Vous ferez cela, en mémoire de moi »

(1 Co11,24), l'Église a toujours célébré l'Eucharistie, surtout le dimanche, jour de la Résurrection de Jésus.

7. Comment se déroule la célébration de l'Eucharistie?

Elle se déroule en deux grandes parties, qui forment un seul acte cultuel: la liturgie de la Parole, qui comprend la proclamation et l'écoute de la Parole de Dieu, et la liturgie eucharistique, qui comprend la présentation du pain et du vin, la prière ou anaphore comportant les paroles de la consécration, et la communion.

8. Qui est le ministre du sacrement de l'Eucharistie?

C'est le prêtre (Évêque ou prêtre) validement ordonné, qui agit dans la Personne du Christ Tête et au nom de l'Église.

9. Quels sont éléments essentiels et nécessaires pour l'Eucharistie?

Ce sont le pain de blé et le vin de la vigne.

10. En quel sens l'Eucharistie est-elle mémorial du sacrifice du Christ?

L'Eucharistie est mémorial en ce sens qu'elle rend présent et actualise le sacrifice que le Christ a offert à son Père, une fois pour toutes, sur la croix, en faveur de l'humanité. Le caractère sacrificiel de l'Eucharistie se manifeste dans les paroles mêmes de l'institution: «Ceci est mon corps livré pour vous» et «Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous » (Lc22,19-20). Le sacrifice de la croix et le sacrifice de l'Eucharistie sont un unique sacrifice. La victime et celui qui l'offre sont identiques. Seule la manière de l'offrir diffère. Le sacrifice est sanglant sur la croix, non sanglant dans l'Eucharistie.

11. De quelle manière l'Église participe-t-elle au sacrifice eucharistique?

Dans l'Eucharistie, le sacrifice du Christ devient aussi le sacrifice des membres de son Corps. La vie des fidèles, leur louange, leur action, leur prière, leur travail, sont unis à ceux du Christ. En tant que sacrifice, l'Eucharistie est aussi offerte pour tous les fidèles, pour les vivants et les défunts, en réparation des péchés de tous les hommes, et pour obtenir de Dieu des bienfaits spirituels et temporels. De plus, l'Église du ciel est présente dans l'offrande du Christ.

12. Comment Jésus est-il présent dans l'Eucharistie?

Jésus Christ est présent dans l'Eucharistie d'une façon unique et incomparable. Il est présent en effet de manière vraie, réelle, substantielle: avec son Corps et son Sang, avec son Âme et sa Divinité. Dans l'Eucharistie, est donc présent de manière sacramentelle, c'est-à-dire sous les espèces du pain et du vin, le Christ tout entier, Dieu et homme.

13. Que signifie la transsubstantiation?

La transsubstantiation signifie la conversion de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ et de toute la substance du vin en la substance de son Sang. Cette conversion se réalise au cours de la prière eucharistique, par l'efficacité de la parole du Christ et de l'action de l'Esprit Saint. Toutefois, les apparences sensibles du pain et du vin, c'est-à-dire les « espèces eucharistiques », demeurent inchangées.

14. La fraction du pain divise-t-elle le Christ?

La fraction du pain ne divise pas le Christ. Il est tout entier et intégralement présent en chacune des espèces eucharistiques et en chacune de leurs parties.

15. Jusqu'à quand demeure la présence eucharistique du Christ?

Elle demeure tant que subsistent les espèces eucharistiques.

16. Quelle sorte de culte est-il dû au sacrement de l'Eucharistie?

C'est le culte de latrie, c'est-à-dire l'adoration réservée à Dieu seul, soit durant la célébration eucharistique, soit en dehors d'elle. L'Église conserve en effet avec le plus grand soin les hosties consacrées; elle les porte aux malades et aux personnes qui sont dans l'impossibilité de participer à la Messe. Elle présente l'hostie à l'adoration solennelle des fidèles, la porte en procession, et elle invite à la visite fréquente et à l'adoration du Saint-Sacrement, conservé dans le tabernacle.

17. Pourquoi l'Eucharistie est-elle le banquet pascal?

L'Eucharistie est le banquet pascal parce que le Christ, accomplissant sacramentellement sa pâque, nous donne son Corps et son Sang offerts en nourriture et en boisson. Il nous unit à lui et entre nous dans son sacrifice.

18. Que signifie l'autel?

L'autel est le symbole du Christ lui-même, présent comme victime sacrificielle (autel–sacrifice de la croix) et comme nourriture céleste qui se donne à nous (autel–table eucharistique).

19. Quand l'Église fait-elle obligation de participer à la Messe?

L'Église fait obligation aux fidèles de participer à la Messe tous les dimanches et aux fêtes de précepte, et elle recommande d'y participer aussi les autres jours.

20. Quand doit-on communier?

L'Église recommande aux fidèles qui prennent part à la Messe de recevoir aussi, avec les dispositions voulues, la Communion, en en prescrivant l'obligation au moins à Pâques.

21. Qu'est-il exigé pour recevoir la Communion?

Pour recevoir la Communion, il faut être pleinement incorporé à l'Église catholique et être en état de grâce, c'est-à-dire sans conscience d'avoir commis de péché mortel. Celui qui est conscient d'avoir commis un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la Communion. Il importe aussi d'avoir un esprit de recueillement et de prière, d'observer le jeûne prescrit par l'Église et d'avoir des attitudes corporelles dignes (gestes, vêtements), comme marques de respect envers le Christ.

22. Quels sont les fruits de la Communion?

La Communion fait grandir notre union au Christ et avec son Église. Elle maintient et renouvelle la vie de grâce reçue au Baptême et à la Confirmation, et elle accroît l'amour envers le prochain. En nous fortifiant dans la charité, elle efface les péchés véniels et nous préserve, pour l'avenir, des péchés mortels.

23. Quand est-il possible d'administrer la Communion à d'autres chrétiens?

Les ministres catholiques administrent licitement la Communion aux membres des Églises orientales qui ne sont pas en pleine communion avec l'Église catholique, mais qui la demandent de leur plein gré, avec les dispositions requises.
Quant aux membres des autres Communautés ecclésiales, les ministres catholiques administrent licitement la Communion aux fidèles qui, en raison d'une nécessité grave, la demandent de leur plein gré, qui sont bien disposés et qui manifestent la foi catholique à l'égard du sacrement.

24. Pourquoi l'Eucharistie est-elle « gage de la gloire à venir »?

Parce que l'Eucharistie comble de toutes les grâces et bénédictions du Ciel, elle nous rend forts pour notre pèlerinage en cette vie et elle fait désirer la vie éternelle, nous unissant déjà au Christ assis à la droite du Père, à l'Église du ciel, à la bienheureuse  Vierge Marie et à tous les saints.

B. La signification de l'Adoration du Saint-Sacrement

1.Qu'est-ce que l'adoration eucharistique?

L'adoration eucharistique est une façon de témoigner notre amour pour Jésus qui nous aime au point de ne jamais vouloir nous quitter. Il demeure ainsi avec nous, jour et nuit, au Saint Sacrement.

Ne nous a-t-il pas dit: « Voici que je suis avec vous pour toujours », car « je t'ai aimé d'un amour éternel, aussi t'ai-je maintenu ma faveur. » (Mt 28,20 ; Jer31,3)

Le Pape Jean-Paul II, dans sa première encyclique Redemptor Hominis, dit que l'adoration eucharistique est un devoir fondamental de la vie du chrétien, et que le culte privé du Saint Sacrement complète la célébration liturgique de l'Eucharistie. Il s'exprime ainsi : notre célébration communautaire de la Messe doit aller de pair avec notre culte personnel envers Jésus dans l'adoration eucharistique de façon à ce que l'expression de notre dévotion soit complète.

2.Qu'est-ce que l'adoration perpétuelle de l'Eucharistie?

L'adoration perpétuelle est simplement notre réponse à l'amour de Jésus pour nous. Lorsque chacun consent de passer régulièrement une heure de prière silencieuse par semaine en sa présence eucharistique, le Saint Sacrement peut être exposé vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Ainsi, Jésus n'est jamais laissé seul, et la chapelle reste toujours ouverte pour quiconque désirant lui rendre visite.

3.Pourquoi l'adoration perpétuelle? Jésus le désire ! ! !

Puisque Jésus nous aime infiniment, sa joie est sans limite quand nous venons passer une heure avec lui au sacrement de son amour. Dans une apparition à sainte Marguerite-Marie Alacoque, Jésus prononça ces émouvantes paroles: « J'ai soif, mais d'une soif si ardente d'être aimé des hommes au Saint Sacrement, que cette soif me consume. »

Jésus nous donne ses grâces ! ! !

Jésus reste avec nous jour et nuit au Saint Sacrement, invitant chacun de nous: « Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau et je vous soulagerai. » (Mt11,28) Jésus reste avec nous au Saint Sacrement pour nous rafraîchir spirituellement et répandre en nous des grâces de réconfort, de courage et de force. Il nous guide et nous inspire à mettre toute notre confiance en son Sacré Cœur, de sorte que la puissance de son amour chasse en nous toute crainte, toute peine et tout doute.

4.Le Saint Père l'a demandé ! ! !

Le Pape Jean-Paul II dans Dominicae Cenae dit: “L'animation et l'approfondissement du culte eucharistique sont une preuve du renouveau authentique que le Concile s'est fixé comme but, et ils en sont le point central. L'Église et le monde ont un grand besoin de culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement d'amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l'adoration, dans la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes et les grands délits du monde. Que notre adoration ne cesse jamais” Voici ce qu'est l'adoration perpétuelle: une adoration qui ne cesse jamais!

5.Chacun peut participer ! ! !

Chacun peut participer car nous pouvons tous trouver au moins une heure par semaine pour être avec Jésus. Et quelque soit l'heure que nous choisissons, elle apporte une grande joie au Cœur du Seigneur. Mais Jésus est particulièrement touché par ceux qui font l'effort de lui tenir compagnie au milieu de la nuit car ainsi l'adoration perpétuelle devient possible.

6.La voie vers une véritable relation personnelle avec Jésus ! ! !

L'adoration perpétuelle nous aide à développer une intimité avec le Christ, parce que l'Eucharistie devient progressivement le centre de notre vie.

En passant quelques moments avec Jésus dans l'Eucharistie, nous établissons une véritable relation personnelle avec lui.

7.L'adoration perpétuelle édifie la communauté ! ! !

L'adoration perpétuelle édifie la communauté parce que l'Eucharistie est le sacrement de l'unité.

En nous unissant à Jésus au Saint Sacrement, Jésus nous unit les uns aux autres par les liens de son amour divin.

8.Elle apporte la paix ! ! !

Le Pape Jean-Paul II dit que le moyen le plus efficace et le plus sûr d'apporter une paix durable au monde réside dans l'adoration eucharistique. Seul l'amour de Jésus a le pouvoir de réorienter le cours de l'histoire vers des sentiers de paix, comme Jésus l'a promis. L'Eucharistie apporte la paix dans le cœur des hommes, qui à leur tour, contribuent à établir la paix dans le monde.

9.Passez chaque semaine une heure avec jésus au saint sacrement

Jésus “nous attend dans le sacrement de son amour”, d'où il s'adresse à chacun de nous ainsi:

« N'avez vous pas eu la force de veiller une heure avec moi? » (Mt 6,40). Vous pouvez passer cette heure: avec votre livre de prière favori, en lisant la sainte Bible, en priant le chapelet, en parlant cœur à cœur avec Jésus comme avec un ami, ou, il se peut que vous soyez si fatigués et accablés que vous ne vouliez rien faire si ce n'est de vous asseoir, de vous reposer et de ressentir la douce paix qui provient du fait d'être en présence de celui qui vous aime le plus, Jésus au Très Saint Sacrement.

Quand vous priez le chapelet en présence du Saint Sacrement, vous aimez Jésus avec le Cœur de Marie, et vous offrez à Jésus la parfaite adoration de Marie. Jésus accueille votre heure d'adoration comme si elle venait de Marie elle-même. Marie vous reçoit dans son Cœur et Jésus accepte votre heure passée avec lui comme si elle venait directement du Cœur de sa très sainte Mère. Le Cœur de Marie comble les lacunes de notre propre cœur.

Pour faire venir un Missionnaire, demandez les informations expliquant les démarches pour lancer l'adoration perpétuelle eucharistique.

Rendez-vous au week-end prochain! A bientôt!

39.Suis-je conscient(e) de ma Confirmation?

I. SIGNIFICATION ET NATURE DE LA CONFIRMATION

1. Qu’apporte la confirmation ?

On ne voit pas toujours très bien ce que représente la confirmation. La profession de foi paraît plus claire. Pour être motivé à la recevoir, il faut réfléchir à ce qu'elle nous apporte.
Le sacrement de confirmation nous donne les dons de  l’Esprit Saint pour nous fortifier dans la foi et nous faire vivre pleinement la vie chrétienne unie au Christ. D'autre part, la confirmation, qui est donnée par l'évêque  nous incorpore pleinement à l'Église; elle est un appel  à un engagement plus personnel et à une mission de témoignage de la foi.
La Confirmation, comme le Baptême, imprime dans l’âme du chrétien une marque spirituelle indélébile qu'on appelle le "caractère"; c’est pourquoi on ne peut recevoir ce sacrement qu’une seule fois dans la vie.

2. La confirmation : une nouvelle Pentecôte

La confirmation est une nouvelle Pentecôte : un don de l'Esprit en vue du témoignage de la foi. L'Esprit accomplit dans les confirmands ce qu'il a réalisé dans les apôtres le jour de la Pentecôte. Le récit de la Pentecôte ( Actes des apôtres 2,1-11) est, le plus souvent, la lecture qui est faite au cours de la messe de confirmation.
Ac 2:1-
   
Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu,
Ac 2:2-
   
quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient.
Ac 2:3-
   
Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux.
Ac 2:4-
   
Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.
Ac 2:5-
   
Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Ac 2:6-
   
Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome.
Ac 2:7-
   
Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : " Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Ac 2:8-
   
Comment se fait-il alors que chacun de nous les entend dans son propre idiome maternel ?
Ac 2:9-
   
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie,
Ac 2:10-
   
de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence,
Ac 2:11-
   
tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! "

3. Les "dons de l'Esprit"

Pendant l'imposition des mains, l'évêque demande à Dieu de donner en plénitude l'Esprit qui reposait sur son fils Jésus : l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de connaissance et d'affection filiale et l'esprit d'adoration.
Cette demande est inspirée par un texte du prophète Isaïe (11,2-3) qui décrit les dons que le messie recevra de Dieu. La tradition chrétienne a beaucoup insisté sur sept dons de l'Esprit.
Mais cette liste n'est pas limitative. Les béatitudes sont aussi des dons de l'Esprit.

4. La confirmation : une mission de témoignage

De même que les apôtres, remplis de l'Esprit saint à la Pentecôte, se sont mis à annoncer la Bonne nouvelle, de même les dons de l'Esprit à la confirmation appellent au témoignage et donnent l'aptitude au témoignage. Le confirmé témoigne pour bâtir l'Église, il rend témoignage au Christ pour l'édification de son Corps. Le confirmé est appelé à prendre une part active à la vie de l'Église.


5. Qu'est ce que la confirmation apporte de plus que le baptême ?

Nous recevons l'Esprit saint à la fois au baptême et à la confirmation. Au baptême, qui est le sacrement de la naissance à la vie chrétienne, l'Esprit nous rend enfant de Dieu. A la confirmation, qui est le sacrement de la croissance et de la maturité spirituelle (comme l'enseigne St Thomas d'Aquin), l'Esprit nous confère une mission. Ainsi, la confirmation est l'achèvement du baptême.

6. Quelle est la différence entre la profession de foi et la confirmation ?

La profession de foi et la confirmation ont toutes les deux un lien étroit avec le baptême, mais la relation est différente. La profession de foi  consiste principalement dans le renouvellement personnel et libre  des promesses du baptême, c'est un engagement humain. Elle confirme la profession de foi du baptême qui a été faite par les parents pour un baptême de bébé.
La confirmation est un sacrement  et, comme tout sacrement, c'est d'abord une action de Dieu. Dieu, par l'évêque,  confirme la grâce du baptême. Ce serait une erreur de voir principalement dans la confirmation un engagement qui "confirmerait" personnellement la foi professée par ses parents lors du baptême.
 
7. Est-il nécessaire d'être confirmé ? Nécessité de la confirmation

La nécessité de la confirmation n'est pas toujours comprise. Cependant il est nécessaire d'être confirmé pour vivre une vie chrétienne authentique, car la force de l'Esprit est indispensable pour vivre en vrai témoin du Christ. C'est un manque important de ne pas avoir reçu tous les dons de l'Esprit.
De plus, il y a des cas où la confirmation est obligatoire comme pour la mission de parrain ou marraine de baptême et de confirmation (canon 874). Certains diocèses demandent que ceux qui ont une responsabilité importante dans l'Église soient confirmés.
Le code de droit canonique demande aussi que l’on n’admette pas au mariage des fiancés non confirmés sauf « s'il existe un grave inconvénient » (canon 1065). De fait, certaines paroisses exigent la confirmation pour le mariage. Cependant en France, où la confirmation est conférée à l'adolescence par exemple, beaucoup de jeunes ne sont pas confirmés et il y aurait un grave inconvénient à exiger la confirmation. Pour les mariages qui ont lieu dans des pays comme l'Espagne ou l'Italie, la confirmation est habituellement exigée, il y a une nécessité de la confirmation.

II. HISTOIRE DE LA CONFIRMATION

1. Dans l'Église primitive : imposition des mains et onction

La confirmation trouve son origine dans le Livre des Actes des Apôtres (8,15-17 et 19,1-7). Elle se recevait immédiatement après le baptême et ne constituait pas un sacrement particulier ; elle était une partie de l’initiation chrétienne, un complément du baptême par l'imposition des mains. Lorsque le baptême n'était pas donné par un apôtre, il était complété par l'imposition des mains faite par un apôtre. Cette imposition des mains donnait l'Esprit-Saint.
Telle que Tertullien (fin 2ème siècle) la décrit dans son De baptismo, la célébration du baptême à Carthage comporte deux rites baptismaux (bénédiction de l’eau et bain baptismal, avec triple confession de foi et triple immersion) et deux rites post-baptismaux (onction d’huile et imposition des mains pour le don de l’Esprit Saint).

2. Dans l'Église d'Orient : la "chrismation", donnée par le prêtre,  suit le baptême

 Il en est  ainsi dans l’Église d’Orient où tout baptisé est immédiatement confirmé et reçoit l’eucharistie. Lorsque le nouveau baptisé est essuyé, le prêtre lui met sa robe de baptême. Il lui fait une onction de saint chrême sur le front, les yeux, les narines, la bouche, les oreilles, la poitrine, les mains et les pieds en disant "Reçois la marque du don de l'Esprit Saint". Avec le baptisé le prêtre fait trois fois le tour du baptistère.
Le 4ème siècle marque alors un tournant dans l’histoire des rites d’initiation. En Orient, les rites post-baptismaux (l'onction de saint chrême) sont de plus en plus valorisés. Ce sacrement est appelé «Chrismation», onction avec le «chrême».
Ainsi, la pratique des Églises d'Orient souligne l'unité de l'initiation chrétienne. Elle ne dissocie pas du baptême les rites post-baptismaux. En Orient, les deux sacrements étant unis, la «Chrismation» est conférée par le prêtre qui baptise, et qui fait l'onction avec le chrême (myron) consacré par l'évêque.
La pratique de l'Église latine exprime plus nettement la communion du nouveau chrétien avec son évêque, garant et serviteur de l'unité de son Église, de sa catholicité et de son apostolicité, et par là, le lien avec les origines apostoliques de l'Église du Christ».

3. En Occident : la "confirmation", séparée du baptême,  est donnée par l'évêque

En Occident, la confirmation va se séparer peu à peu du baptême.
Le premier témoignage signalant que l’évêque va imposer les mains à celles et ceux qui ont été baptisé(e)s antérieurement date de 380 ; mais déjà le Concile d’Elvire (Espagne, vers 300) reconnaissait la nécessité d’une "perfection du baptême" par l’évêque si le baptême a été conféré par un diacre. 
L'extension de l’Église dans les campagnes venant empêcher l’évêque de célébrer lui-même tous les baptêmes, la confirmation est donc reportée chaque fois qu’une célébration de baptême est présidée par un prêtre, jusqu’au passage d’un évêque.
Fauste de Riez (405-485) donne une interprétation théologique de cette confirmatio par rapport au baptisma : au baptême, explique-t-il, nous sommes régénérés pour vivre, après le baptême nous sommes confirmés pour la lutte. C'est en Gaule, au Vème siècle, qu'apparaît le terme de "Confirmation" pour le don de l'Esprit célébré dans la foulée du baptême. Ce terme a été adopté par l'ensemble des langues d'Europe, sauf l'italien (cresima) et le portugais (crisma).
  En Occident, ce terme exprime la confirmation du Baptême en tant que renforcement de la grâce à travers le sceau de l'Esprit Saint.
 Dans le rite latin, le ministre ordinaire de la Confirmation est l'évêque, qui, pour des motifs sérieux, peut en concéder la faculté à des prêtres, c'est-à-dire à des délégués.

4. La confirmation à partir du seizième siècle

A partir du seizième siècle, le catéchisme est organisé et va rythmer la vie sacramentelle. Le sacrement de confirmation marquera l’entrée au catéchisme et l’eucharistie marquera la fin du catéchisme. En France, la situation du sacrement de confirmation va se compliquer par l’introduction, au dix-septième siècle, de la communion solennelle.
En 1910, dans le décret "Quam singulari", le pape saint Pie X demanda qu’on admette à l’eucharistie les enfants beaucoup plus jeunes dès « l'âge de raison » vers 7 ans. Il en résulte que la confirmation n'est donnée qu'après la première communion.

5. La confirmation après le concile Vatican II
 
Dans le cadre de la réforme liturgique de Vatican II, l’ordre des trois sacrements est toujours : baptême, confirmation, Eucharistie. L’Eucharistie achève l’initiation (n° 213), elle en est le sommet (n° 235). Quant à la confirmation, elle doit avoir lieu aussitôt après le baptême sauf, dit le Rituel, si une grave raison s’y oppose (n° 211).
Le renouveau du catéchuménat va faire redécouvrir ce sacrement qui retrouve sa place comme complément du baptême. Même si l’on fait le choix  de séparer la célébration de la confirmation de celle du baptême pour donner toute sa valeur au néophytat, la confirmation doit toujours être clairement proposée à tout candidat au baptême. Peu à peu, le sacrement de la confirmation retrouve sa place et son sens.
Cependant, en France comme ici en Belgique par exemple, le sacrement de confirmation est donné longtemps après l'Eucharistie, car il devient peu à peu le sacrement de la militance. Il n’est plus proposé qu’aux chrétiens engagés dans une aumônerie ou dans des mouvements. La confirmation est souvent présentée ou vécue par les jeunes comme sacrement d’engagement effectif dans la communauté ecclésiale pour marquer une meilleure participation à la vie de la communauté.


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38. Suis-je conscient de mon Baptême?

A. L'histoire du Baptême Catholique

L'origine du Baptême, l'eau...Le baptême est le premier sacrement de l'initiation chrétienne. C'est un moment essentiel dans la vie de tout chrétien et toute chrétienne, grand (e) ou petit (e).

1.Le rite de l'eau

Dès les origines du christianisme, tous les fidèles sont baptisés comme l'attestent les derniers mots de l'Évangile de Mathieu : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». La pratique du baptême avec de l'eau sacrée est alors courante mais dans le christianisme naissant, le rite diffère puisque l'on ne se baigne pas pour se purifier mais l'on est baigné par un autre au nom du Christ. Le baptême est alors une signe d'allégeance et non seulement une purification.

2.Un acte

Le baptême est un acte réfléchi que l'on fait à l'âge adulte. Il est l'aboutissement d'une préparation (le catéchuménat) avec un mentor, sorte de guide spirituel plus aguerri à la religion qui sera peu à peu remplacé par les parrains et marraines. A cette époque, baptême, confirmation et eucharistie sont célébrés en même temps et constituent l'initiation chrétienne. Le catéchuménat comporte différentes phases : un temps d'initiation à la foi chrétienne, puis une préparation immédiate aux sacrements pendant le carême. Les baptêmes se font presque toujours lors de la nuit de Pâques de façon collective par un évêque. Le fidèle né de l'eau reçoit la grâce de l'Esprit Saint. On ne devient pas chrétien par le seul baptême, mais par l'entrée dans le Mystère pascal où Jésus ressuscité a donné sa vie, son Esprit, son Eucharistie.

3. Le baptême des bébés

Au fur et à mesure de l'évangélisation, le baptême est donné aux enfants. A partir du XIIème siècle, alors que la mortalité infantile est très élevée, on commence à baptiser les bébés. La famine et les guerres poussent les parents à supprimer les enfants et en réaction, le baptême remet ces parents dans le droit chemin. Pour des raisons pratiques, les baptêmes ne se font plus par immersion mais par effusion d'eau sur le front. Les prêtres prennent désormais la célébration en charge sans l'intervention d'un évêque. La cérémonie en latin comporte trois exorcismes contre le démon, une bénédiction du sel et une imposition du sel sur la bouche de l'enfant.

4. Les trois rituels

A partir du concile Vatican II (1962 – 1965), l'Église a décidé de restaurer le Catéchuménat des adultes et de réviser le Rituel du baptême des enfants de 1947. Trois rituels du baptême, en langue du pays, ont été instaurés : celui des petits enfants, celui des enfants d'age scolaire et celui des adultes. En 1969, le rituel est à nouveau profondément renouvelé. Il comporte une liturgie de la parole avec une prière universelle et il offre un choix de texte de la Bible et de l'évangile. Les parents qui devaient s'effacer devant le parrain et la marraine reprennent le premier rôle. Ce sont eux qui doivent marquer leur enfant du signe de la croix et affirmer leur foi. Les parents doivent pour cela faire une préparation au baptême. Le rite du sel mal compris et supprimé pour ne garder qu'un exorcisme.

B. Le Baptême Catholique actuel

Le baptême est la cérémonie la plus symbolique des catholiques. Elle marque l'entrée dans la famille chrétienne tout en purifiant du péché. Les symboles sont forts et traduisent d'un réel engagement.

1.L'origine du mot baptiser

Le mot « baptiser » vient du mot grec "baptizein"qui signifie « plonger ». A l'origine, le baptême était en effet pratiqué par immersion tandis qu'aujourd'hui, le baptême catholique se limite à verser de l'eau bénite sur le front. Le rituel du baptême est extrêmement codifié et chargé de symbolique. La cérémonie se déroule généralement dans la paroisse des parents le dimanche après-midi et est orchestrée par un prêtre. Si à l'origine le baptême était principalement célébré au moment de Pâques, aujourd'hui il peut être célébré tout au long de l'année. En général, la cérémonie est collective, mais l'enfant est baptisé individuellement.


2.La signification du baptême

A l'origine, le baptême symbolisait la conversion du péché. Il fallait passer par la conversion du baptême pour entrer dans la vie chrétienne. La signification pascale du baptême par immersion est un autre aspect du sacrement. Il exprime le passage de la mer rouge pour entrer en terre promise. Au fil des siècles et notamment depuis le Moyen Age, le baptême a perdu de sa signification pascale pour ne garder qu'un rôle de purification du péché originel. Aujourd'hui, la croyance dans un péché originel a disparaît de plus en plus. Le baptême marque désormais l'entrée dans l'Église, la nouvelle naissance, la participation à la mort et à la résurrection du Christ, l'accueil de l'Esprit-Saint et la filiation divine.

3.Le rôle des parents, du parrain, de la marraine

Les parents qui font baptiser leur enfant doivent être préparés. Ils ont également à choisir dans leur entourage un parrain et une marraine pour l'enfant. Ces personnes doivent être elles-mêmes baptisées et confirmées. Leur rôle est de conduire et guider leur filleul(e) sur la voie de la foi chrétienne. Elles seront présents à toutes les grandes étapes de la vie de chrétien de leur filleul(e). Le jour du baptême, elles font pour l'enfant la profession de foi catholique et renoncent à Satan. Après la cérémonie, le parrain et la marraine signent le registre de baptême. Les parents doivent avoir avec eux leur carnet de mariage et un extrait d'acte de naissance de l'enfant pour que le prêtre puisse établir l'acte de baptême.

4.Les symboles du baptême catholique

Le rituel du baptême actuel se décompose en quatre actions successives : l'imposition des mains, la profession de foi, les onctions et le baptême proprement dit.

Le signe de la croix sur le front du baptisé symbolise le signe du Christ. Il participe à la mort du Christ et à sa résurrection.

L'eau symbolise la purification et exprime l'action de l'Esprit. Elle donne la vie et ouvre à une nouvelle naissance dans la famille de Dieu.

Le vêtement blanc symbolise chez les adultes le changement de vie induit par l'entrée dans l'Église tandis que pour les enfants, le blanc est le signe de la grâce du baptême qui resplendit.

L'onction d'huile sainte symbolise l'acceptation de Dieu. Le baptisé est pénétré de l'Esprit de Dieu. Le cierge allumé symbolise la lumière du Christ et de l'évangile. C'est le cierge pascal.


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37. Le dimanche de la Divine Miséricorde, qu'est-ce que c'est?

Le Dimanche de la divine Miséricorde a été institué dans l'Église catholique romaine par Jean-Paul II le 30 avril 2000, le jour de la canonisation de Faustine Kowalska (Sainte Faustine). Il fut célébré pour la première fois dans l'histoire de l'Église le 22 avril 2001. Dans le calendrier liturgique, il est célébré chaque année le dimanche qui suit le dimanche de Pâques, qui correspond également à la fête de la quasimodo, également appelée octave de Pâques, deuxième dimanche de Pâques, dimanche in albis, ou dimanche de Saint-Thomas. Jean-Paul II mourut lors des vêpres de la divine miséricorde, et en l'honneur de sa dévotion à la miséricorde sa béatification eut lieu le 1er mai 2011, dimanche de la divine Miséricorde. Faustine Kowalska aurait été gratifiée d'apparitions régulières du Christ qui sont consignées dans un livre écrit par la religieuse : Le Petit Journal. L'essentiel du message qu'elle dit avoir reçu tourne autour de la miséricorde de Dieu pour l'humanité. Au cours de ces révélations privées, le Christ aurait demandé à Faustine que sa miséricorde soit particulièrement honorée par toute l'Église le deuxième dimanche de Pâques.

 Dans ce Petit Journal, nous lisons:« Ma fille, parle au monde entier de mon inconcevable Miséricorde. Je désire que la Fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma Miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s'approcheront de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera (dans les huit jours qui précèdent ou suivent ce Dimanche de la Miséricorde) et communiera, recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur peine ; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s'écoulent les grâces ; qu'aucune âme n'ait peur de s'approcher de moi, même si ses péchés sont comme l'écarlate. [...] La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu'elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu'il ne se tournera pas vers la source de ma Miséricorde. » (Petit Journal, § 699).

D'après le Petit Journal, le Christ a demandé à ce que la fête de la divine Miséricorde soit précédée par une neuvaine à débuter le Vendredi Saint. Cette neuvaine peut cependant être récitée à tout moment de l'année:"Je désire que durant ces neuf jours, tu amènes les âmes à la source de ma miséricorde, afin qu'elles puisent force et fraîcheur, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie et particulièrement à l'heure de la mort. [...] Je ne refuserai rien aux âmes que tu amèneras à la source de ma miséricorde. " (Petit Journal, § 1209)

Le 24 Mai 2000, le Pape Jean-Paul II a demandé que, dans le Missel romain, au titre « Deuxième dimanche de Pâques », on ajoute désormais l'appellation « ou de la Divine Miséricorde ». Il a également ordonné que, pour la célébration liturgique de ce dimanche, on utilise toujours les textes qui sont indiqués pour ce jour dans le Missel.

Donc, ce thème de la miséricorde inépuisable du Seigneur tenait aux racines polonaises du bienheureux Jean-Paul II. Archevêque de Cracovie, le futur Souverain Pontife avait rencontré sur sa route de croyant une religieuse morte en cette ville en 1938, sœur Faustine Kowalska. Bien des années plus tard, il lui fera franchir « à l'allure accélérée », selon l'expression de Mgr Maurice Gaidon, les étapes de la béatification et de la canonisation en messagère privilégiée de ce Dieu qui est « tendresse et pitié » (Ps110,4). « Faustine, disait Jean-Paul II le 30 Avril 2000, obtiens-nous de percevoir la profondeur de la miséricorde divine, aide-nous à en faire l'expérience vivante et à en témoigner à nos frères et sœurs. Que ton message de lumière et d'espérance se diffuse dans le monde entier. »

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36.L'adoration eucharistique, une prière importante pour l'Église?

Avant le concile Vatican II, on communiait assez peu à la messe. Ce qui primait, c'était d'aller à la messe, être « pratiquant ». En revanche, le culte eucharistique était florissant. Bénédictions du Saint-Sacrement, adoration perpétuelle, processions de la Fête-Dieu occupaient une large dans la vie des fidèles. Après le Concile, et jusqu'à une date récente, ces dévotions se sont effacées pendant qu'à la messe dominicale les assemblées étaient invitées à la participation active, pleine et consciente voulue par le Concile. Aujourd'hui, les dévotions eucharistiques – au premier chef l'adoration eucharistique – sont à nouveau mises en valeur.
Il n'est donc pas étonnant que, dans son Exhortation apostolique sur l'Eucharistie, Le sacrement de l'amour, parue en 2007, Benoît XVI consacre un long et riche développement à la piété eucharistique.
Tout d'abord, le Pape se livre à un petit retour en arrière. Alors que la réforme conciliaire accomplissait ses premiers pas, fait-il remarquer au n° 66, le rapport intrinsèque entre messe et adoration du Saint-Sacrement n'a pas été clairement perçu: « Une objection alors diffuse se fait jour, par exemple, dans l'affirmation selon laquelle le Pain eucharistique ne nous serait pas donné pour être contemplé, mais pour être mangé. En réalité, à la lumière de l'expérience de prière de l'Église, une telle opposition se révélait privée de tout fondement. Dans l'Eucharistie, en effet, le Fils de Dieu vient à notre rencontre et désire s'unir à nous; l'adoration eucharistique n'est rien d'autre que le développement explicite de la célébration eucharistique, qui est en elle-même le plus grand acte d'adoration de l'Église. »
Ces propos du Pape justifient, à eux seuls, l'importance qu'a, aux yeux de l'Église, l'adoration eucharistique. Recevoir le Pain de Vie à la messe ne va pas sans l'adoration de Celui que nous recevons des mains du prêtre, une adoration que prolonge et intensifie ensuite celle qui est pratiquée en dehors de la messe.
Puis Benoît XVI demande que l'adoration eucharistique ne soit pas seulement personnelle, mais aussi communautaire. Le rapport personnel, explique-t-il au n° 68, que chaque fidèle instaure avec le Christ doit nourrir en lui la conscience de son appartenance à l'Église, Corps du Christ: « Outre le fait d'inviter chaque fidèle à trouver personnellement du temps à passer en prière devant le Sacrement de l'autel, il est de mon devoir de solliciter les paroisses elles-mêmes et les autres groupes ecclésiaux pour que soient promus des moments d'adoration communautaire. » Cette invitation pressante, on l'observe sans peine, est de plus en plus suivie dans l'Église.
Contrairement à ce qu'on entend parfois, l'adoration eucharistique est donc bien plus qu'une affaire de sensibilité. Seul ou avec les frères et sœurs, n'est-il pas important de s'entretenir avec le Maître du bonheur, d'être penché sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé, d'être touché par l'amour infini de son cœur?

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35. Qu'est-ce que la Pâques?

Du sens étymologique à la signification chrétienne

Pâques est la plus importante fête religieuse chrétienne. Elle commémore la résurrection de Jésus-Christ, le troisième jour après sa Passion. La solennité commence avec la Veillée pascale du Samedi saint, qui marque pour les catholiques la fin du jeûne du carême, et dure pendant huit jours (semaine de Pâques ou semaine radieuse ou Octave pascale).

« Pâque », du latin populaire « pascua », altération (par influence de pascua « nourriture », du verbe 'pascere' « paître ») du latin ecclésiastique « Pascha », emprunté au grec « πάσχα / páskha », lui-même emprunté à l'hébreu "פסח " « Pessa'h » « il passa [par-dessus] », d'où « passage », est le nom de la fête juive qui commémore la sortie d'Égypte. D'après les Évangiles, c'est pendant cette fête juive qu'eut lieu la résurrection de Jésus ; c'est pourquoi le nom en a été repris pour désigner la fête chrétienne.
La formule « 
Pâque orthodoxe » est parfois utilisée pour désigner cette fête lorsqu'elle est célébrée par les Églises orthodoxes à une date qui diffère de la date occidentale. Mais cet usage est incorrect car le « » de Pâques ne fait pas référence à une pluralité de dates. La langue française distingue en effet « la » Pâque originelle juive et la fête chrétienne de Pâques. La première commémore la sortie d'Égypte par un repas rituel qui s'appelle aussi « la Pâque ». La fête chrétienne est multiple. Elle commémore à la fois la sortie d'Égypte, l'institution eucharistique lors du repas de la Pâque, la crucifixion du Christ et son repos au tombeau durant trois jours, sa Résurrection, passage de la mort à la vie, et la nouvelle création inaugurée le troisième jour.
Il existe également une
Pâque quartodécimaine pratiquée par certaines Églises chrétiennes : certains groupes religieux, comme l'Église de Dieu (Septième Jour) ou certains Baptistes du Septième Jour, choisissent de pratiquer cette cérémonie en concordance avec la Pâque juive.

Calcul de la date de Pâques

Le jour de Pâques est un dimanche, à des dates variables du calendrier grégorien comprises entre le 22 mars et le 25 avril. Des dates de jours fériés et de fêtes dépendent de ce jour de Pâques, comme le lundi de Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, le lundi de Pentecôte. À titre d'exemple, les dates contemporaines de Pâques sont les dimanches :

  1. 24 avril 2011,

  2. 8 avril 2012,

  3. 31 mars 2013.

Ces dates sont celles du calendrier grégorien, qui suit le mouvement du soleil et les saisons.

 Historique de la détermination de la date de Pâques

Après le Ier concile de Nicée en 325, il fut décidé que le calcul de la date de Pâques se ferait selon une règle fixe. Ainsi, la Pâques est célébrée le dimanche après le 14ème jour du premier mois lunaire du printemps, donc le dimanche après la première pleine lune advenant pendant ou après l'équinoxe de printemps. Dans la pratique, il est plus simple de revenir aux origines : Pâques correspond au premier dimanche qui suit la première pleine lune de Printemps. En revanche, la date peut varier suivant la longitude de la ville où l'on effectue l'observation. Les catholiques choisissent Rome.

Finalement, toutes les églises acceptèrent la méthode d'Alexandrie qui place l'équinoxe de printemps dans l'hémisphère Nord, le 21 mars (alors que l'équinoxe astronomique se décale du 21 au 22 mars selon la périodicité des années bissextiles).

Un problème, apparu plus tard, est la différence des pratiques entre les églises occidentales et les églises orthodoxes. Les premières adoptent en 1582 le calendrier grégorien pour calculer la date de Pâques, alors que les autres continuent à utiliser le calendrier julien originel. Le Conseil œcuménique des Églises proposa une réforme de la méthode de détermination de la date de Pâques lors d'un sommet à Alep (Syrie), en 1997. Cette réforme a permis d'éliminer les différences de dates entre églises occidentales et orientales ; elle devait entrer en application en 2001, mais elle échoua.
Le calcul de la date de Pâques est assez complexe ; il est connu sous le nom de comput. Il existe des tables traditionnelles, mais aussi des algorithmes plus mathématiques pour la retrouver. La première méthode développée par Carl Friedrich Gauss avait quelques erreurs : en 1954 (la formule donnait le 25 avril au lieu du 18 avril) et en 1981 (le 26 avril au lieu du 19 avril). De nombreux autres mathématiciens ont depuis développé d'autres formules.


Situations particulières

Le dimanche et le lundi de Pâques sont reconnus comme jours fériés par la plupart des pays de tradition chrétienne, excepté aux États-Unis, en Espagne où le lundi est travaillé au moins dans certaines régions, et au Mexique. Le Vendredi saint est aussi férié dans de nombreux pays : Brésil, Mexique, Allemagne, Royaume-Uni, Canada, certains États des États-Unis, certaines régions d'Espagne, etc.
En France, le lundi de Pâques est férié depuis la loi du 8 mars 1886. Dans les départements français de l'Alsace, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de la Moselle, le Vendredi saint, qui précède le dimanche de Pâques, est également.

 Symbolique

 1.La Lumière

Pour les catholiques, le symbolisme de la lumière de Pâques a un sens cosmique. La référence à l'équinoxe et à la pleine lune (voir plus haut la date de Pâques) n'est pas pour eux quelque chose de fortuit : elle est voulue par Dieu lui-même. Ce n'est qu'à l'équinoxe que le Soleil éclaire toute la Terre tandis que, au même moment, la pleine lune continue à réfléchir ses rayons pendant la nuit.

Certains symboles de la fête de Pâques sont à retrouver parmi ceux de la fête juive de Pessa'h et ont pris une autre signification par rapport au Christ. D'autres se rapportent aux épisodes relatés dans les Évangiles.

 2.Agneau sacrificiel: agneau pascal

La meilleure identification provient du chapitre 53 du prophète Isaïe (versets 5 à 7) « Mais il était transpercé à cause de nos crimes, Écrasé à cause de nos fautes ; le châtiment qui nous donne la paix est (tombé) sur lui, Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie ; et l'Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. Il a été maltraité, il s'est humilié et n'a pas ouvert la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; Il n'a pas ouvert la bouche. »

Le fils d'Abraham se transforme en fils de Dieu : « Voici : tu deviendras enceinte, tu enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très–Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. » de Luc chapitre 1, versets 31 et 32.

C'est d'ailleurs à cause de cette seule affirmation qu'il sera crucifié : « Les Juifs lui répondirent : Nous avons une loi, et selon la loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu» (Jn19,7).

Le bélier que trouve Abraham devient l'Agneau de Dieu : « Le lendemain, il vit Jésus venir à lui et dit : Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jn1,29)

Il ne dit rien : « Jésus garda le silence et ne répondit rien. Le souverain sacrificateur l'interrogea de nouveau et lui dit : Es-tu le Christ, le Fils du (Dieu) Béni ? » (Mc14,61)

Mais cette mort mène à la résurrection : « Jésus commença dès lors à montrer à ses disciples qu'il lui fallait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour» (Mt6,21) mais que l'on retrouve aussi dans Mt20,19 , dans Lc9,22, dans Lc13,32 , dans Lc18,33 et dans Lc24,46.

 3.Le sang

Le sang de l'agneau pascal servit de signe pour épargner les Hébreux lors de la dernière plaie d'Égypte avant la sortie d'Égypte : « Quand l'Éternel traversera l'Égypte pour frapper et qu'il verra le sang sur le linteau et sur les deux poteaux, l'Éternel passera par-dessus la porte et ne laissera pas le destructeur entrer dans vos maisons pour (vous) frapper. » (Ex12,23).

Ce même sang permet la relation avec Dieu via le Christ : « C’est pourquoi Jésus aussi, pour sanctifier le peuple par son propre Sang, a souffert hors de la porte. » (Hb13,12)

 4.Le pain

Concernant le pain, les chrétiens sont aussi appelés à ôter le levain de leur vie. Dans l'Évangile, cela prend une signification spirituelle :

« Sur ces entrefaites, les gens s’étant rassemblés par milliers, au point de s’écraser les uns les autres, Jésus se mit à dire en premier lieu à ses disciples : Gardez-vous du levain des Pharisiens, qui est l’hypocrisie » (Lc12,1).

Ou encore dans une lettre de saint Paul :

« Il n’est pas beau, votre sujet de gloire ! Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ? Purifiez-vous du vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de perfidie et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité. » (1 Co5,6-8)

 Signification des célébrations religieuses

1.Église catholique romaine

Pâques (aussi appelé le dimanche de Pâques) est la mère des solennités de l'Église catholique, c'est-à-dire qu’il est obligatoire de chômer et de participer à la messe. En fait, la liturgie spécifique à Pâques commence par la vigile pascale, célébration aussi respectée par certains anglicans et luthériens. La vigile pascale est l'occasion, pour les croyants, de recevoir le sacrement du baptême. La nuit du matin du dimanche de Pâques se font donc l'allumage du feu nouveau du cierge pascal, la bénédiction des fonts baptismaux, la lecture des prophéties et le chant des litanies. Normalement, Pâques est le jour de l'année que choisissent les fidèles qui ne vont à la messe qu'une fois par an pour communier (d'où l'expression « faire ses Pâques »), ce qui leur impose d'aller se confesser au préalable.

En effet, depuis le Jeudi Saint, il n'y a pas eu de véritable messe (donc aucune communion), seulement des célébrations liturgiques telles que la surnommée « Messe des présanctifiés » du Vendredi Saint. Symboliquement, pour les catholiques, la veillée pascale et son cierge traduisent la Résurrection du Christ, le renouvellement solennel de l'engagement de leur baptême par l'ensemble des chrétiens.

Ainsi, le Carême est terminé et l'accent est mis sur l'innocence retrouvée et sur la valeur de l'initiation chrétienne. Lorsque le jour est levé, s'ensuit alors l'office suivant : la messe de la Résurrection. Le Christ, aussi appelé le Rédempteur, a vaincu pour les mortels le péché, le démon et la mort même. Jésus-Christ s'est donc fait l'agneau de Dieu, l'Agnus Dei, sacrifié lors de la crucifixion, et qui enlève les péchés du monde par sa mort et sa résurrection. Cette messe de Pâques a donc une symbolique qui exprime ainsi l'apex de toute l'année liturgique des catholiques, car elle leur rappelle leurs devoirs de chrétiens grâce à ce renouveau spirituel. Pâques est aussi l'une des rares occasions pour le Pape de prononcer la célèbre bénédiction 'urbi et orbi'. Enfin, ce dimanche vient clore le Triduum et la Semaine Sainte.


 2.Églises orthodoxes et orientales

La fête de Pâques est célébrée avec beaucoup de solennités par les chrétiens orthodoxes. Cette fête n'a pas de date fixe, elle se célèbre après Pessa'h juive et dans la première semaine après la pleine lune.
Bien que certaines Églises orthodoxes divergent selon le calendrier de référence (grégorien ou julien), la date de Pâque est cependant commune à toutes les Églises orthodoxes (à l'exception de l’Église autonome de Finlande) parce qu'elle est partout fixée à partir du calendrier julien quel que soit le calendrier liturgique suivi.

Dans le calendrier grégorien, cela signifie qu'elle est fêtée entre le 4 avril et le 8 mai au plus tard.

Somme toute, Pâques est le temps essentiel!

La vie de Jésus est donnée pour la multitude. Désormais le disciple vivra sous ce signe de la vie donnée. C'est le temps du passage de la mort à la vie. La Résurrection bouleverse l'existence des Apôtres. Au nom de Jésus ressuscité, ils feront les mêmes gestes que lui, des gestes qui donnent la vie, qui relèvent, qui appellent au large. L'Église, dans le temps de Pâques, accueille le souffle de cette vie qui la renouvelle. Elle laisse résonner l'appel du Ressuscité à chacun: « Avance au large! » C'est le sens de la Journée mondiale de prière pour les vocations, instaurée en 1964 et toujours célébrée, depuis 1971, le 4ème dimanche de Pâques. Pour que chacun et chacune, au plus intime de sa liberté, puisse entendre l'invitation du Ressuscité à aller et à refaire ses gestes qui guérissent, apaisent, pardonnent. Le Christ appelle aussi des femmes et des hommes à se lever en son nom, pour le don de leur vie, et le partage à tous de la Parole et du pain.

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34. Y a-t-il une langue sacrée?

Depuis le concile Vatican II, les célébrations de l'Église ont connu une profonde évolution. Après des siècles d'usage exclusif de la langue latine, le Concile a ouvert la porte aux langues vivantes. « L'usage de la langue latine, stipule le n° 36 de la Constitution sur la sainte liturgie, sera conservé dans les rites latins. Toutefois, l'emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple; on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants. »
Ce « toutefois » se retrouve dans les normes relatives au chant et donc à la langue du chant. « Le chant en latin, est-il dit au n° 116, devra être privilégié, mais sans que cela empêche de promouvoir aussi le chant dans la langue du peuple. »

On notera que la Concile ne parle nulle part - ni dans las articles cités ni ailleurs - de langue « sacrée ». Il aborde la question de la musique sacrée ou encore celle de l'art sacré, mais jamais il n'emploie l'expression « langue sacrée ». Le mot « sacré », le Concile l'applique expressément à l'action liturgique elle-même, en tant qu'elle exige un respect profond de la part des ministres et des fidèles : « Toute célébration liturgique, indique le n° 7, est l'action sacrée par excellence dont nulle autre action de l'Église ne peut atteindre l'efficacité au même titre et au même degré. »

Participant de l'action sacrée qu'est la liturgie, toute langue - latine ou non - sera donc sacrée. Ce qui revient à dire qu'il n' y a pas, à proprement parler, de langue qui serait la langue sacrée.

En revanche, et la question est autrement importante, il y a sans conteste un langage liturgique. Ainsi, « Nous te disons merci, Seigneur » n'a pas, en liturgie, la même portée que « Nous te rendons grâce, Seigneur ». Le langage liturgique a son vocabulaire qui lui vient de l'Écriture Sainte et de la Tradition de l'Église.

Or ce langage liturgique a pour matrice normative le latin. En effet, tout texte liturgique destiné à l'Église universelle est d'abord édité en latin par l'autorité romaine, à charge ensuite pour les différentes ères linguistiques de le traduire , de soumettre leur traduction à la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et de la rendre publique une fois intervenue l'approbation définitive de la Congrégation.

Ce dispositif - dont on devine la lourdeur - est sans doute légitime. Mais est-il toujours possible de traduire, sans déperdition de sens, telle ou telle locution latine dont la connotation théologique appartient à un autre âge? Toute assemblée doit pouvoir faire siens les textes de prière qui sont proposés pour sa prière.

Sans tomber dans le langage commun, le langage liturgique doit rester proche de la langue du peuple. Tout en restant digne de l' « action sacrée », il doit permettre aux baptisés de parler à Dieu avec les mots des hommes d'aujourd'hui.

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33. Pas de célébration sans fleurs?

Commençons par une évidence: bien sûr, une liturgie peut être célébrée sans fleurs. Et pourtant, que de fleuristes, formés à l'art floral, qui passent souvent des heures à créer une composition qui soit en lien, plus ou moins étroit, avec les textes bibliques du jour! Depuis quelques années, l'art floral connaît un engouement sans pareil.

Quelle est donc la nature du lien entre composition florale et Parole de Dieu? D'une certaine façon, la composition florale dans la liturgie est à la Parole de Dieu ce que le bouquet de la fête des mères est à l'amour pour la maman. Suscité par l'affection, le rôle du bouquet de la fête des mères commence quand celui des paroles est insuffisant: ce que les mots ne peuvent dire à la maman, le bouquet est appelé à l'exprimer. Suscitée par la Parole de Dieu, la composition florale signifie que les introductions aux textes et les homélies des prêtres ne feront jamais entendre tout ce que nous pouvons dire de Dieu et à Dieu. Comme le bouquet de la fête des mères, la composition florale liturgique nous ouvre à l'invisible qu'elle évoque.

On entend dire parfois que les fleurs sont des icônes vivantes. Mais qu'est-ce qu'une icône? Le mot grec 'eikona' signifie 'image'. Dans la piété orientale, l'icône signifie que la liturgie de l'Église du ciel est présente à celle de l'Église de la terre. L'icône est donc plus qu'une simple image: parce qu'elle symbolise l'Église du ciel qui vient se joindre à la nôtre, l'icône est l'image visible de l'invisible. Elle montre le céleste qui se donne au terrestre.

Or la composition florale en liturgie suit l'itinéraire exactement inverse. Loin de symboliser l'Église céleste qui s'unit à la nôtre, elle symbolise notre terre qui monte vers Dieu. Ce n'est plus le céleste qui se donne au terrestre, c'est le terrestre qui se donne au céleste.

La composition florale en liturgie est offrande. Non pas qu'elle soit indispensable, comme sont indispensables à la messe le pain et le vin, mais elle fait partie, avec la lumière, le chant, l'encens... de ce qui symbolise l'acte d'offrande par lequel l'Église en prière présente l'humanité et le monde à Dieu le Père.

Offrande, la composition florale en liturgie est davantage encore. Elle est action de grâce. En effet, rendre grâce ne consiste pas simplement à offrir, mais à rendre ce qu'on a reçu. Rendre grâce à Dieu, c'est lui rendre les grâces que nous avons reçues de lui et lui dire: «  Tu es Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain, ce vin, ces lumières, ces musiques, ces fleurs: nous te les présentons en offrande. »

Celles et ceux qu'on appelle les fleuristes sont d'éminentes servantes et éminents serviteurs de la prière ecclésiale. Ils nous rappellent que c'est de Dieu que nous recevons la beauté du monde et qu'il est juste et bon que cette beauté lui soit rendue.

Comme le dit, à sa manière, la 2ème prière eucharistique pour les assemblées avec enfants: « Tu nous aimes tellement que tu inventes pour nous ce monde immense et beau... Pour tant d'amour, nous voulons te rendre grâce... »

-Face à leur immense ingéniosité, créativité, inventivité et dévouement - les mots pour exprimer nos remerciements à nos mamans qui ornent de fleurs notre église, nous manquent! Tout simplement, que Dieu les bénisse!

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32. Que nous donne à vivre la Semaine sainte?

Dans la succession des semaines, d'année en année, nous célébrons une semaine que notre mémoire commune appelle « sainte » qui est l'aboutissement du Carême. La Semaine sainte est, pour les chrétiens, la dernière semaine du carême, celle précédant Pâques. Les trois derniers jours de cette semaine, appelés Jeudi saint, Vendredi saint et Samedi saint, composent le Triduum pascal. Elle commence avec la célébration du dimanche des Rameaux et se termine le Samedi saint par la célébration de la Veillée pascale et de la messe de la Résurrection.

Les chrétiens orthodoxes l'appellent la Grande Semaine. Les orthodoxes de Roumanie utilisent le plus souvent l'appellation Semaine des Passions (en roumain, Săptămâna Patimilor).

La Semaine sainte englobe un certain nombre de cérémonies particulières qu'on ne célèbre qu'une fois l'an. Mais, que nous fait-elle vivre: une suite de séquences rituelles? Le rappel d'événements du passé? Des célébrations émouvantes?

Ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit d'une semaine différente qui se termine par une nuit qui ne ressemble à aucune autre nuit pour ceux et celles qui croient en Jésus. Une nuit durant laquelle nous sommes plongés dans une Vie qu'un jour nous connaîtrons en plénitude. Une semaine différente aussi parce qu'elle nous rappelle que nous sommes des pèlerins en marche avec leur Seigneur.

La semaine sainte s'ouvre par le dimanche des Rameaux, considéré comme l'une des douze grandes fêtes de l'année liturgique. C'est un dimanche festif, car il célèbre l'entrée du Christ à Jérusalem, où il est accueilli triomphalement par le peuple tenant des palmes. Les fidèles apportent ce jour des rameaux et le prêtre les bénit. Cependant, la venue du Christ à Jérusalem marque le début de la Passion du Christ, vers laquelle il s'avance volontairement. Ce dimanche ouvre donc la Semaine sainte. Dans l'Église catholique, on y lit la passion du Christ ( Passion selon saint Matthieu  en alternance avec celle selon saint Marc ou saint Luc).

Le Dimanche des Rameaux et de la Passion, avec des branchages, nous marchons derrière le Roi qui entre à Jérusalem. Comme il y a deux mille ans, nos rues se drapent de manteaux jetés sur son passage, nos mains lui tendent les rameaux pour l'heure de la victoire, et nous chantons: « Hosanna au fils de David! Hosanna au plus haut des cieux! » Mais, au terme de la marche, parvenus dans la maison du Seigneur, nous entendons, une première fois, le récit de la mort du Roi qui livre sa vie pour ses frères et sœurs. Les vivats n'auront été que de courte durée.

Du Lundi saint au Mercredi saint, il n'y a pas de cérémonie particulière dans l'Église catholique, sauf la messe chrismale dans certains diocèses.

Le Jeudi saint a lieu, dans l'Église catholique (ou bien le mercredi saint dans certains diocèses, et le plus souvent le mardi en France par exemple), la bénédiction des saintes huiles et la confection du saint Chrême dans la cathédrale par l'évêque ; c'est la messe chrismale. Le lavement des pieds est célébré dans l'après-midi ou avec la messe du soir. Le soir a lieu une seconde messe, la messe de la Cène. C'est la dernière messe avant celle de la nuit de Pâques.
Dans l'Église orthodoxe, trois événements sont rappelés le jeudi saint : le lavement des pieds, la cène mystique et la trahison de Judas. Les vêpres sont suivies de la liturgie de saint Basile le Grand.

Le Jeudi saint, nous nous souvenons du peuple juif qui mange en hâte l'agneau pascal et marche vers la liberté. De Jésus, en qui s'accomplit le véritable passage – la véritable pâque – du monde de l'esclavage à celui de la vie, nous recevons le commandement par excellence de ceux et celles qui marchent aux côtés des plus démunis pour qu'ils reprennent goût à l'existence: « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux et celles qu'on aime!  »

Le Vendredi saint, l'Église est en deuil, il n'y a pas de messe. Traditionnellement dans l'après-midi, il y a dans chaque paroisse un chemin de croix, souvent à 15h, puis le soir une célébration liturgique, la célébration de la Passion et de la Croix, qui suit le même déroulement qu'une messe : trois lectures, la troisième étant la Passion selon saint Jean ; une prière universelle solennelle ; la vénération de la Croix ; la communion avec les hosties consacrées la veille à la messe du soir ; c’est pourquoi on appelle traditionnellement l’office solennel du vendredi saint « la messe des présanctifiés ».

Le Vendredi saint, à la suite du condamné portant lui-même sa croix, nous marchons vers le lieu-dit en hébreu: Golgotha, là où il rend l'esprit et où ses bras étendus dessinent le signe indélébile de l'Alliance entre Dieu et les hommes. Un événement qui ouvre une histoire nouvelle, car, même si notre mort à chacun est encore à venir, nous savons désormais à qui nous rendrons l'esprit. Sur la croix, le Crucifié montre cet ailleurs qui est promis à celles et ceux qui croient en lui.

Le Samedi saint il n'y a pas non plus de messe. Le soir, on procède à la veillée pascale (bénédiction du feu nouveau, de l'eau baptismale, annonce de la Résurrection), puis on célèbre la messe solennelle de la vigile pascale.

Le Samedi saint, du matin au soir, nous faisons silence. Mais après la nuit de veille, à l'heure où bientôt commence le premier jour de la semaine, nous marchons avec les femmes vers le tombeau. Là ce n'est pas le Corps du Seigneur Jésus que nous trouvons, c'est un ange qui nous dit: « Vous cherchez le Crucifié? Mais il n'est pas ici, il est ressuscité! Partez rejoindre vos frères et annoncez-leur la nouvelle! » Merveilleuse Veillée pascale où le Seigneur chemine à la tête de son peuple et le fait renaître au petit matin.

Les cris de joie du dimanche des Rameaux peuvent alors reprendre de plus belle avec le Psaume 117: « Rendez grâce au Seigneur: Il est bon! Éternel est son amour! Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur: éternel est son amour! Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort! »
A ce chemin vers Pâques, adressons cette prière de louange à Notre Seigneur:

« Je loue et bénis ta toute-puissance insaisissable, Ô Seigneur Jésus, toi qui t'es laissé devenir

impuissant dans la Passion, par amour pour nous, les humains.

Je loue et bénis ta sagesse insondable, qui t'as conduit à passer pour un fou.

Je loue et bénis ton humanité incompréhensible, qui, en toute liberté, t'a amené à devenir la victime de la haine par amour pour tes élus.

Je loue et bénis ta douce patience, qui t'a fait subir la plus horrible des morts par amour pour nous.

J'aime et j'adore ta belle douceur, qui t'a fait goûter l'amertume de la mort. »


(Mechtilde de Hackeborn)

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31. Qui bénit?

En donnant une réponse à la question n°20 « Qu'est-ce que bénir? », nous n'avons pas clarifié l'auteur de la bénédiction. Alors, maintenant, c'est le moment.

En fait, Dieu seul, auteur de la vie, est source de bénédiction: de lui viennent tous biens, il est le Béni, le Très Bon qui procure aux hommes et aux femmes la vie, la fécondité, la richesse (Jb1,10; Ps64,11;Ps66,2: « Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse »).

Mais le psalmiste invite aussi le croyant à bénir son Dieu: « Bénis le Seigneur, ô mon âme » (Ps102,1). L'homme pourrait-il, lui aussi, bénir? En réalité, le psaume poursuit: « Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits »(v.2). Lorsque l'homme bénit Dieu, c'est pour lui rendre grâce pour ses dons. L'origine de la bénédiction, c'est toujours la généreuse bonté de Dieu pour ses créatures, pour ses enfants: en bénissant le Seigneur, nous ne faisons que « lui rendre la gloire et l'action de grâce que l'on doit à Dieu », dit Saint Paul (Rm1,21)

En bénissant des personnes, des objets ou des lieux, l'Église, à l'écoute de la Parole de Dieu, rend grâce au Créateur et chante sa gloire.

L'Eucharistie du Christ et la messe célébrée en mémoire de son mystère pascal qui nous sauve sont une parfaite bénédiction, une parfaite action de grâce. A la fin de la célébration, nous recevons du prêtre la bénédiction du Dieu trinitaire, pour être envoyés en témoins de son amour. Mais c'est avec l'Esprit-Saint, don et bénédiction de Dieu, source de paix, de joie et de communion avec tous les hommes: qu'il nous aide à «  dire du bien » autour de nous, à répandre dans le monde de la bonté qui vient de Dieu.

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30. A quoi vise la variété des couleurs liturgiques?


Comment nier que les couleurs ont de l'importance pour nous? Pour la décoration de nos maisons, pour nos vêtements, pour donner une ambiance... La publicité en tient compte: affiches, produits à vendre, couvertures de revues, de livres... Rien d'étonnant à ce que les vêtements et les éléments décoratifs employés dans les célébrations liturgiques n'échappent pas à l'utilisation des couleurs.
Pourtant, au début du christianisme et pendant longtemps, la couleur blanche est la seule connue pour les jours de fête, étant donné sa résonance biblique. C'est seulement à partir du Pape

Innocent III (1198-1216) que les Églises d'Occident attribuent telle couleur à telle saison liturgique. Et encore cette règle ne devient générale qu'après le Concile de Trente (1570)

De nos jours, la couleur du vêtement du prêtre a une signification précise:

-Le blanc est utilisé pour les temps de Noël et de Pâques ainsi qu'aux fêtes du Christ et de la Vierge: c'est la couleur de la lumière.

-Le rouge est utilisé le dimanche des Rameaux, le Vendredi saint, le jour de la Pentecôte ainsi qu'aux fêtes des martyrs: c'est à la fois la couleur du Sang versé et celle du feu de l'Esprit-Saint.

-Le violet est utilisé pendant l'Avent et le Carême ainsi qu'aux funérailles: c'est la couleur de la pénitence ainsi que celle du deuil.

-Le vert est utilisé aux dimanches du Temps ordinaire: c'est la couleur de l'espérance en la vie éternelle.

-Peuvent être encore utilisés l'or (comme couleur des solennités) et le bleu (comme couleur de la Vierge Marie). Le Missel romain stipule en effet qu' « aux jours les plus solennels on peut employer des vêtements liturgiques particulièrement beaux, même s'ils ne sont pas de la couleur du jour ».

Les Églises d'Orient ne donnent pas au choix des couleurs liturgiques la même importance que les Églises d'occident: elles ont seulement des vêtements plus simples pour les jours ordinaires et des vêtements plus beaux et plus riches pour les jours de fête.

L'Église d'Occident, elle, s'attache à ce que soient déployées les multiples facettes du mystère du Christ pendant le cycle annuel des dimanches et fêtes. D'où la variété des couleurs pour les vêtements liturgiques. Cette variété vise, indique le n° 345 de la Présentation générale du Missel romain, « à exprimer efficacement et visiblement ce qui caractérise les mystères de foi que l'on célèbre et par suite le sens de la vie chrétienne qui progresse à travers le déroulement de l'année liturgique ».

Ajoutons que les couleurs des vêtements seront d 'autant plus parlantes que la célébration bénéficiera d'un éclairage travaillé et diversifié. L'éclairage, on l'oublie trop souvent, met les personnes en relation: d'abord les unes avec les autres; mais aussi avec l'environnement, les œuvres d'art, les objets... La célébration étant une action dans laquelle tout le monde est acteur, personne – et rien – ne doit être laissé dans l'ombre. Tout doit être en lumière.

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      1. Quelles significations liturgiques de nos vêtements religieux?

Contrairement aux vêtements profanes, les vêtements liturgiques n'ont pas pour but de valoriser les personnes qui les portent. Bien au contraire, ils doivent leur permettre de s'effacer devant le mystère célébré.

A l'origine, dans la Rome antique, les vêtements liturgiques étaient les habits de tout le monde, ils appartenaient à l'habillement commun:

-l'aube, qui doit son nom à sa couleur blanche, était la tunica interior, un vêtement de dessous et d'intérieur;

-l'étole était la stola, une sorte d'écharpe qui devait protéger des refroidissements et qui, souvent, était richement ornée (si bien que ceux qui détenaient un pouvoir en portaient de plus ornées encore);

-la chasuble était la casula, une sorte de manteau fait d'un large morceau d'étoffe avec un trou au milieu pour laisser passer la tête;

-la dalmatique, venue à Rome sans doute de Dalmatie, d'où son nom, était un vêtement d'esclave.

Des vêtements, les habits liturgiques sont devenus, peu à peu, des ornements, ce qui a permis à l'Église d'en faire des signes identitaires. Ainsi le prêtre porte l'aube, l'étole (autour du cou) et la chasuble; le diacre porte l'aube, l'étole (en sautoir) et la dalmatique; les acolytes, les lecteurs et les autres ministres laïques peuvent porter l'aube ou un autre vêtement approuvé dans leur région par les évêques.

Quel qu'il soit, le vêtement liturgique est le signe de la fonction confiée par l'Église à celui qui le porte: « Dans l'Église, qui est le Corps du Christ, spécifie le N°335 de la Présentation générale du Missel romain, tous les membres n'exercent pas la même fonction. Cette diversité des ministères dans la célébration de l'Eucharistie se manifeste extérieurement par la diversité des vêtements liturgiques, qui doivent donc être le signe de la fonction propre à chaque ministre. »

Signes d'une fonction, les vêtements liturgiques doivent être tout autant signes qui contribuent à l'éclat de la célébration: « Il faut, ajoute le même N°335, que ces vêtements contribuent aussi à la beauté de l'action liturgique. » Le N°334 va même jusqu'à donner ces précisions: «  La beauté et la noblesse du vêtement ne doivent pas tenir à l'abondance des ornements surajoutés, mais à la matière employée et à la forme du vêtement. Celui-ci pourra présenter des motifs, des images ou des symboles qui indiquent un usage sacré et l'on écartera ceux qui jureraient avec lui. »

Mais il y a plus important encore: ce sont les couleurs des vêtements. « La variété des couleurs pour les vêtements liturgiques, poursuit le N°345, vise à exprimer efficacement et visiblement ce qui caractérise les mystères de foi que l'on célèbre et par suite le sens de la vie chrétienne qui progresse à travers le déroulement de l'année liturgique. » De dimanche en dimanche, la couleur des vêtements, à sa manière, oriente les yeux vers l'ailleurs du Dieu d'éternité.

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28. En quoi l'église est-elle signe de Dieu-avec-nous?

Presque toujours, une liturgie se célèbre dans une église. Le seul mot « église » évoque un clocher contre lequel se serre une maison qui se veut le signe concret de l'assemblée des fidèles réunis autour du Christ.

Ce bâtiment est bien nommé, puisque le mot  « église » vient d'un verbe grec (ekklein) qui signifie « convoquer, appeler ». Le Christ, en effet, appelle ses amis à se réunir pour former l'assemblée dont il est le chef, le corps dont il est la tête.

Le signe est particulièrement expressif lorsqu'il s'agit de la cathédrale, vaste église où les fidèles s'assemblent autour de leur évêque pour célébrer les grandes fêtes liturgiques et les solennités, comme les ordinations. Mais ce signe de rassemblement et d'unité n'est pas moins réel lorsqu'un groupe de chrétiens se réunit chez l'un d'eux, dans sa maison, pour écouter la Parole de Dieu et rompre le Pain Eucharistique. De telles réunions ne sont-elles pas à l'origine de toutes nos églises?

En tous ces lieux, grands, moyens ou petits, l'Église répond à l'appel de Dieu pour y prendre conscience de ce qu'elle est et pour célébrer les sacrements, ces signes de la vie que Dieu communique aux croyants tout au long de leur existence. Du baptistère à l'autel, du tabernacle au lieu où se fait la réconciliation, chaque espace de l'église est lui-même un signe parlant de l'acte qui s'y opère dans le secret des cœurs entre Dieu et le fidèle, mais aussi publiquement en présence de l'assemblée.

Plus humbles et plus simples, beaucoup d'objets du culte que nous voyons dans l'église ont eux aussi valeur de signes, car ils évoquent des réalités invisibles qui sont autant de richesses pour le croyant: lumière des cierges, eau du bénitier, encens de la louange et de l'adoration, fleurs de la joie et de l'amour, statues et vitraux des saints, nos aînés dans la foi.

Mais le signe majeur de toute église est le peuple qui s'y rassemble dans l'unité de la foi. Maison du peuple, l'église devient maison de Dieu par et pour les croyants qui viennent y affirmer leur foi et leur espérance.

Exprimé dans le chant, le bonheur des baptisés est de former le Corps du Christ, dont ils communiqueront la vie au monde. Réalité mystérieuse, dont la Bible dit en toute vérité: « Voici la demeure de Dieu parmi les hommes. Il habitera avec eux et ils seront son peuple » (Ap21,3-4).

Le chapitre 2 des Actes des Apôtres mérite qu'on le lise et le relise. Le jour de la Pentecôte, les disciples se trouvent tous ensemble dans un même lieu quand ils reçoivent l'Esprit-Saint. Au bruit qui se fait, la foule s'assemble. A la prédication de Pierre, environ trois mille personnes rejoignent les disciples. Ceux-ci sont assidus à se réunir pour écouter la Parole, pour prier, pour partager le repas du Seigneur, pour mettre tout en commun. Le texte ne parle pas d'église, mais de ce sans quoi une église perdrait sa raison d'être: s'y retrouver entre frères et sœurs pour faire grandir le Corps du Christ, l'Église dont l'église est le signe! Voilà pourquoi j'aime d'abord mon église, puis l'Église notre Mère!


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27.Comment s'articulent les temps de l'année liturgique?

L'année liturgique est un domaine privilégié de la pédagogie chrétienne. En prenant le chemin des temps forts et des grandes fêtes de l'année de l'Église, le baptisé découvre et redécouvre, au fil des saisons, comment Jésus le Christ est bien Celui qui a été « envoyé par le Père pour guérir et sauver les hommes ».

L'année liturgique commence avec le premier dimanche de l'Avent et se termine avec le trente-quatrième dimanche du temps ordinaire. Elle comprend plusieurs « cycles » - Avent, temps de Noël, Carême, temps pascal et temps ordinaire - qui déploient tout au long de l'année le mystère pascal, d'où une hiérarchisation des temps et des fêtes: le triduum pascal, le temps pascal, le temps du Carême, le temps de Noël, le temps de l'Avent, le temps ordinaire.

- Le Jeudi saint commence le triduum pascal: Jeudi saint, Vendredi saint et Samedi saint. La célébration de la résurrection du Seigneur commence le samedi soir à la nuit tombée avec la veillée pascale, cœur et sommet du triduum pascal.

- Le dimanche de Pâques est un jour de grande solennité. Ce que célèbre chaque Eucharistie dominicale, on le célèbre le dimanche de Pâques de manière plus solennelle encore. Ce jour-là commence le temps pascal, temps liturgique par excellence, qui s 'étend durant cinquante jours jusqu'à la fête de la Pentecôte.

- Le Carême est un temps de préparation à Pâques. Temps de pénitence pour accueillir le renouveau baptismal, il s'ouvre le mercredi des Cendres et se termine le Jeudi saint au matin.

- La fête de Noël est née à Rome au début du IVème siècle. En célébrant Noël, il s'agit moins de célébrer l'anniversaire de la naissance du Christ – dont on ignore la date exacte – que de célébrer ce que cette naissance nous révèle de Dieu, ce qu'elle inaugure, ce qu'elle représente pour nous.

- Le temps de l'Avent ( avent vient du latin adventus qui signifie avènement, venue) est un temps de préparation à la célébration de Noël. Cependant, on ne mime pas l'attente d'il y a deux mille ans comme si le Christ n'était pas encore venu. On attend Celui qui naît chaque jour dans le cœur des croyants, le Sauveur du monde; et on attend Celui qui viendra au jour promis, le Seigneur de gloire.

- Le temps ordinaire comprend trente-quatre semaines. Il vient prendre place entre les différents cycles: d'abord entre le lendemain du baptême du Seigneur et le jour précédant le mercredi des Cendres; puis entre le lundi de Pentecôte et le samedi précédant le premier dimanche de l'Avent. Les deux dimanches qui suivent Pentecôte célèbrent la Sainte Trinité et le Corps et le Sang du Christ.
Itinéraire à parcourir, l'année liturgique n'est pas pour autant une succession de séquences et d'événements qui reviendraient au fil des mois à la manière des sempiternels feuilletons américains. Elle est plutôt comme une boussole qui permet au baptisé de s'orienter dans ce monde et de marcher avec assurance à la suite de Celui qui a dit: « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. »

Rendez-vous au week-end prochain! A bientôt!

26.Peut-on demander une reconnaissance de nullité de mariage

alors que les époux ont eu des enfants après leur mariage?

Cette réponse vient compléter ce que nous disions dernièrement à propos de la communion des divorcés remariés où nous avons conclu que pour qu'ils puissent encore communier et se confesser, «... les divorcés remariés peuvent demander à l'Église de reconnaître la nullité de leur premier mariage; si cette procédure aboutit, ils sont libres pour contracter une nouvelle union ». Mais, ceci est-il possible? Comment?

Oui, bien sûr parce qu'il faut se situer uniquement au moment du consentement.

Dans certaines causes matrimoniales les époux n'ont pas eu d'enfants: en bien des cas, le temps leur a manqué, tant a été brève la durée de la vie commune, souvent de nos jours plus longue avant les noces qu'après. Le cas contraire se produit cependant et la question se pose très souvent: ces enfants, dont le mariage des parents a été déclaré nul deviendraient-ils subitement des enfants illégitimes?

Non. Ce sont des enfants considérés comme légitimes (c.1137). Ils bénéficient de la présomption de validité de mariage de leurs parents au moment où ils ont été conçus. En outre, le droit de l'Église veut que dans tout jugement les conjoints soient avisés des obligations morales et même civiles auxquelles ils peuvent être tenus l'un envers l'autre «  et envers leurs enfants en ce qui concerne le devoir de subsistance et d'éducation » (c.1689). Certes, c'est le jugement du divorce civil qui fixe le montant de la pension alimentaire, mais le devoir d'éducation dépasse celui de subsistance, et il importe que les deux parents n'oublient pas les responsabilités qui les lient aux enfants qu'ils ont mis au monde. Mais comme dans toute séparation, leur souffrance n'en est pas moins grande. Il faut donc bien réfléchir et prier avant de commencer une telle procédure. Mais à qui alors doit-on s'adresser?

Pour tout renseignement, il suffit de s'adresser au prêtre de ta paroisse ou à l'évêché qui renverra à la personne compétente. Chaque évêque délègue dans son diocèse un vicaire de son pouvoir judiciaire appelé « l'official », qui est toujours un prêtre. C'est lui qui, au nom de l'évêque, rend la justice et accueille la demande. Il exerce un premier discernement et évalue les possibilités réelles d'aboutissement de la demande. Mais il est toujours préférable que l'époux qui fait la demande prenne conseil auprès d'un avocat ecclésiastique (un laïc, un prêtre ou un religieux) diplômé en droit canonique et agréé par l'officialité. Il suffit de demander la liste des avocats au secrétariat du tribunal ecclésiastique. Il est important aussi de se demander quelles sont les personnes concernées par les nullités de mariages.

Toutes les catégories socioprofessionnelles viennent frapper aux portes des officialités. Et cela va du catholique non-pratiquant jusqu'au catholique très fervent. Il y a aussi de plus en plus de « recommençants », des personnes qui retournent à la pratique religieuse après une vie souvent tumultueuse. Très souvent, c'est le désir de contracter un nouveau mariage ou de recevoir d'autres sacrements (de l'Eucharistie et de la Réconciliation) qui motive la démarche. Certains, toutefois, veulent faire la vérité sur leur mariage et demandent à l'Église de les y aider. Certains époux se demandent aussi combien de temps dure une telle procédure et quel en est le coût.

Je leur dirai que selon l'Église, «  les juges et les tribunaux veillent à ce que, la justice étant sauve, toutes les affaires soient terminées le plus tôt possible; en première instance, elles ne seront pas prolongées au-delà d'une année, et en deuxième instance, au-delà de six mois » (c.1453).

Les deux instances sont obligatoires pour la reconnaissance de nullité de mariage. La rapidité avec laquelle est conduite une procédure dépend d'éléments divers: d'une part, certaines officialités sont

malheureusement mal équipées en personnel et en moyens matériels, et « les affaires » y traînent bien au-delà des délais prescrits; d'autre part, si certaines causes sont facilement menées (conjoints et témoins coopérants et proches géographiquement du tribunal), d'autres se heurtent à de nombreux obstacles: opposition de l'époux défendeur, dispersion des témoins, lenteur des expertises, etc.

Quant au coût de la procédure, certains des frais sont inévitables – salaires des secrétaires, fournitures, téléphone, internet, etc. - et la participation à ces frais varie d'un diocèse à l'autre, d'une officialité à l'autre. Pour donner une idée, il y a là où on demande 1 200 euros pour les deux instances réunies, honoraires d'avocat compris mais honoraires d'expertise non compris. Ailleurs, il est réclamé 600 euros en première instance et 250 en appel. Tel autre tribunal diocésain ne réclame presque rien.

Quelle que soit la disparité des participations aux frais, plusieurs choses sont sûres:

1.Aucune officialité ne fait de bénéfice. Le déficit est comblé par les diocèses, à savoir: les fidèles qui donnent à la quête et au denier de l'Église!

2.Gratuités ou semi-gratuités sont largement accordées;

3.Les payements échelonnés sont toujours acceptés;

4.En aucun cas, le résultat d'une cause ne dépend des sommes versées. Il est des causes payantes qui échouent, des causes gratuites qui aboutissent. D'ailleurs, lorsque les trois juges se réunissent pour rendre leur sentence, ils ignorent tout de l'aspect financier de la cause sur laquelle ils ont à se prononcer.

Que seul cet aspect financier ne nous empêche de demander cette reconnaissance de nullité de mariage ou le fait que nous avons eu des enfants après le mariage!

25. Les divorcés remariés peuvent-ils communier?

D'une part, une invitation pressante: « Je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas en vous la vie » (Jn6,53). D'autre part, une mise en garde: «  Celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, se rendra coupable envers le corps et le sang du Seigneur » (1Co11,27).

Cela signifie qu'on ne peut recevoir le Corps du Christ à la messe si l'on n'est pas en communion profonde avec lui: « Celui qui est conscient d'un péché, dit le n° 1385 du Catéchisme de l'Église catholique, doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la communion. »

Dans le cas de divorcés qui se sont remariés civilement, la loi de l'Église est sans appel. Ils se trouvent dans une situation qui contrevient à la loi de Dieu et ne peuvent donc accéder à la communion eucharistique. Non pas que l'Église ignore que presque tous les couples connaissent des crises. Elle estime néanmoins que, hormis les cas d'extrême violence, la séparation n'est pas la meilleure solution, ni pour les époux, ni pour les enfants, ni pour la société. Surtout, l'Église considère que la séparation ne libère pas une personne mariée de son premier engagement et ne la rend donc pas disponible pour une nouvelle union. En effet, elle considère que l'union entre les époux est à l'image de l'alliance entre Dieu et les hommes: indéfectible.

Si l'Église catholique demande aux divorcés remariés de ne pas participer à la communion eucharistique, c'est parce que leur vie, en rupture d'alliance, n'est pas en cohérence avec ce qui est signifié par L'Eucharistie, sacrement de l'alliance nouvelle. Par respect pour leur premier engagement, qu'ils ont rompu, l'Église demande à ces personnes de ne pas communier.

Pour autant, les divorcés remariés, loin d'être exclus de la messe, sont invités à participer avec les autres baptisés. Ainsi, ils se reconnaissent pécheurs avec toute l'assemblée , ils se nourrissent de la Parole de Dieu, ils participent à l'offrande eucharistique, ils prient pour l'Église, les défunts, le monde, ils sont envoyés en mission. En faisant l'expérience du manque lors de la messe, les fidèles remariés ne s'éloignent pas du Christ. Au contraire, en se présentant devant lui en toute vérité, ils s'en rapprochent et, d'une certaine façon, ils communient à son Corps qu'est l'Église en étant en communion avec les autres baptisés. La situation des divorcés remariés n'est donc pas un rejet par l'Église, mais une participation incomplète à sa vie. Contrairement à une opinion assez répandue, ils ne sont pas excommuniés.

Aujourd'hui, cette question fait l'objet d'un débat d'autant plus vif parmi les catholiques que les autres confessions chrétiennes, notamment les Églises orthodoxes, ont une attitude plus bienveillante envers les divorcés remariés.

Cependant, dès à présent, les divorcés remariés peuvent demander à l'Église de reconnaître la nullité de leur premier mariage; si cette procédure aboutit, ils sont libres pour contracter une nouvelle union.

24. Le geste de paix, un geste à risques?

L'Église formule avec prudence la possibilité du geste de paix à la messe: « Si cela est opportun, dit la Présentation générale du Missel romain dans sa 3ème édition typique de 2002, le prêtre ajoute:  ' Frères, dans la charité du Christ, donnez-vous la paix .' » Le geste de paix n'est donc pas un rite obligatoire.
Pourtant, son usage s'est répandu assez rapidement, notamment en France. Il est vrai qu'à certains endroits le geste de paix n'est pratiqué qu'épisodiquement et qu'à d'autres on l'a même abandonné au motif que sa répétition fréquente comporte le
double risque de la routine et de l'hypocrisie.
Avant d'examiner ces objections, ne convient-il pas de
rappeler la grande importance que les premiers siècles chrétiens ont accordée à l'échange du baiser de paix mentionné cinq fois dans les finales de 1 Thessaloniciens, de 1 et 2 Corinthiens, de Romains et de 1 Pierre? Primitivement,dans la liturgie eucharistique, il était situé après le renvoi des catéchumènes. A Rome et en Afrique, au début du Vème siècle, il venait après l'oblation, ou même comme ratification du Notre Père. Toutefois, au cours des siècles suivants, et malgré plusieurs ordonnances de Charlemagne, il finit par être réservé aux seuls clercs. Changement étonnant dû à une évolution ritualiste et cléricale de la liturgie: tandis que, dans le chœur, se multipliaient les baisers à l'autel, à l'évangéliaire, à la patène, le baiser chrétien par excellence mourait de sa belle mort.

Examinons à présent les objections au geste de paix. Tout d'abord, ne devons-nous pas constamment nous rappeler que «  Dieu est amour » (Jn4,8), que l'amour est la « loi dans sa plénitude » (Rm13,10), que l'Évangile est l' « Évangile de la paix » (Ep6,15), que le Christ nous demande de nous réconcilier avec nos frères et sœurs avant de présenter notre offrande à l'autel (Mt5,24) et que la dimension communautaire de L'Eucharistie est essentielle (1Co11,17-34)? Pour intérioriser ces certitudes de foi, nous avons besoin de gestes, et de gestes répétés, tout autant que de convictions.

Par ailleurs, notre expérience quotidienne nous apprend qu'un tel geste peut sceller des réconciliations qui semblaient irrémédiables. Et l'histoire, même récente, ne nous révèle-t-elle pas que des poignées de main ou des accolades entre chefs de nations naguère ennemies ont eu parfois un impact décisif?

Il n'est nullement fatal que le geste de paix conduise à la routine ou à l'hypocrisie. Bien au contraire, il est susceptible de nous réveiller. Et comment un geste aussi parlant à l'égard de nos voisins dans la célébration eucharistique peut-il être sporadique ou carrément éliminé si nous nous rappelons que le commandement de l'amour de Dieu implique celui du prochain?

Ce sont les fondements mêmes de notre foi qui nous demandent de valoriser le geste de paix. N'hésitons donc pas à échanger un signe de paix ( par la main, un bisous...) accompagné d'un sourire reflétant une sincérité du cœur!

23.Pourquoi et comment communier?

Certains chrétiens communient à la messe, d'autres reçoivent à la maison l'Eucharistie-Viatique. La communion devient une partie de la vie du chrétien pratiquant, mais celui-ci vient y puiser la force pour essayer de vivre en chrétien tous les jours de la semaine.

L'évangéliste saint Jean nous raconte que Jésus parlant à la foule réunie à côté de lui, s'exprime ainsi : 
« Le pain que je donnerai, c'est ma chair. Celui qui mange de ce pain vivra éternellement et je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang la vraie boisson. Celui qui en prend demeure en moi et moi en lui » (Jn6, 51-53). Les Juifs présents se mirent évidemment à discuter entre eux, ne pouvant pas comprendre comment un homme pouvait ainsi donner sa chair à manger ! Nous aurions vraisemblablement réagi pareillement... Lors du dernier repas pris avec ses Apôtres, le Christ en prenant du vin leur dit également:
« Ceci est mon sang, le sang de l'alliance nouvelle. Chaque fois que vous en boirez, faites ceci en mémoire de moi ». Deux mille ans ont passé et les chrétiens y croient encore. Le tableau de la Cène peint par Léonard de Vinci est dans l'esprit de tous.

L'Église du XXIème siècle revient de loin. Peu à peu, au fil des siècles, la communion, aussi étonnant que cela puisse paraître , était tombée en désuétude, au point que le concile du Latran, en 1215, institua l'obligation pour le baptisé de communier au moins une fois par an durant le temps pascal. 1905 sera une date clé: Pie X encourage la communion fréquente (y compris pour les très jeunes enfants), voire quotidienne. Il faudra néanmoins attendre le concile Vatican II et l'instauration de la « participation active » pour que la communion connaisse un vrai regain de fréquentation... avec peut-être, aujourd'hui, une certaine banalisation de la démarche.

Ce sont les communions un peu faciles et parfois machinales qui expliquent les récentes
mises au point du magistère. A première vue, ces directives peuvent paraître tatillones et exagérément
pointilleuses. En fait, elles apellent à respecter le Corps du Seigneur, à le "discerner", comme le
dit Paul aux Corinthiens (11,29)


Dans la bouche ou dans la main?


De nombreux chrétiens ont à cœur de recevoir du prêtre l'Eucharistie dans la bouche. II y a dans ce geste un grand respect du Sacré. Une humilité profonde à l'égard du Créateur et peut-être une fidélité compréhensible à ce qui a été préconisé pendant des générations. Cette attitude est profondément respectable, mais de plus en plus de chrétiens reçoivent l'hostie dans leurs mains alors que l'Église a toujours honoré l'hostie en la mettant dans des calices et des patènes en or, ou en décorant les ostensoirs de pierres précieuses. Juste reconnaissance de l'homme pour son Dieu ! N'a-t-on pas dit : L'homme vaut plus que tout l'or du monde. La main est donc au moins aussi précieuse qu'un calice d'or. Quelle audace cependant de toucher son Dieu avec sa propre main. La voilà en quelque sorte glorifiée, devenue une partie du corps à respecter.

Cet acte est aussi l'animation du choix délibéré du chrétien de participer à cet instant de fête, de s'offrir paumes ouvertes, témoignage de foi et d'abandon, tout entier à son Dieu. Les mains deviennent calice pour recevoir le don précieux. Cette attitude est donc un acte de liberté et d'amour, deux fois assumée, aussi belle que l'antique rituel d'ouvrir la bouche comme un enfant nourri par sa mère. Elle glorifie l'alliance de Dieu et de son peuple. Cette attitude face à l'hostie, bien qu'importante, ne doit pas faire oublier l'essentiel du geste que font les chrétiens en allant communier. Ils savent que ce geste de communion (union avec le Christ) peut imbiber leur vie s'ils prennent conscience de l'importance de cet acte. Ce pain- tout en étant matériellement du pain est spirituellement le corps du Christ.


Ne peut-on pas imaginer que ce minuscule morceau de pain matériel entre dans notre corps comme tout aliment, et diffuse ainsi spirituellement dans toutes nos cellules la présence de ce Christ qui lors de son dernier repas, la Cène, a institué ce moyen mystérieux de rester en union avec nous

Chaque fidèle est libre, même si les textes rappellent que la communion dans la main demande une autorisation de l'évêque du lieu: « Le communiant, stipule le N° 161 de la Présentation générale du Missel romain, répond: Amen et reçoit le sacrement dans la bouche ou bien, là où cela est autorisé, dans la main, selon son choix. » Dans le numéro précédent, la même PGMR indique qu'il n'est pas permis aux fidèles de recevoir eux-mêmes le pain consacré, encore moins de se le transmettre de main en main, et que s'ils communient debout, il leur est recommandé, avant de recevoir le Corps du Christ, « de faire un geste de vénération approprié que la Conférence des évêques aura établi »... A propos de la communion dans la bouche, il est bon de rappeler qu'elle ne s'est généralisée, dans l'Église occidentale, qu'à partir du Xème siècle, ce qui a fait dire à un théologien un brin malicieux que les vrais conservateurs, aujourd'hui, sont ceux qui communient dans la main!

Sous la seule espèce du pain ou les deux espèces?

Pour que soit manifestée plus clairement la plénitude du signe eucharistique, les fidèles sont encouragés par l'Église à recevoir la communion sous les espèces du pain et du vin. Là encore, les normes liturgiques précisent que le communiant n'a pas à s'emparer du calice: le prêtre lui tend le calice et alors seulement le communiant le prend dans ses mains pour l'approcher de sa bouche.
Au calice ou par intinction? Le missel admet le principe selon lequel il est possible de consommer le sang du Christ soit en buvant directement au calice, soit par intinction en trempant dans le calice une partie de l'hostie...mais, comme précédemment, il est demandé que, dans la mesure du possible, ce soit le prêtre qui trempe le Corps dans le Sang et le dépose dans la bouche du communiant.
Il ne s'agit pas ici d'interdits ni de sommation. L'Église, par ses règles, veut rappeler qu'il n'y a pas de geste adorateur plus éminent que celui de la communion puisqu'il consiste à porter à la bouche (ad os = adorare ) le Corps du Verbe qui a pris chair de notre chair.

 Prenons-nous le temps d'y réfléchir et d'en méditer ? La communion reçue le dimanche peut et doit imprégner toute notre vie de la semaine. Le concile Vatican II dit que l'Eucharistie est «Source et sommet de la vie de l'Église ». Chacun puise dans la présence du Christ, dans cette vie intimement mêlée à la sienne, une force nouvelle pour agir en chrétien dans sa vie professionnelle, sa famille, et dans la société

22. Pourquoi devons-nous participer à la messe le dimanche?

Au cœur de la foi des chrétiens et chrétiennes, il y a un geste, le geste fondateur et essentiel que fait Jésus la veille de sa mort. Au cours du dernier repas qu'il partage avec ses disciples, Jésus prend du pain et du vin, les donne à ses amis et dit: « Ceci est mon corps, faites cela en mémoire de moi... Cette coupe est la nouvelle Alliance de mon sang, faites cela en mémoire de moi... »(1Co11,24-25). Pour garder la mémoire de ce geste qui annonce l'offrande du Vendredi saint, les chrétiens et chrétiennes en ont fait très tôt le rite principal de leur foi: un repas dans lequel ils se nourrissent du corps et du sang de leur Maître. Et ce repas, depuis deux mille ans, ils le prennent le dimanche, le jour où le Seigneur a triomphé de la mort.

Faire mémoire du Christ, Dieu fait chair, en mangeant son Corps et en buvant son Sang, est proprement inouï. A tel point qu'on accuse parfois les chrétiens et chrétiennes anthropophagie! C'est oublier que la messe est un sacrement, c'est-à-dire un ensemble de rites et de symboles qui permettent de rendre présent ce qui échappe à nos yeux.

Car l'homme ne peut se passer de rites et de symboles. Allumer un cierge dans une église, c'est faire briller la flamme de la foi, flamme qui tantôt est vacillante et qui tantôt monte droit vers le Créateur de toutes choses. Faire le signe de la croix, seul ou en communauté, c'est se laisser envelopper par l'amour tout-puissant de Dieu-Trinité et s'ouvrir à la grâce du Fils élevé sur une croix pour le bonheur des hommes. Invoquer l'Esprit-Saint sur le pain et le vin, c'est demander au Père de rendre le Christ réellement présent aux fidèles pour qu'ils le contemplent dans sa chair et dans son sang et communient à lui à la table sainte.

Mais on ne s'approche pas de cette table en individu qui ne pense qu'à soi et à Dieu. Le baptisé est membre d'un Corps, le Corps du Christ. Voilà pourquoi l'Amen de la communion est si important: « Tu entends: Le Corps du Christ, dit saint Augustin, et tu réponds: Amen. Sois un membre du Corps du Christ, afin que ton Amen soit vrai! »

Aller à la messe le dimanche, c'est faire corps avec les frères et sœurs et, avec eux, faire corps avec le Vivant pour nous laisser transformer par lui et ajuster ensuite nos vies à la sienne. Si le Christ est vraiment le Seigneur de notre vie, comment ne pas aller à sa rencontre au moins une fois par semaine?

L'épisode des disciples d'Emmaüs peut nous éclairer. Sur leur chemin, deux compagnons se retrouvent tout tristes; un inconnu leur explique la Parole de Dieu et enflamme leur cœur; et voici la fraction du pain: à ce rite et à ce symbole, ils reconnaissent le Ressuscité; et les voilà qui partent, tout joyeux, pour annoncer à leurs frères la Bonne Nouvelle.

Telle est la fête eucharistique du dimanche: un rassemblement; l'accueil de la Parole de Dieu; le partage du pain et du vin; la foi renouvelée et revigorée qui fait des croyants des témoins qui fleurissent là où Dieu les a plantés.

21. Profane, sacré ou saint, quelle différence?

A intervalles réguliers, des fidèles font entendre cette critique radicale: « La liturgie d'avant le Concile baignait dans le sacré et conduisait au sacré. La liturgie de maintenant est une logorrhée qui a évacué le sacré et qui ne mène qu'au nombrilisme. » Que cachent ces propos particulièrement durs? Pour bien répondre à la question, il convient de s'entendre sur le mot «  sacré  », ce qui nous permettra de saisir aussi le sens des expressions « profane » et « saint ».

Selon l'antique conviction des hommes, le sacré qualifie une réalité (qui pourra être une personne, un lieu, un objet) qui a été soustraite au monde profane (adjectif qui vient du latin pro, « devant », et fanum, « temple »), c'est-à-dire au monde commun, en raison de son contact avec le monde du divin. D'où la séparation entre le sacré et le profane qui provient de ce désir qu'ont toujours eu les hommes d'accéder au monde mystérieux où habite la divinité: pour la rencontrer, on l'incarne en une personne, on la localise en un endroit, on la confond avec un objet.

C'est ainsi que le Premier Testament sacralise les prêtres, le temple, le sabbat, tel ou tel aliment qu'il déclare pur. Mais déjà se fait jour, dans la bouche des prophètes, une prise de distance avec certaines pratiques censément sacrées: « Je déteste vos pèlerinages, dit le Seigneur à Israël, je ne puis sentir vos rassemblements quand vous faites monter vers moi vos holocaustes; et dans vos offrandes, rien qui me plaise; votre sacrifice de bêtes grasses, j'en détourne les yeux! »(Am5,21-22). L'alliance conclue entre Dieu et son peuple ne peut tolérer des rites soi-disant sacrés dont le cœur de l'homme est absent.

Le sacré de son peuple, Jésus le respecte, mais seulement dans la mesure où il ne vient pas contrecarrer l'essentiel de la loi juive: l'amour de Dieu et du prochain. En fait, pour l'Emmanuel, «  Dieu-avec-nous », rien n'est sacré... sauf Dieu et l'homme qu'il a créé à son image et à sa ressemblance. Ni le jour du sabbat, ni les prescriptions alimentaires, rien ne sépare Jésus du monde ordinaire. Par son incarnation, plus d'opposition entre sacré et profane, ou entre Juif et Grec: en Lui, tous les croyants sont appelés à la sainteté et tout peut devenir saint.

La distinction sacré/profane cède la place à la distinction saint/pécheur. Ainsi, un objet béni ne devient pas sacré; il devient, pour le croyant, un chemin de sainteté.

Dès lors, pour la foi chrétienne, le mot « sacré » prend un sens nouveau. Il ne désigne plus, comme dans les religions d'autrefois, cette personne, ce lieu ou cet objet par lesquels nous franchissons tous les tabous et parvenons au monde du surnaturel, mais seulement tout ce qui appelle un respect absolu. Quand nous célébrons L'Eucharistie et recevons le « corps sacré » du Christ, ce n'est pas du « sacré » que nous recevons, mais le « Saint  de Dieu » (Mc1,24) qui nous fait prendre place à la table sainte du Dieu trois fois saint.

En ce sens, il est possible que nos célébrations manquent parfois de « sacré ». On ne célèbre pas le Dieu vraiment saint de qui vient toute sainteté sans marques de profonde vénération ni sans la dignité qu'appelle toute liturgie.

20. Qu'est-ce que bénir?

Faire bénir tel ou tel objet, bénir la table avant le repas, demander une bénédiction pour un mariage ou des funérailles: autant d'expressions courantes qui recouvrent des réalités très différentes. Et pourtant le mot bénir est utilisé dans tous ces cas.

Toute bénédiction implique la reconnaissance de la présence de Dieu dans la totalité de notre vie. A l'origine il y a la pratique juive de bénir Dieu - de dire du bien de Dieu - dans les circonstances les plus diverses de l'existence: pour un travail réussi, pour la rencontre d'un ami, pour le pain,en un mot pour toute la vie que nous recevons de Dieu. « Levez les mains vers le sanctuaire et bénissez le Seigneur »(Ps134).

La bénédiction est une parole par laquelle nous reconnaissons que Dieu est la source de tout bien, lui le Saint, le Béni. En prononçant une bénédiction, nous prouvons notre gratitude pour les biens qu'il nous donne: « Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes... Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes... »

Le bien suprême dont nous a gratifiés le Père est son Fils Jésus: « Oui, il nous est bon de te rendre grâce et de te bénir, car, à la parole de ton Fils annonçant l'Évangile du salut, tu as rassemblé ton Église de tous pays, de toutes langues et toutes cultures... » (Prière eucharistique pour les circonstances particulières).

Le mot « bénédiction » s'emploie aussi lorsqu'on demande à Dieu de bénir – de dire du bien sur – une personne ou un objet. Sait-on suffisamment qu'il existe dans l'Église un Livre des Bénédictions
paru en 1984 et qui contient d'admirables prières? Son index alphabétique est volumineux (deux cents références environ) et apparemment disparate (abeilles, images, voitures, catéchistes, orgues, fiancés...). En fait, tout cela est donné pour la vie de l'homme, créé à l'image de Dieu, à qui le croyant demande sa grâce.

Certains s'étonnent qu'à l'occasion de la bénédiction d'une médaille la prière demande à Dieu de bénir la personne qui la porte et non l'objet lui-même. Mais, aux yeux de Dieu, qu'est-ce qui est le plus important: l'image de son Fils en croix, même sous forme d'œuvre d'art, ou l'homme vivant créé à l'image de Dieu et à sa ressemblance?

Il existe aussi de nombreuses coutumes locales comme de placer du buis béni le jour des rameaux dans divers endroits de la maison. Là aussi, le plus important n'est pas un rameau protecteur, mais notre confiance en ce Père qui nous libère du péché et nous fortifie dans les épreuves. Pour l'Église, le rameau béni est signe de la victoire du Christ sur les ténèbres du mal.

Vraiment il est juste et bon de bénir Dieu en tout temps pour les dons qu'il nous fait, sachant que lui, le premier, nous bénit et qu'il nous a bénis de manière unique et définitive en envoyant dans le monde son Fils Jésus le Christ.

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19. Le prénom chrétien est-il encore obligatoire?

Tout d'abord, voici ce que l'Église dit aux parents pour le choix du prénom de leur enfant. Elle commence, bien sûr, par les inviter à choisir le nom d'un saint ou d'une sainte.
Le prénom est la marque que Dieu appose sur celui qu'il aime. Cependant, parce qu'elle est une mère accueillante, l'Église demande aux parents qui optent pour un autre prénom de donner à l'enfant au moins un prénom chrétien, lequel ne sera pas nécessairement le premier prénom.
Mais qu'est-ce qui pousse les parents à choisir des prénoms inattendus, voire incongrus? Les motivations sont diverses: la mode, la notoriété d'un personnage contemporain, la séduction d'un acteur de télévision...
Certes, on entend bien de temps à autre un prénom comme Valentin, mais on doute que les parents l'aient choisi pour l'amour du soldat martyrisé en 270 sur la voie Flaminienne.
L'Église serait-elle rabat-joie? Non. Elle n'ignore pas que le choix d'un prénom résulte de considérations qui varient selon les familles, les époques, les usages régionaux. Déjà dans la famille de Jean-Baptiste, certains se scandalisaient qu'on donne à l'enfant un nom qui n'avait jamais été porté par les aïeux. Pour autant, on peut regretter qu'on ne cherche pas plus souvent aujourd'hui le parrainage d'un saint patron.
Le baptême n'arrache pas l'enfant à sa famille. Mais, du sein de sa famille, il l'introduit dans la communion universelle des frères et sœurs du Christ.
Aussi, le baptisé n'est-il plus seulement l'enfant d'un tel et d'une telle, selon sa fiche d'état civil. Devenu membre du peuple sauvé, il reçoit une parenté infiniment plus large. Il fait partie de cette multitude dont chacun est marqué du sceau du Christ.
L'usage de donner un nom de baptême manifeste , à sa manière, cette entrée dans la famille des chrétiens. On choisit le nom d'un aîné, d'une aînée dans la foi, parmi celles et ceux que l'Église considère comme des modèles. Le baptisé verra, dans son saint patron, un protecteur, un guide, un frère ou une sœur qui lui fait découvrir à sa manière la route du Christ.
On dira que, dans le choix du prénom d'un enfant, rares sont aujourd'hui les parents qui tiennent un tel raisonnement. Sans doute! Mais ce n'est pas rien que d'ajouter à son nom celui d'un témoin exemplaire de la vie évangélique, d'un confesseur de la foi, d'un Apôtre ou ... de Marie.
Peut-on laisser périr cet usage sous le prétexte que nous avons été évangélisés depuis fort longtemps?
On peut comprendre que, dans une société pluraliste, les familles se dégagent de plus d'une pratique qui fait partie de l'héritage chrétien. Mais n'est-ce pas là précisément une raison de la revitaliser? Peut-être allons-nous vers une époque où s'appeler Pierre ou Paul, Claire ou Catherine, Michel ou Raphaël, dira de nouveau quelque chose d'original et de fort.

18.Comment un sacrement est-il efficace?

On peut demander et recevoir un sacrement de deux manières différentes. La première démarche – peut-être la plus spontanée et la plus naturelle – est celle du croyant qui, comme tout homme, aspire à une vie de bonheur et qui sait que Dieu a le secret du bonheur. Il va donc se tourner vers lui et lui demander le don du bonheur, par exemple dans le sacrement du mariage.

La deuxième démarche est celle du croyant qui, tout en sachant que Dieu a le secret du bonheur, n'oublie pas que Dieu n'est pas à confondre avec un distributeur automatique et qu'il invite ses enfants à prendre leur destinée en main. Ce croyant-là aussi se tournera vers Dieu et lui demandera le don du bonheur; mais il entendra Dieu qui le renverra à lui-même et lui demandera de coopérer à sa grâce.

Vient alors l'objection souvent entendue: si le sacrement ne m'apporte pas l'aide concrète que je demande à Dieu, s'il n'est pas efficace, à quoi sert-il?

L'exemple de la rencontre entre êtres va nous éclairer. Qui d'entre nous, dans son existence, n'a jamais rencontré quelqu'un qui, par son charisme, sa force d'âme, son regard à nul autre pareil, a provoqué en lui un ébranlement, quelqu'un qui a littéralement bouleversé sa manière d'être et d'agir? C'est dans ce sens que le sacrement peut être dit efficace.

Il ne sera jamais efficace s'il est considéré comme le dépannage ou le coup de pouce dont me gratifie Dieu en réponse à ma requête. Ce n'est pas parce que Dieu est tout-puissant que je suis en droit de lui demander de régler mes problèmes à ma place. Dieu veut les hommes libres et responsables. Jamais il ne se substitue à eux.

En revanche, le sacrement sera efficace si, dans les gestes et les paroles du sacrement, je suis disposé à rencontrer le Seigneur et à laisser son Esprit changer mon cœur et mon regard, car alors sa grâce m'inonde et transfigure tout ce que j'entreprends. Le Seigneur vivra en moi parce que je le veux et que lui le veut.

« Je suis croyant, mais pas pratiquant... » Cette affirmation fréquente – à laquelle on ajoute parfois: « L'important est de pratiquer la charité... On peut fort bien prier à la maison... » - s'en tient au seul registre du «  croire en Dieu ». Or le Dieu que nous rencontrons dans les sacrements est le Dieu de Jésus-Christ: Père, fils et Esprit. Ce qui rend efficace la « pratique », c'est l'adhésion du croyant au Christ, source de vie et de bonheur, et à l'Église, Corps du Christ dans et à travers lequel il agit. Si cette double adhésion n'est pas profondément ancrée dans le cœur du fidèle, le sacrement est dépourvu de sens.

Célébrer un sacrement, en particulier L'Eucharistie, c'est nous attacher par toutes les fibres de notre être au Père des cieux et tendre l'oreille à la Parole de guérison de son Fils: « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos » (Mt11,28); « Ta foi t'a sauvé; va en paix et sois guéri de ton mal » (Mc5,34); « Je le veux, sois purifié » (Lc5,13).


17. A quoi sert une équipe liturgique?

A première vue, une équipe liturgique est superflue. Tout ce qu'il faut savoir et faire pour qu'un Baptême soit un Baptême et pour qu'une Eucharistie soit une Eucharistie n'est-il pas consigné dans le rituel du baptême ou dans le Missel romain?

Il convient ici de distinguer la Tradition et les traditions. Fondée sur l'événement de la mort-résurrection du Christ, la Tradition chrétienne se donne pour mission de rendre cet événement présent et agissant pour ceux et celles qui, aujourd'hui, se réclament du Christ. D'où sa référence permanente au passé (l'événement pascal), au présent (dans et par l'Église, la mort-résurrection du Christ est déjà source de vie et de bonheur ) et à l'avenir (les chrétiens attendent que le règne de Dieu soit manifesté dans sa plénitude au « Jour du Seigneur »).

Or, ce trésor de la foi a été transmis de siècle en siècle par une Église qui, à intervalles réguliers, a été confrontée à des situations nouvelles et conduite, de ce fait, à forger des langages nouveaux. Ainsi, les contours de la Tradition fondatrice ont été approfondis et des formes renouvelées ont vu le jour. De ces effervescences, dont certaines ont été hautement créatrices, la liturgie n'a cessé d'être un des lieux de prédilection.

Ce qui explique qu'il faut bien distinguer la Tradition, à laquelle on ne peut toucher sans mettre en cause l'identité chrétienne, et les traditions, qui sont nées au fil des époques et peuvent être reconsidérées, voire abandonnées. La liturgie, dit la Constitution sur la sainte liturgie au n° 21, « comporte une partie immuable, celle qui est d' institution divine, et des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent. »

On le voit, la liturgie a une aptitude naturelle à susciter la création tout en respectant la Tradition. Sans se lasser, elle porte le souci de favoriser la foi et l'espérance ici et maintenant afin que le fidèle puisse être un priant actif, intérieurement et extérieurement.

Ce souci permanent doit être aussi, à son niveau, celui de l'équipe liturgique. Non pas qu'il s'agisse d'innover sans cesse et pour le plaisir. La liturgie au quotidien n'a besoin ni d'ajouts ni d'inventions, mais de mises en œuvre qui permettent aux gestes et aux signes de manifester leur capacité inépuisable de sens. L'Eucharistie est célébrée chaque jour avec les mêmes paroles et les mêmes rites, mais, qu'on le veuille ou non, l'observance de ces paroles et de ces rites portera inévitablement l'estampille de ceux qui célèbrent.

Mieux encore: elle la portera d'autant plus et d'autant mieux que les célébrants sauront imprimer leur propre histoire et leur propre marque à des paroles et à des rites intangibles. Du coup, ils ne se demanderont plus : « Est-ce permis, est-ce défendu? », mais bien plutôt: « Comment ici et maintenant allons-nous mettre en œuvre cette liturgie pour qu'elle soit véritablement signifiante pour notre assemblée? »

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16. Pourquoi les sacrements?

Qui n'a jamais envié, en secret, les douze disciples qui cheminaient aux côtés de Jésus, qui pouvaient le voir, l'écouter, le questionner? Il y a pourtant un récit de Luc qui doit, non seulement refréner cette envie, mais y couper court: c'est le récit des deux pèlerins d'Emmaüs (Lc24,13-35).

En effet, ce texte raconte la rencontre du Ressuscité avec deux de ses disciples qui retournent de Jérusalem à Emmaüs et s'interrogent sur ce qu'ils viennent de vivre. Jésus les rejoint, fait route avec eux, leur explique les Écritures, mais eux ne semblent pas mieux comprendre l'événement qui vient de se produire. Ils le voient, l'entendent, mais ce n'est que lorsqu'il bénit et rompt le pain qu'ils le reconnaissent. Qu'est-ce à dire? Tout simplement, que les disciples eux-mêmes n'ont pas eu plus de facilité que nous n'en avons aujourd'hui à reconnaître le Ressuscité. Pour que leur intelligence et leur cœur s'ouvrent, ils ont eu besoin d'un signe fort, le geste de la fraction du pain.

Toute la tradition biblique atteste que Dieu, même s'il s'adresse aux hommes et aux femmes dans le secret de leur conscience, demeure l'inatteignable: « Dieu, personne ne l'a jamais vu » (Jn1,18). On n'a pas d'accès direct et immédiat au Dieu vivant.

Parce qu'en son Fils Dieu a pris le chemin de la médiation humaine pour communiquer avec les hommes, la foi chrétienne, qui est foi en Dieu fait homme, n'envisage la relation à Dieu que par des médiations. Or, si nous communiquons entre nous le plus souvent par des signes conventionnels, il arrive aussi que nos relations passent par des signes moins usuels. Lorsque, par exemple, nos mots habituels ne suffisent plus, que faisons-nous? Nous avons recours à la médiation, au moyen de signes et de symboles, du cadeau sans prix que Dieu fait aux hommes: la possibilité de puiser à la source intarissable de son amour.

« Pas besoin de ça pour croire! » peut-on entendre régulièrement. Pourtant, les sacrements ne sont-ils pas ce que la tradition chrétienne a de plus beau à transmettre? Ils lient ensemble Parole de Dieu et gestes symboliques: imposition des mains, plongée, onction... Rien de spectaculaire dans les éléments utilisés: de l'eau, de l'huile, de la lumière, du pain, du vin..., mais les paroles fortes de la foi: « Je te baptise... », « Ceci est mon corps... », « Je te pardonne tous tes péchés... »

Nous ne croyons pas uniquement avec la tête et le cœur, mais avec notre corps et nos sens. Comment mieux dire la traversée pascale à la suite du Christ qu'en plongeant le catéchumène dans l'eau de la nouvelle naissance? Comment mieux dire que nous sommes ensemble le Corps du Christ qu'en mangeant et buvant à la table eucharistique? Les sacrements demandent l'attention de tout notre être et de tout notre corps.

Nous sommes ici dans le domaine de l'insondable de la grâce, que nous n'aurons jamais fini de découvrir. C'est au moment de l'ultime rencontre que nous verrons et que nous saurons. Plus besoin alors de sacrements.

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15. Pourquoi se confesser à un prêtre?

Comment nier que le dialogue direct avec Dieu est non seulement juste et bon, mais indispensable? Que de Psaumes où le croyant, seul à seul avec Dieu, lui ouvre son cœur! Beaucoup diront: « on peut recevoir le pardon de nos péchés par la prière ou par la participation à l'eucharistie. Il faut reconnaître ses pêchés devant Dieu, les regretter et se disposer à recevoir le pardon. On peut dire le "Je confesse à Dieu" et "L'acte de contrition", donc, la confession à un prêtre n'est pas le lieu exclusif du pardon, au début de la messe il y a une préparation pénitentielle ». Alors pourquoi se confesser à un prêtre plutôt qu'à Dieu directement?

La réponse nous vient, explicitement, de l'Évangile. Jésus ne s'est pas contenté d'exhorter les hommes à la pénitence pour qu'ils abandonnent le péché et se tournent vers Dieu de tout leur cœur: il a accueilli les pécheurs pour les réconcilier avec le Père. Mort pour nos péchés, il est ressuscité pour nous rendre justes et il a envoyé l'Esprit-Saint sur les Apôtres pour qu'ils aient le pouvoir de remettre les péchés. Ensuite, l'histoire du salut et la révélation, nous montrent que Dieu veut toujours sauver l'homme par l'homme, raisons de l'élection d'Abraham, de Moïse... du choix des rois et des prophètes, de son Incarnation par la servante Marie, du transfert de son pouvoir et autorité aux Apôtres... à l'Église.

Le sens de la confession est différent, on se confesse à Dieu par le ministère de l'Église.  La confession des péchés est un sacrement. Il y a  dans le sacrement une plus grande efficacité au niveau de l’âme. C’est la "grâce sacramentelle", qui donne force, consolation et courage dans le combat de chaque jour contre le mal et le péché. La confession permet aussi au prêtre de donner d’utiles conseils et d’aider l’évolution de la personneLorsqu'on a commis des fautes graves qui nous ont coupé du Christ, il faut faire une confession de ses péchés et recevoir le sacrement du pardon pour rentrer en pleine communion avec Dieu. Même si l'on n'a commis que des fautes légères, le sacrement est un don de Dieu qui nous offre l'assurance d'être pardonné et la force pour combattre le péché. Il renforce notre union à Dieu et nous remet en route.

Certes, la source du pardon n'est pas l'Église, mais Dieu. Cependant, c'est aux Apôtres, donc à l'Église, que le Christ a confié la mission et le pouvoir de pardonner et de réconcilier en son nom ceux et celles qui se repentent de leur péché et décident de changer l'orientation de leur existence.

Grandeur du sacrement de la réconciliation, qui, selon les termes du Rituel (N° 26), « permet de manière irremplaçable de manifester que le pardon rejoint chacun en ce qu'il a de plus personnel », avec une parole de Dieu adaptée pour lui et la proposition d'un signe de conversion approprié à sa situation.

Ainsi, par ce sacrement s'opèrent plusieurs types de confession: la confession de conversion transforme la vie du pénitent et lui fait prendre conscience d'un changement radical. Elle le renouvelle par l'expérience sensible de la grâce de Dieu. Celui qui se converti peut être saisi brusquement par la grâce ou être conduit à la conversion par étapes. La confession de relèvement après une faute grave rétabli dans la communion avec Dieu. La confession de dévotion ou la confession fréquente. Cette dernière est la confession la plus pratiquée des chrétiens et chrétiennes.

La confession fréquente conduit à un approfondissement de la conscience du péché devant l'amour de Dieu pour nous et nous renforce dans la conviction que l'on fait parti du monde des pécheurs. La confession fréquente est une aide réelle sur le chemin de la sanctification. Le pape Jean Paul II a encouragé les fidèles et les prêtres à la confession fréquente.  Cependant un danger guette la confession fréquente: la routine.

Ceci dit, beaucoup se demandent aussi quelle différence y a-t-il entre l’entretien avec un psychologue et la confession à un prêtre, donc, différence entre la fréquence au divan ou au confessionnal. Ceux-ci ne doivent pas oublier que la confession et la psychanalyse ont des points de convergence : s'exprimer verbalement devant un autre qui écoute. Mais il y a des différences fondamentales. La confession des péchés est un acte religieux dans lequel le sujet reconnaît son péché et demande à être pardonné. La psychanalyse est un travail d'investigation sur soi-même afin de dénouer des problèmes psychiques. Le psy aide la personne à mieux se connaître et à s’assumer. Le prêtre lui montre l’amour de Dieu et sa miséricorde capable, par le pardon, de la guérir de ses faiblesses.

En fait, dans ce sacrement, plutôt que nous confesser, c'est Dieu que nous confessons! Avant de confesser notre péché, nous confessons le Dieu d'amour et de pardon.

Un enfant qui se présentait pour la première fois au sacrement de la réconciliation a impressionné et ému le prêtre parce qu'il ne parlait, en commençant, que des efforts qu'il avait faits et de toutes sortes de choses positives. Remarque du prêtre: « Tout ce que tu dis est très bien, Dieu est heureux! Mais, veux-tu maintenant lui dire ce que tu as pu faire de mal et que tu regrettes? » De la tête, l'enfant a répondu non. Le prêtre a insisté: « Pourquoi ne veux-tu pas? » Et l'enfant de répondre: « Parce que je ne veux pas lui faire de peine. Je préfère lui dire ce que j'ai fait de bien. » Cet enfant, sans le savoir avait compris ce qu'est le sacrement de réconciliation.

Et les divorcés-remariés? L'Église leur demande, comme pour l'Eucharistie, de se tenir à l'écart du sacrement de la réconciliation. Rappelons ici qu'il existe d'autres manières de se réconcilier avec Dieu et avec les frères et sœurs: faire un pèlerinage, demander son pardon à une personne qu'on a pu blesser gravement, réparer matériellement une injustice dont on s'est rendu coupable.

Le Père voit ce que nous faisons en secret, son cœur est miséricordieux, il se réjouit plus pour un seul pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion (Lc15,7). Pour jouir de cette infinie miséricorde de Dieu, osons fréquenter le confessionnal, loin d'en mourir, beaucoup de personnes y reviennent guéries, réconfortées et joyeuses.

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14. Quelle place nos cinq sens doivent-ils avoir dans une célébration?

Une critique parfois émise à l'encontre de la réforme liturgique de Vatican II est qu'elle aurait provoqué un appauvrissement corporel au profit d'une logorrhée intellectualiste. Au-delà de l'exagération du propos, il y a ce constat difficile à nier: nos célébrations, trop souvent, sont tellement orientées vers la compréhension intellectuelle qu'elles ont la fâcheuse tendance à négliger le corps des fidèles et ses cinq sens: l'ouïe, la vue, le toucher, le goût et l'odorat.

Les cinq sens, eux aussi, attendent que la liturgie les prenne en compte et les sollicite:

  1. La vie: Lorsqu'on pénètre dans une église, que donne-t-elle à voir d'abord: l'autel, l'ambon, le siège de présidence, ou bien une montagne de fleurs qui occultent plus qu'elles n'offrent ou ne rendent grâce? Et les acteurs qui interviennent dans le chœur, comment sont-ils vus par les fidèles: comme des automates qui s'acquittent tant bien que mal de leur fonction, ou bien comme des serviteurs de l'assemblée qui lui permettent, de l'accueil jusqu'à l'envoi, de se tenir en communion dans un même Esprit?

  2. L'ouïe: Le lecteur qui proclame la Parole de Dieu à l'ambon, quelle conscience a-t-il de son rôle: est-il soucieux de sa propre voix et de son propre souffle, ou bien a-t-il conscience que cette Parole vient de plus loin que lui et qu'elle doit toucher les auditeurs? Ceux et celles qui disent les intentions de la prière universelle, avec quelle intonation les disent-ils: avec l'intonation d'un lecteur qui lit paresseusement le texte d'une revue, ou bien avec l'intonation de quelqu'un qui, dans la foi, nomme les souffrances et les espoirs des hommes pour les présenter à Dieu?

  3. Le toucher: Le prêtre qui, au seuil de la liturgie, invite au signe de la croix, comment le trace-t-il sur lui-même: mécaniquement et avec précipitation, ou bien lentement et amplement? La paix avant la communion, comment les fidèles se la donnent-ils: en un geste furtif qui ressemble à la poignée de main de la rue ou bien en tendant les deux mains ou encore en se donnant l'accolade?

  4. Le goût: Les hosties de la communion, quel goût ont-elles: un goût de papier cartonné, ou bien un goût de pain?

  5. L'odorat: L'encensement du pain et du vin, des ministres et du peuple, quel est son effet: ne voit-on qu'une maigre fumée qui monte devant la face de Dieu comme la prière monte vers Lui, ou bien l'encensement est-il suffisamment généreux pour que la fumée touche les narines des fidèles?


Ces remarques, au fond, renvoient à une question plus fondamentale qui est celle de la vérité en liturgie. La lumière éclaire-t-elle? Ce qui est dit est-il compréhensible? La paix est-elle donnée plus qu'avec des mots? Le pain est-il du pain? L'encens imprègne-t-il l'espace de son parfum?

Dans une célébration, il ne suffit pas que tout soit accompli conformément aux rubriques. Il faut encore que la liturgie soit vraie.


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13.Les chants sont-ils indispensables à une célébration?

Voici un texte étonnant qui est, sans doute, la meilleure réponse à la question posée: « Tu n'as pas besoin de notre louange, et pourtant c'est toi qui nous inspires de te rendre grâce: nos chants n'ajoutent rien à ce que tu es, mais ils nous rapprochent de toi par le Christ, notre Seigneur. »

Ce texte, extrait de la 4ème préface commune du Missel romain, dit l'essentiel: notre louange, bien qu'il n'en ait pas besoin, c'est Dieu qui nous l'inspire; nos chants, qui ne rendent Dieu ni plus saint ni plus puissant, élèvent notre cœur vers lui et stimulent notre action de grâce. Mais, il y a chant et chant, tout particulièrement dans le cadre de la messe.

Tout d'abord, la célébration eucharistique comporte des actes rituels qui sont, par nature, des chants et réclament donc d'être chantés. C'est le cas, en particulier, de l'acclamation: Saint!Saint!Saint, le Seigneur, qui est le chant le plus important de la liturgie, le chant de l'assemblée qui, avec les anges et les saints du ciel, proclame la sainteté du Dieu de l'univers. Dans cette catégorie figure également le Gloire à Dieu, qui est fondamentalement une hymne à chanter. Autant le Gloire à Dieu est défiguré lorsqu'une assemblée molle et apathique le récite mécaniquement, autant il est puissant et facteur d'unité dans la bouche des baptisés qui chantent d'un seul cœur.

Par ailleurs, la messe comporte des actes qui demandent à être accompagnés de chants. Ainsi, le chant de l'Alléluia qui précède la proclamation de l'Évangile et dont la fonction est d'accompagner la procession de l'Évangile. Dans ce registre figurent aussi: le chant de l'Agneau de Dieu qui accompagne et éclaire le geste de la fraction du pain, ce qui suppose que ce rite ait une réelle consistance; les chants de procession qui accompagnent l'entrée, l'apport des dons et la communion.

Enfin, la célébration de la messe comporte des textes qui, de par leur genre littéraire, demandent à être chantés: le Psaume, la Préface, l'anamnèse, mais à être chantés dans le respect de la nature de la prière. Une supplication n'appelle pas le même type de musique qu'une louange ou une acclamation.

A propos des autres chants liturgiques, en particulier le chant d'ouverture, le chant après la communion et le chant d'envoi, il importe de se demander s'ils conviennent à la liturgie. Tel chant à succès entendu lors d'un grand rassemblement n'est pas forcément un chant liturgique.

D'une manière générale, lorsqu'on bâtit un répertoire de chants, et il vaut mieux le bâtir en équipe, il faut tenir compte de la réception des chants par l'assemblée concrète qui sera conviée à se les approprier.

De manière plus générale encore, la gestion des chants nécessite un équilibre entre les chants plus anciens (car la mémoire sert l'expression de la foi) et des chants plus récents: introduire un chant nouveau tous les deux ou trois dimanches mène à une impasse, pour dire que trop de nouveautés tuent la nouveauté.

Somme toute, la messe étant la prière par excellence, elle le deviendrait doublement quand elle est bien chantée car comme le dit Saint Augustin, « Qui chante bien, prie deux fois ».


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Question et réponse n° 12.

Que disent certaines de nos attitudes dans la prière?

Notre corps, journellement, prend de multiples attitudes: debout, assis, courbé, couché... Ces attitudes sont, la plupart du temps, machinales; elles échappent à notre attention. Parfois, nous les chargeons de sens: on se tient debout devant quelqu'un qu'on veut honorer, on prend la peine de s'asseoir en face d'un ami qu'on veut écouter... Dans ce cas, l'attitude du corps devient un signe.
Pas de liturgie qui serait un rassemblement purement spirituel. Pas de participation des fidèles sans certaines attitudes du corps appelées à devenir des signes.
L'attitude assise est signe d'écoute, de silence, d'accueil, de contemplation. L'attitude debout est signe d'espérance, de résurrection, de réponse joyeuse. L'attitude prosternée est signe de misère, d'épreuve, d'humilité, de renoncement. L'attitude agenouillée est signe de demande, de supplication, d'aveu de dépendance, d'intercession. On pourrait en dire autant de la danse, de la position des mains et des mouvements de la tête et des yeux.
La liturgie nous prend avec notre corps parce que c'est avec notre corps que nous sommes présents à Dieu, aux autres, au monde. Le corps à la fois précède, sous-tend et prolonge la parole, quand tout bonnement on ne le sollicite pas pour la suppléer: là où la parole s'arrête, le corps parle encore, fût-ce dans une présence inerte et silencieuse. La prière, pour être une prière « en esprit et en vérité »(Jn4,24), doit saisir tout l'être de celui qui prie. « Offrez vos corps, écrit Paul aux chrétiens de Rome, en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu » (Rm12,1). Non, pas le corps en tant que distinct de l'âme, mais l'homme tout entier agissant dans et par son corps, qui est le lieu nécessaire de sa vie relationnelle.
« Les attitudes communes à observer par tous les participants, peut-on lire au n° 42 de la Présentation générale du Missel romain, sont un signe de l'unité des membres de la communauté chrétienne rassemblée dans la sainte liturgie; en effet, elles expriment et développent l'esprit et la sensibilité des participants. » Encore faut-il que ces attitudes communes soient belles: on peut être vautré sur sa chaise, par exemple, et oublier qu'être assis est l'une des attitudes de foi dans une liturgie.

Cela dit, il faut reconnaître que la réforme liturgique de Vatican II a bouleversé des habitudes séculaires de piété durant les célébrations. S'incliner pour l'adoration, s'asseoir pour écouter la Parole de Dieu, se tenir debout pour la prière eucharistique, tourner les mains vers le Père pour la prière du Seigneur, tout cela reprend sens, mais reste, pour une large part, un univers à redécouvrir, en particulier par les adultes qui ont reçu une éducation religieuse où le corps, excepté s'agenouiller et joindre les doigts des mains, n'était guère sollicité dans la prière et qu'il faut éviter de braquer en leur imposant telle ou telle posture qui leur fera dire: « ça m'a empêché de prier! »


Question et réponse n° 11.

11.En quoi une célébration peut-elle être belle?

Comme est belle cette procession d'enfants handicapés qui apportent à l'autel les offrandes du peuple de Dieu! Comme est belle cette exhibition chantante et dansante des jeunes filles et jeunes garçons en procession et autour de l'autel! Comme est belle cette marée d'applaudissements d'une foule heureuse d'entourer un nouveau prêtre le jour de son ordination!
Ces exemples, sans rapport les uns avec les autres, montrent qu'il est difficile de dire en quoi et pourquoi une célébration, à tel ou tel moment, est plus ou moins belle. Nous disons simplement: « C'est beau. » Essayons, néanmoins, de voir à quelles conditions une liturgie pourra être dite belle.
Une liturgie pourra être dite belle si elle reflète la beauté de Dieu-Trinité: le Père, créateur des merveilles de l'univers; le Fils, qui porte à la perfection la beauté de l'être humain; l'Esprit-Saint, source de dynamisme et de créativité.

Une liturgie pourra aussi être dite belle si son visage rayonne des mille visages du Christ: visage de l'enfant de la crèche, humble et vulnérable; visage de l'homme de la Palestine sur lequel se reflètent les peines et les joies de ses frères et sœurs; visage transfiguré du Fils bien-aimé sur la montagne; visage torturé et angoissé du suppliant de Gethémani; visage violenté et outragé du Crucifié; visage apaisé et illuminé du Ressuscité.

Une liturgie pourra enfin être dite belle si elle sait cultiver, sans tomber dans les ornières du ritualisme, l'art de célébrer en favorisant tout ce qui pourra ouvrir au sacré: la vérité des attitudes et des gestes, l'éclat des vêtements liturgiques, l'harmonie du chœur.

En somme, sera beau, dans une célébration, ce qui fait sens et, par conséquent, ce qui est ajusté à la liturgie:

  • si la souche disposée avec art près du livre de la Parole durant le Carême est toujours là durant la Veillée pascale, elle fera office de repoussoir; en revanche, si à la même place apparaît une magnifique composition florale, le livre de la Parole recevra l'hommage qui lui est dû en la nuit de la résurrection;

  • si le jeu envahissant d'un grand orgue ne cesse de s'imposer tout au long d'une liturgie, il nuira à la dynamique de la célébration, qui est faite d'avancées et de pauses; en revanche, une modeste flûte à bec, intervenant de temps à autre, sera à même de créer un vrai climat de recueillement.

On le voit, la beauté en liturgie peut jaillir d'un déploiement rituel majestueux aussi bien que de gestes simples et sobres. Un exemple éloquent est celui de la proclamation de l'Évangile. D'une part, il est évident qu'un vrai Évangéliaire, élégant et de grand format, sera plus digne de la Parole de Dieu qu'une revue ou qu'une feuille volante; d'autre part, il n'est pas moins évident que cet Évangéliaire porté dans la procession d'entrée par un diacre en habit de fête valorisera autrement la Bonne Nouvelle que le lectionnaire déposé sur l'ambon par le sacristain avant le début de la célébration.

La clé de la beauté en liturgie réside dans la « noble simplicité » que prône le Concile.


Question et réponse n° 10.

Quels sont les rôles que suppose une célébration?

Avant Vatican II, la liturgie et spécialement la messe était l'affaire du prêtre et de quelques clercs qui l'assistaient. Depuis bientôt un demi-siècle, de nombreuses personnes (certaines ordonnées, d'autres instituées, d'autres encore désignées) remplissent des rôles divers, toujours dans le respect de cette règle d'or énoncée par le Concile au n° 28 de la Constitution sur la liturgie : « dans l'assemblée chacun doit faire tout ce qui lui revient, mais cela seulement! »

Le premier des services liturgiques est celui de la Parole de Dieu. Le rôle du lecteur est si important que les livres liturgiques prévoient l'institution du lecteur comme ministre de la Parole; le psalmiste qui n'est pas forcément le chantre, cantille le psaume à l'aide de quelques notes qui mettent en valeur l'ossature poétique du texte; le prédicateur rompt le pain de la Parole de telle manière qu'elle devienne efficace dans la vie des auditeurs.

Un autre service liturgique est celui de la prière. Tantôt, c'est un seul qui parle: par exemple, pour proclamer les intentions de la prière universelle; tantôt tous parlent ou chantent et les interventions du peuple ont alors besoin de facilitateurs: par exemple, le chantre, qui conduira la prière chantée de l'assemblée, ou encore la chorale, qui soutiendra au mieux le chant de l'assemblée et qui se rappellera toujours qu'elle fait partie intégrante de l'assemblée, ou encore l'organiste, qui est serviteur à part entière du peuple qui chante.

Un autre service liturgique est celui des rites, qui fait appel à de nombreux rôles, dont voici les principaux:

1.Le président (qu'on appelle l'officiant s'il s'agit d'un laïc, par exemple lors des funérailles): il représente le Christ berger qui rassemble et guide son troupeau; là où c'est possible, il est assisté du diacre ou encore de l'acolyte, qui, comme le lecteur, peut être institué par l'évêque; il peut encore être entouré de servants d'autel qui, non seulement accomplissent de multiples tâches pratiques, mais donneront à voir ce qu'est une authentique attitude de prière.

2.Le cérémoniaire: sauf dans de petites assemblées, il fait fonction de coordinateur; en somme, il veille au bon déroulement des différentes séquences de la célébration, si bien que puisse être cultivé toujours davantage l'art de célébrer.

3.Le sacristain: il assure le rôle non négligeable de la maintenance, qu'il s'agisse de vérifier si la sono est correctement réglée ou si le lectionnaire est ouvert à la bonne page.

4.L'équipe liturgique: loin d'être d'abord ceux qui établissent le programme des chants et rédigent les intentions de la prière universelle, ses membres ont pour tâche cruciale d'échanger régulièrement sur la justesse des célébrations et sur les attentes des fidèles.

La liturgie est multiforme et son organisation dépend d'une paroisse à une autre , ses acteurs sont variés et partagent des tâches différemment selon les paroisses, mais à chaque célébration elle invite les uns et les autres à marcher du même pas vers la communion à venir.

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Question et réponse n° 9.

Peut-il y avoir de célébration sans assemblée?


La célébration d'une messe, d'un baptême, d'un mariage, de la Parole ...présuppose toujours des personnes concrètes, concernées et actives. Pour dire qu'une célébration ne peut exister en dehors de celles et ceux qui y participent et qui constituent l'Église en prière.

Ici, le mot « Église » est riche d'enseignements: il vient, en effet, du grec 'ekklèsia', qui signifie 'assemblée', plus précisément « assemblée appelée et convoquée » par Dieu. Il s'agit d'une assemblée liturgique, les membres d'une communauté chrétienne locale, le peuple de la Nouvelle Alliance, c'est-à-dire l'Église universelle, même si ces membres ne sont pas tous présents dans cette assemblée.

Constitutive de toute liturgie, l'assemblée est aussi le premier acteur de toute liturgie parce que, suivant l'étymologie grecque du mot, la liturgie signifie « action du peuple », le service public: un service que le Christ Serviteur rend au peuple de Dieu et que le peuple saint rend à son Dieu.

Intéressante est la manière dont cette assemblée se forme. Jamais ne se formant à partir d'opinions communes, elle se reçoit du Seigneur qui la convoque et assure sa communion, pour finalement dire que naturellement, elle est un peuple composé de saints et de pécheurs, c'est-à-dire appelé à accueillir la grâce de Dieu et cependant marqué par le péché qui affecte chacun des participants. C'est pour cela que l'assemblée liturgique ne peut être une Église de purs et qu'il doit y avoir place, chez elle, pour tous ceux qui acceptent d'entendre l'appel du Christ.

Cette diversité est un facteur auquel il faut être particulièrement attentif aujourd'hui. Pratiquants réguliers ou épisodiques, baptisés retrouvant l'assemblée après un temps d'éloignement, croyants ou non-croyants: tous doivent se sentir accueillis. Cette indispensable attention à tous et à chacun a deux conséquences pratiques: d'une part, il vaut mieux éviter les expressions liturgiques trop particulières, réservées à des initiés, qui risquent de déconcerter une majorité de fidèles; d'autres part, il faut essayer de faire en sorte que chaque membre de l'assemblée puisse vraiment participer et s'exprimer. Chaque assemblée a son visage propre et ce visage doit être rayonnant de la grâce du Seigneur.

Ceci dit, pas de célébration sans assemblée, et pas d'assemblée sans appel ni convocation. Pas d'assemblée non plus sans envoi. On ne peut jamais s'installer dans un paradis anticipé. Tout sacrement projette en avant. Toute liturgie est une halte sur le chemin pour reprendre souffle et orientation.

Dans nos assemblées, le chant le plus sonore devrait toujours être le cri des premiers chrétiens: « Maranatha! Viens, Seigneur Jésus! » (1Co16,22). Car sans l'attente fervente de la venue du monde nouveau et de l'achèvement final, nos célébrations n'auraient aucun sens, parce que vides et ne conduisant nulle part.

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Question et réponse n° 8.

Comment se déroule habituellement une célébration?
Toute célébration, qu'il s'agisse d'une célébration sacramentelle, d'une célébration pénitentielle ou d'une célébration de la Parole, suit un chemin qui doit imprimer un rythme aux gestes et aux signes prévus par les rituels de l'Église. Ce chemin comporte, en général,
sept balises:
1.L'ouverture: L'assemblée se constitue et prend corps par un chant, un geste ou une parole dite par l'officiant.
2.La prière: Dans la prière qui conclut le temps de l'ouverture et que dit l'officiant, les fidèles confient au Père, par le Fils, dans l'Esprit, leurs espoirs comme leurs préoccupations et s'ouvrent à la grâce de Dieu en disant « Amen ».
3.La proclamation de la Parole: Indispensable pour qu'une liturgie puisse être dite chrétienne, souvent contrariante, la Parole interpelle les fidèles et les fait sortir d'eux-mêmes pour les confronter à 'Celui dont les pensées ne sont pas nos pensées et dont les chemins ne sont pas nos chemins' (Is55,8).
4.L'appropriation de la Parole: Par le silence, le partage ou l'homélie de l'officiant, par la poésie ou le chant, par des images ou des danses, la Parole de Dieu pénètre le cœur des fidèles jusqu'à devenir leur propre parole.
5.L'action de grâce et l'intercession: En réponse à la Parole reçue et méditée, l'assemblée rend grâce au Père pour ses largesses et le supplie pour tous ses enfants par les prières de la liturgie, par des prières écrites à l'avance par les fidèles ou encore par des prières exprimées spontanément à l'incitation de l'officiant.
6.La communion: L'action de grâce et l'intercession conduisent à la prière par excellence, le Notre Père, et à un acte commun: un geste de paix, le partage du Corps et du Sang, l'échange convivial d'objets symboliques...
7.L'envoi: Dite par l'officiant, la formule de l'envoi marque la fin de la liturgie à l'église et le commencement d'une nouvelle liturgie, celle qui doit imprégner la vie des fidèles en les faisant devenir autres à la gloire de Celui qui les avait convoqués.
On peut observer que ce chemin est structuré par quatre temps principaux: le temps de l'accueil (1 et 2); le temps de la Parole (3 et 4); le temps des signes (5 et 6); et le temps de la mission (7).
Ceux qui préparent une liturgie ne partent jamais de rien. Depuis des siècles, des structures se sont imposées qui sous-tendent une célébration et en organisent la trame. On pourrait dire qu'à l'instar de la fête profane, la liturgie de l'Église a ses passages obligés.
Et pourtant, chaque célébration revêt un cachet particulier. Aucun baptême ne ressemblera à un autre, aucune messe ne répétera celle qui a précédé: les acteurs, les lieux et les temps ne sont jamais identiques. A chaque fois, la structure réclame une mise en œuvre qui corresponde à l'originalité de l'assemblée.
Ainsi, les fidèles sont construits par la liturgie en même temps qu'ils sont conviés à la construire.

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Question et réponse n° 7.

Que veut dire « célébrer »?

Les six premières réponses nous ont permis de connaître les éléments importants qui composent la célébration liturgique. Avant d'entamer les règles qui régissent cette célébration, il faut que nous ayons un vrai sens de ce mot 'célébration', qui vient du verbe 'célébrer'.
Selon les dictionnaires, le verbe « célébrer » est habituellement transitif: on célèbre, on accomplit avec solennité, un mariage, 
un anniversaire, une promotion ... De même, les chrétiens célèbrent un baptême, l'Eucharistie, les funérailles ...
Par ailleurs, qu'elle soit profane ou chrétienne, la célébration a pour caractéristique première d'être l'action de plusieurs personnes réunies à une occasion précise et dans un contexte festif.
L'originalité de la célébration chrétienne réside dans le fait que c'est toujours le Christ qui convoque les baptisés et que c'est l'assemblée tout entière qui est l'acteur de la célébration « le sujet intégral de l'action liturgique », selon la formule célèbre du cardinal Congar
En venant à une célébration, les chrétiens répondent à un appel du Ressuscité, prennent du temps pour réaffirmer leur foi en Dieu Trinité et se nourrissent du Verbe fait chair par un temps fort de communion avec Lui.
Mais comment célèbre-t-on? Tout ce que met en jeu une célébration relève de réalités invisibles: la foi ne se voit pas, l'action de grâce ne se voit pas, la communion ne se voit pas ...Ces réalités invisibles ont besoin d'attitudes et de gestes pour prendre corps: on verra une assemblée qui proclame sa foi en chantant le Credo; on verra une assemblée qui rend grâce en s'unissant à la prière eucharistique prononcée par le prêtre; on verra une assemblée qui proclame son unité en communiant au même pain.
Ces attitudes et ces gestes n'ont donc pas d'utilité en eux-mêmes, pour eux-mêmes, par eux-mêmes, mais ils renvoient à plus qu'eux, à ces réalités invisibles qui leur donnent sens. Les attitudes et les gestes d'une célébration sont appelés symboliques.
Ainsi, conduire une voiture est un geste certainement utile et qui doit même être précis et contrôlé; ce n'est pas, pour autant, un geste symbolique. En revanche, tracer sur soi le signe de la croix est a priori un geste parfaitement inutile; c'est un geste symbolique si, en le faisant, le croyant dit sa foi en la Trinité révélée par Jésus sur la croix.
La célébration chrétienne ne peut se passer d'attitudes et de gestes qu'on appelle symboliques parce que ce sont eux qui permettent de rendre visible l'invisible.
On remarquera que la plupart de ces attitudes et de ces gestes ne sont pas étrangers à la vie quotidienne. La célébration, toutefois, ne les laisse pas à leur sens courant: on ne mange pas le pain pour calmer sa faim, l'eau du baptême n'a pas pour but de nettoyer. 
La célébration ne les laisse même pas à leur sens symbolique de tous les jours: on ne partage pas le pain simplement pour signifier l'amitié; on ne verse pas l'eau simplement pour signifier la purification. Ces deux dimensions (le sens courant, le sens symbolique), 
la célébration les dépasse en accompagnant les attitudes et les gestes de paroles spéciales: « Le Corps du Christ » lors de la communion; « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » lors du baptême.
Attitudes,gestes et paroles nous conduisent au-delà de l'humain et nous ouvrent à Dieu. Voilà pourquoi ces éléments doivent être humainement vrais, sans quoi ils resteront en chemin et ne conduiront jamais au-delà d'eux-mêmes.


Question et réponse n°6.

Pourquoi l'eau a-t-elle une une grande importance en liturgie?

François d'Assise l'a chantée en une prière célèbre: « Notre  soeur l'eau, très utile, humble, précieuse et pure ... »
Compagne de toutes les heures d'une journée, l'eau sert à purifier, à féconder: elle lave les souillures ,elle étanche la soif. 
Pour la nomade du désert, elle est une source de vie dont il comprend tout le prix, car, sous son apparente simplicité, elle développe la vie et ses énergies. C'est pourquoi elle est le signe de la bénédiction de Dieu et image des biens messianiques, en particulier de l'Esprit-Saint, le don par excellence.
A l'inverse, l'eau peut être une force redoutable, chaotique, capable de tout détruire: elle rompt les barrages, elle inonde les villes et les campagnes et occasionne des pertes humaines et matérielles, comme c'est le cas ces derniers jours. 
Pour le peuple juif, qui n'avait pas le pied marin, la mer était une force nuisible et terrifiante, l'abîme où séjournaient des monstres démoniaques. Dans le récit du déluge, par exemple, l'eau est l'instrument de la colère divine pour purifier la terre de son mal. Si elle vient à manquer, l'eau est cause de sécheresse mortelle, un fléau qui frappe aujourd'hui encore de nombreux pays à travers le monde, rappelez-vous ce qui se passe dans la corne de l'Afrique.
Pour le croyant, l'eau peut devenir le symbole de l'épreuve qu'il subit avec foi pour trouver le salut. 
Comme Noé après le déluge, Moïse est sauvé des eaux, puis il conduit Israël à travers la Mer Rouge et fait jaillir l'eau du rocher. 
Plus tard, Josué franchit le Jourdain à pied sec pour entrer dans la Terre promise.
Signe de vie biologique et de purification, l'eau est signe de la puissance vivifiante de Dieu sous ses diverses formes: son Esprit, sa Parole , sa Sagesse. 
C'est d'elle que parle Jésus à la Samaritaine, au puits de Jacob. C'est en elle que le croyant doit être immergé pour être sauvé.
Eau de baptême par laquelle nous sommes renés de l'Eau et de l'Esprit, eau dont le prêtre nous asperge en mémoire de notre baptême, eau qu'à la messe le prêtre ajoute au vin en disant: « Puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité ... »
Durant la veillée pascale, la bénédiction de l'eau baptismale par le prêtre est accompagnée de cette magnifique prière: « Seigneur, Dieu tout-puissant, daigne bénir cette eau. Tu l'as créée pour féconder la terre et donner à nos corps fraîcheur et pureté. Tu en as fait aussi l'instrument de ta miséricorde; par elle tu as libéré ton peuple de la servitude et tu as étanché sa soif dans le désert ;par elle les prophètes ont annoncé la nouvelle Alliance que tu voulais sceller avec les hommes ;par elle enfin,eau sanctifiée quand Jésus fut baptisé au Jourdain, tu as renouvelé notre nature pécheresse dans le bain de la nouvelle naissance. Que cette eau, maintenant, nous rappelle notre baptême, et nous fasse participer à la joie de nos frères et soeurs les baptisés de Pâques. »
Présente dans les deux sacrements majeurs que sont le Baptême et l'Eucharistie,l'eau est le signe de la vie de Dieu en nous et en tous nos frères et soeurs chrétiens et chrétiennes.

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Question et réponse n°5.

Quelle est la place de Marie dans le célébration liturgique?

Dans notre rendez-vous dernier,nous avons pu découvrir que dans chaque célébration liturgique,la place de la Parole de Dieu est irremplaçable. Alors,qu'en est-il pour la Sainte Vierge Marie,la Mère de Dieu?C'est ce que nous allons essayer de voir.

Une réponse rapide mais capitale,à cette question consiste à rappeler que l'Église ne prie pas la Vierge Marie comme elle prie le Père ,le Fils et l'Esprit-Saint.

Quand nous prions le Père,nous nous tournons vers lui avec foi et espérance,mais en ayant conscience qu'il surpasse toute chose. Quand nous supplions le Fils,nous nous tournons vers Celui qui est notre frère en humanité,mais demeure le Fils éternel du Père. Quand nous invoquons l'Esprit-Saint,nous nous tournons vers Celui qui est présent au plus intime de nous-mêmes ,mais sans jamais oublier que Dieu est Dieu ,et que nous,nous sommes ses créatures.

La Sainte Vierge Marie,elle,nous ne la prions pas de la même façon. Quand nous récitons le « Ave Maria »('Réjouis-toi Marie' ou 'Je vous salue,Marie'),nous remarquons tout de suite que prier la mère de Jésus,c'est la prier de prier pour nous. C'est un appel à l'intercession de quelqu'un qui est comme nous,une créature de Dieu,et qui ,dans notre condition d'être créé,se tourne comme nous vers le Dieu invisible. Mais alors,pourquoi ne pas directement prier Dieu?

Parce que Marie est d'abord, celle qui a eu le privilège et la confiance du Père pour mettre au monde le Messie tant attendu;et ensuite,celle à qui le Christ lui-même a remis ses frères,les hommes,en la personne du disciple bien-aimé: « Femme,voici ton fils »(Jn19,26).Il suffit de lire l'Évangile et de se laisser guider avec disponibilité pour comprendre que la Mère du Fils unique de Dieu peut,comme personne d'autre,intercéder auprès du Père des cieux pour les filles et les fils adoptifs que nous sommes. Si Dieu ,pour nous faire participer activement à sa divinité,a préféré passer par Marie,pourquoi nous autres,nous ne devons pas passer par elle pour bénéficier de ses faveurs?

Ce que Dieu veut,Marie le veut. Dès l'annonce de Gabriel,Marie est prête: son attente est exaucée parce que sa prière est parfaite.

Croyons-nous,comme Marie,en la toute-puissance de la prière?Croyons-nous,comme elle,que tout ce que nous demandons dans la prière avec foi,nous le recevrons?Croyons-nous,comme elle,que les disciples du Christ ,lorsqu'ils prient le Père en toute vérité,c'est-à-dire en se soumettant amoureusement à sa volonté,seront exaucés?

En fait,nous n'osons pas vraiment le croire parce que nous en sommes conscients ,le bien et le mal se mêlent dans notre prière. Il nous arrive de demander à Dieu ce qui relève purement et simplement de notre caprice ou de notre cœur endurci. Il arrive même de ne plus rien lui demander du tout quand nous souffrons intensément ou que le malheur nous submerge. C'est alors,plus que jamais,qu'il nous faut prier Marie de prier pour nous,Marie qui est de notre condition humaine.

La prier non pas pour introduire dans notre imaginaire une figure tutélaire qui rétrécira la distance abyssale qui nous sépare du Dieu invisible. Mais la prier en reconnaissant quel mystère de sainteté s'accomplit en elle par son Fils venu en notre monde la nuit de Noël. La prier en reconnaissant que,dans l'humble servante,il nous est donné de voir notre propre condition d'enfants d'Ève créés pour communier à la vie même du Puissant, « celui qui fait pour nous des merveilles et dont l'amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent »(Lc1,45-50)

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Question et réponse n°4.

Quelle est la place de la parole de Dieu dans une célébration liturgique?

Dans notre rendez-vous dernier,nous avons pu découvrir que les rites,faisant partie intégrale de la liturgie,ils sont essentiels et inséparables d'elle car,il n'y a pas de liturgie sans rites!Mais,cette liturgie,intègre aussi la Parole de Dieu qui y tient aussi une place très importante comme vous allez le découvrir!Quelle est cette place?
Dans toute célébration liturgique,donc pas seulement dans la messe,la Parole de Dieu occupe une place privilégiée. Pourquoi? A cause de la célèbre phrase du récit des pèlerins d'Emmaüs: « Il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. »

Dans une célébration liturgique ,la proclamation des Écritures n'a pas pour finalité de donner un enseignement spirituel ou moral,encore moins d'assurer une formation biblique,mais de mettre l'assemblée à l'écoute du Seigneur qui parle à son Église. A travers la proclamation du Premier et du Nouveau Testament,le Christ,en effet,se rend présent dans sa Parole car c'est lui,affirme le n°7 de la Constitution sur la sainte liturgie, « qui parle tandis qu'on lit dans l'Église les Saintes Écritures ».

Comment ne pas mesurer dès lors l'importance et l'enjeu des gestes ,des postures et des attitudes qui accompagnent la lecture de la Parole de Dieu?Mission exigeante et exaltante du lecteur appelé à se comporter comme un porte-parole qui donne sa voix à la Parole sans pour autant faire écran à cette Parole?Comment se tiendra-t-il ,aussi bien par rapport au livre que par rapport à l'assemblée?
A quoi il faut ajouter que cette Parole attend d'être accueillie dans l'aujourd'hui d'une assemblée et que ,par conséquent,elle trouve son accomplissement dans l'écoute attentive et intérieure de chacun.
C'est ce que signifie la lecture du psaume ;c'est aussi à cela que contribue l'homélie.
Cette place privilégiée de la Parole de Dieu dans la liturgie ,les fidèles en ont-ils vraiment conscience?
D'une part ,ont-ils vraiment compris que le Christ qui se donnera ensuite en partage à travers le pain se donne déjà aux siens à travers sa Parole de Vie?L'Église,affirme le n°21de la Constitution dogmatique sur la révélation divine, « ne cesse pas,surtout dans la sainte liturgie,de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ pour l'offrir aux fidèles ».En d'autres termes,le pain de la Parole a autant d'importance que le pain de l'Eucharistie. « Il n'y a même pas eu de communion »,peut-on entendre à l'issue de telle célébration de mariage ou de funérailles sans Eucharistie:si,il y a eu communion à la Parole!

D'autre part,les fidèles ont-ils vraiment admis qu'aucun autre texte (aussi « parlant » soit-il) que le texte biblique ne peut véritablement rendre présent le Verbe fait chair?Pourquoi cette trop grande place accordée ,dans certaines célébrations ,à des textes non bibliques?
Cinquante ans après Vatican II,la Parole de Dieu n'a pas encore la place qui lui revient .Proclamée dans une célébration ,la Parole de Dieu devient sacrement de sa présence.
Saint Augustin a eu un jour cette comparaison: « De même que tu fais attention ,quand on dépose le corps du Christ dans tes mains,à ce qu'aucune des miettes ne tombe à terre et ne se perde,de même fais bien attention quand on lit la Parole de Dieu qu'aucune des paroles de ce texte ne se perde. »
Ceci dit, « Que notre Bible soit notre nourriture quotidienne! »

Rendez-vous au week-end prochain!A bientôt!


Question et réponse n°3.

La liturgie a-t-elle besoin de rites?

Dans notre dernier rendez-vous, nous avons pu découvrir que la liturgie sur l'autel de l'église, le fidèle doit la poursuivre sur l'autel de son cœur, et, c'est cela la dimension terrestre de l'acte liturgique; mais, comme elle annonce et préfigure aussi un monde à venir, dans ce sens où dans nos célébrations ici sur terre nous participons par avant-goût à la liturgie du ciel, cet acte liturgique a une autre dimension qui est céleste.

Cet acte liturgique est fait de rites. Il reste à se demander:  peut-il y avoir une liturgie sans rites?

Le rite fait partie de la vie des animaux et des hommes. Avant de s'accoupler, deux pigeons exécutent des danses selon un rituel tout à fin repérable. A la maison lorsqu'il y a un invité à table, on lui fait prendre telle place selon un rituel propre à la famille.

Par la mise en jeu des gestes et des paroles , les rites célèbrent des événements (prendre la crémaillère, enterrer sa vie de garçon, défiler le 21 juillet ...) et consolident l'appartenance à une famille, à un groupe, à une nation. Hérités du passé, les rites permettent, par la reproduction plus ou moins réglée, ritualisée d'attitudes ou de pratiques, de donner sens et profondeur à la vie présente en même temps qu'ils ouvrent les cœurs à l'avenir.

Pas plus qu'il ne saurait y avoir de vie sans rites , il n'y a de religion sans rites.  En ayant recours lui aussi à des rites, le christianisme manifeste son caractère profondément humain, car l'homme ne peut dire sa foi qu'en empruntant des chemins conformes à sa nature. Les rites sont un de  chemins qui rendent possible la rencontre du Dieu « ineffable, incompréhensible , invisible , inaccessible », selon les mots de la liturgie de Saint Jean Chrysostome.

Hélas, les rites ont mauvaise presse. Peut-être parce que trop longtemps on les a confondus avec des actes conventionnels liés à des systèmes d'habitudes. Le rite, a-t-on dit trop souvent, c'est ce qui doit être exécuté selon ce qui est prescrit officiellement: sans plus. Déjà en 1947, dans sa grande encyclique Mediator Dei, Pie XII avait mis en garde contre une liturgie qui ne serait que rubricisme, c'est-à-dire observance servile des rubriques (du latin ruber, rouge), ces consignes qui sont imprimées en rouge dans les livres liturgiques et indiquent avec précision la manière d'accomplir tel ou tel geste.

Réduire les rites à la simple exécution d'un acte à répéter au fil des jours et des semaines est la manière de le vider de sa force vitale. Car, le rite n'est pas à expliquer (on n'explique pas aux amis pourquoi et comment on prend un pot ou encore pourquoi et comment on mange un gâteau d'anniversaire), le rite demande à être vécu en même temps qu'il nous fait vivre. Plutôt que de les investir de nos attentes ou de nos convictions, il s'agit de nous laisser investir les rites, c'est-à-dire de nous laisser travailler et façonner par les attitudes et las gestes auxquels ils nous convient. A ceux qui les accomplissent, les rites demandent d'être accueillants, humbles, pauvres et, par-dessus tout, vrais. Alors, la répétition des gestes et des paroles sera plus un handicap. Au contraire, le geste et la parole du rite seront désirés comme est désirée l'eau par celui qui a soif.

Les rites ne disent pas ce qu'ils font, ils font ce qu'ils disent. Encore faut-il que le croyant les laisse faire et ouvre son cœur à leur travail. Aux Pharisiens et aux Scribes qui se contentaient purement et simplement de s'inscrire dans la « tradition des anciens », Jésus oppose la terrible prophétie d'Isaïe: « Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C'est en vain qu'ils me rendent un culte »(Mt15,8-9). Alors, ici à Erpent, ne soyons pas comme ceux-là.

Rendez-vous au week-end prochain!


Question et réponse n°2.

Quelle est la double dimension de l'acte liturgique?

Dans notre dernier rendez-vous,nous avons découvert que la liturgie est un acte d'une assemblée convoquée par Dieu-Trinité,de l'Eglise en tant qu'assemblée appelée et fondée par le Christ et guidée par l'Esprit-Saint.
Notre rendez-vous du jour consiste à voir que cet acte a une double dimension.Mais,laquelle est-ce?
Nous savons que la formule par laquelle le prêtre prononce la dispersion de l'assemblée est: « allez (et restez) dans la paix du Christ »,autrement dit :tout ce que vous avez entendu durant le temps de la Parole ,tout ce que vous avez reçu durant le temps de l'Eucharistie,allez le mettre en pratique et la paix du Christ ne vous fera pas défaut! Pour dire qu'une fois achevée à l'église,la célébration non seulement se poursuit,mais aussi elle trouve son accomplissement dans l'existence quotidienne et les engagements de tous les jours.
Comme célébration de l'Alliance entre Dieu et les hommes,la liturgie comporte en effet une dimension éthique ,qui n'est pas sa simple conséquence ,mais qui est inhérente à l'acte de célébration lui-même.La liturgie appelle une existence nouvelle où chacun s'efforce de s'accorder à ce qui a été célébré par tous.
Etre « pratiquant » en allant à la messe du dimanche na suffit pas. Il faut encore être « pratiquant » tout au long de la 
semaine ,de la vie de famille,dans la vie professionnelle,dans la vie de loisirs.La liturgie sur l'autel de l'église,le fidèle doit la poursuivre sur l'autel de son coeur.
C'est ça la dimension terrestre de l'acte liturgique.

En même temps,la liturgie annonce et préfigure le monde à venir.A travers les aléas,les misères,les combats de l'existence,la liturgie nous conduit,comme des pélerins,vers la demeure des cieux.Toute liturgie comporte une perspective eschatologique (eschaton:ce qui concerne les choses dernières);toute liturgie doit être considérée comme une rencontre du ciel et de la terre.Cette rencontre est rappelée à la fin de chaque préface : « c'est pourquoi,avec les anges et les archanges ,avec les puissances d'en haut et tous les esprits bienheureux ,nous chantons l'hymne de ta gloire ... ».Cette rencontre est au coeur de l'enseignement de Vatican II quand il est dit,au n°8 de la Constitution sur la sainte liturgie,que « dans la liturgie terrestre ,nous participons par avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem ».
De tout cela découle une double conséquence :les célébrations ne peuvent être vécues comme des célébrations intemporelles ou éthérées ,loin des cris et des attentes des hommes ;mais on ne peut pas non plus y limiter son regard à cette terre,comme si c'était là notre seule espérance.

Tout doit être fait pour que soit toujours rappelée et vécue la double dimension terrestre et céleste de l'acte liturgique.
La liturgie anticipe la gloire de la cité céleste ,mais sans oublier que la venue du Christ à la fin des temps n'a pas encore eu lieu.L'éternité est réellement mais seulement anticipée.
Assez souvent,à la messe,la prière après la communion se fait l'écho de cette tension inhérente à toute célébration.Ainsi,celle du 29ème dimanche du Temps ordinaire: « Seigneur,fais-nous trouver des forces neuves dans cette communion aux réalités du ciel:assure-nous tes bienfaits ici-bas et instruis-nous des richesses de ton Royaume ... »


Rendez-vous au week-end prochain!


Question et réponse n°1.

Chose promise,chose due!Oui,la promesse est une dette!

Très chères paroissiennes,très chers paroissiens,comme je vous l'avais promis dans l'Editorial des
« Mélanges Paroissiaux » de ce mois d'Août,nous allons aborder notre rendez-vous,la réponse à la question 
sur un sujet large et riche, « La Liturgie ».

Mais,avant de commencer,permettez-moi d'abord de vous demander des excuses si jamais je ne parviens pas à satisfaire votre soif,c'est parce que loin d'être spécialisé en matière,je suis un amateur passionné,avec la bonne volonté de viser l'important de notre vie ,sans entrer dans le détail.

Commençons par le commencement:

Que signifie le mot « liturgie »?

Au sens étymologique et profane,la liturgie est un service public:elle est l'acte public (un mot grec formé de deux expressions: 'lit' du grec 'leitos',qui est l'adjectif de 'laos' signifiant 'le peuple';et 'urgie' du grec 'ergon' signifiant 'l'acte,l'oeuvre').Littéralement,le mot « liturgie » veut dire « la fonction publique »,autrement dit: le service accompli au nom du peuple et pour le peuple.

Fondamentalement,la liturgie est d'abord un acte et non un discours comme nous le trouvons dans la même langue grecque ('logie' vient du grec 'logos' signifiant 'discours sur':comme l'anthropologie,la théologie,la biologie,
la sémiologie
...donc,respectivement,discours sur l'homme,Dieu,la vie,les signes ...).Pour dire,en fait,qu'en liturgie,
il ne s'agit pas de dire ce qu'on fait,mais de faire ce qu'on dit,pas parler de Dieu mais faire en sorte que Dieu parle.
Or,ce que Dieu dit,c'est qu'il est le Dieu de l'alliance entre lui et son peuple.Avant d'être le lieu d'un enseignement doctrinal ou moral,la liturgie est le lieu où cette alliance de Dieu avec les hommes et des hommes avec Dieu est fêtée et renouvelée grâce à un ensemble de rites à accomplir,à faire par le peuple.

L'autre dimension très essentielle et importante,est que la liturgie est toujours l'acte d'un peuple convoqué,pour dire qu'il n'y a pas de liturgie sans assemblée ,pas de liturgie sans assemblée convoquée.En grec,le mot 'ecclesia' d'où vient le mot français 'Eglise', sert à désigner 'l'assemblée de ceux et celles qui sont appelé(e)s par la Parole de Dieu et qui répondent à son appel'.Acte d'un peuple convoqué,la liturgie est,à proprement parler,un service public:le service que le peuple saint rend à son Dieu,mais aussi et surtout le service que le Christ médiateur rend au peuple en présentant sa louange et son intercession à Dieu.

« Mystère de la liturgie,qui est le signe visible du Royaume invisible!Ce qui se voit dit quelque chose de ce qui ne se voit pas encore et ce qui n'est pas encore visible se révèle par l'action que donne à voir le peuple.Par de nombreux traits,l'assemblée liturgique est déjà une assemblée divine.Dans la liturgie d'ici-bas,nous avons un avant-goût de la liturgie céleste à laquelle nous tendons comme les voyageurs tendent au terme de leur voyage »,dit l'archiprêtre Michel Wackenheim.

Et,selon le concile Vatican II au n°9 de la Constitution sur la sainte liturgie, « la liturgie n'épuise pas toute l'activité de l'Eglise,car,avant que les hommes puissent accéder à la liturgie,il est nécessaire qu'ils soient appelés à la foi et à la conversion ».Et le Concile de citer saint Paul ajoute: « Comment l'invoqueraient-ils sans avoir cru en lui?
Et comment croiraient-ils en lui sans l'avoir entendu?Et comment l'entendraient-ils si personne ne le proclame?
Et comment le proclamer sans être envoyé? 
»(Rm10,14-15).D'où l'importance de la catéchèse (le verbe grec 'catéchéo' signifie 'faire écho à une nouvelle') et du lien entre la catéchèse et la liturgie.

Rendez-vous au week-end prochain!

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